Nucléaire : pourquoi miser sur de nouvelles centrales ne stopperait pas la crise climatique

Le rapport de Global Energy Monitor révèle que 90 % des réacteurs nucléaires européens ont plus de 35 ans, rendant leur avenir incertain.

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Nucléaire : pourquoi miser sur de nouvelles centrales ne stopperait pas la crise climatique
Nucléaire : pourquoi miser sur de nouvelles centrales ne stopperait pas la crise climatique © L'EnerGeek

Le débat sur l’énergie nucléaire en Europe prend une tournure décisive avec la sortie d’un rapport de l’ONG américaine Global Energy Monitor (GEM), tandis que l’avenir énergétique de la France est également en discussion. Publié le 4 septembre, ce document remet en question l’idée que de nouvelles centrales nucléaires puissent permettre de respecter les objectifs climatiques. Alors que l’Europe veut limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C, les conclusions de GEM pointent du doigt de sérieux obstacles pour le secteur nucléaire.

Vieillissement des installations et coûts en hausse

Pour GEM, l’un des gros soucis, c’est le vieillissement des installations nucléaires en Europe. On compte en effet que 90 % de la production nucléaire européenne repose sur des réacteurs qui ont plus de 35 ans. Cela soulève des questions sur leur sécurité nucléaire et leur performance sur le long terme. En parallèle, lancer de nouvelles centrales se heurte à de nombreux freins. Prenez l’exemple du projet Olkiluoto en Finlande : la construction de l’unité 3 a mis dix-sept ans et l’unité 4 a été annulée dès 2015.

Les coûts de construction ne cessent d’augmenter, rendant l’option nucléaire moins séduisante face aux énergies renouvelables qui permettent d’accroître plus rapidement la capacité énergétique sans compromettre les ambitions climatiques.

Plongée dans le Global Nuclear Power Tracker

Pour appuyer ses dires, GEM s’est basé sur une analyse détaillée du Global Nuclear Power Tracker (GNPT). Cette base de données mondiale recense toutes les installations nucléaires, qu’elles soient existantes ou prévues. Les chiffres montrent que seulement 2 % de la capacité nucléaire annoncée est en cours de construction, tandis que 25 % des projets prévus ont déjà été annulés. La plupart des projets restants ne devraient voir le jour qu’au bout d’une dizaine d’années.

Ces retards et annulations illustrent bien ce que dit le rapport : « Les projets nucléaires se heurtent systématiquement à des risques de retard, de dépassement de budget et d’abandon. » Autant dire que le secteur a du mal à répondre rapidement aux besoins climatiques actuels.

Baisse de la part du nucléaire dans le mix électrique

La part du nucléaire dans l’électricité en Europe a dégringolé au fil des ans, passant de 25 % en 2005 à moins de 20 % en 2024. Ce recul montre clairement que la tendance va vers d’autres sources d’énergie qui se révèlent plus compétitives, en raison de leur moindre impact environnemental. Avec une capacité actuelle exploitée par l’Union européenne avoisinant les 157 gigawatts (GW), il apparaît évident que le nucléaire ne peut pas connaître une expansion rapide.

Face à tous ces défis sur les plans technique et financier, GEM conclut que « le déploiement de nouvelles centrales nucléaires n’est pas une solution viable pour atteindre les objectifs climatiques », du moins dans l’Europe d’aujourd’hui.

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