Taïwan : le référendum sur la relance du nucléaire échoue faute de participation

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Taïwan : le référendum sur la relance du nucléaire échoue faute de participation
Taïwan : le référendum sur la relance du nucléaire échoue faute de participation © L'EnerGeek

La centrale nucléaire reste au cœur des débats énergétiques à Taïwan. Le scrutin d’août 2025, présenté comme un test démocratique sur l’avenir du mix énergétique de l’île, n’a pas validé le redémarrage de Maanshan, dernier site encore exploitable. Faute d’un nombre suffisant de votants, l’opposition, initiatrice de la consultation, sort fragilisée, tandis que le pouvoir central maintient sa ligne de sortie progressive du nucléaire.

Un vote majoritaire rendu caduc par une faible participation

Les résultats officiels de la Commission électorale centrale ont confirmé une majorité claire en faveur du redémarrage de la centrale nucléaire : 4 341 432 électeurs ont voté oui (soit près de 74 % des suffrages exprimés), contre 1 511 693 non (26 %) selon Euronews, le 23 août 2025. Mais cette victoire numérique s’est transformée en échec juridique. En effet, la législation impose que les votes favorables représentent au moins un quart du corps électoral, soit environ 5 000 523 suffrages. Ce seuil n’ayant pas été atteint, le référendum est invalidé.

Le taux de participation a plafonné à 29,53 %, avec seulement 5 906 370 votants sur plus de 20 millions d’inscrits. Ce chiffre illustre un désintérêt marqué ou une lassitude démocratique, après plusieurs consultations organisées ces dernières années. Selon Reuters, l’opposition espérait transformer ce scrutin en signal fort contre la politique énergétique de Taipei. Elle se retrouve au contraire affaiblie, le vote ayant démontré que la majorité silencieuse ne s’est pas déplacée.

Un revers pour l’opposition, mais une porte ouverte pour le futur

Le Taiwan People’s Party et le Kuomintang, à l’origine du référendum, voulaient imposer le retour du nucléaire dans le mix énergétique afin de réduire la dépendance aux importations et de sécuriser la production électrique. Leur argument reposait aussi sur l’augmentation de la consommation énergétique liée au développement accéléré des technologies, notamment de l’intelligence artificielle. Or, plus de 98 % du combustible utilisé à Taïwan est importé, soulignait Euronews. Malgré l’échec, le président Lai Ching-te a cherché à ménager l’opinion publique. « Si, à l’avenir, la technologie devient plus sûre, que les déchets nucléaires sont réduits et que l’acceptation sociale augmente, nous n’exclurons pas l’énergie nucléaire avancée », a-t-il déclaré dans des propos rapportés par Euronews.

Cette position reflète une ligne pragmatique, poursuivre la transition vers le gaz naturel liquéfié et les énergies renouvelables, tout en maintenant la possibilité d’un retour au nucléaire si les innovations technologiques et la société taïwanaise l’acceptent. Pour l’opposition, la porte n’est donc pas complètement fermée, mais le rendez-vous manqué du référendum montre la difficulté de convaincre un électorat divisé et souvent sceptique sur cette technologie.

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