Centrale nucléaire de Gravelines : après l’épisode des méduses, le premier réacteur rallumé

La centrale nucléaire de Gravelines, dans le Nord, vient d’être remise en marche. Sa production avait été stoppée à cause des méduses.

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Centrale nucléaire de Gravelines : après l’épisode des méduses, le premier réacteur rallumé © L'EnerGeek

La centrale nucléaire de Gravelines, dans le Nord, a été arrêtée à cause de la présence de nombreuses méduses. Une situation cocasse, presque inédite dans le parc nucléaire français. Le premier réacteur vient de redémarrer.


La centrale nucléaire de Gravelines redémarre


Le mercredi 13 août 2025 à 7h30, la centrale nucléaire de Gravelines (Nord), fleuron du parc nucléaire français, a relancé l’un de ses six réacteurs après une paralysie inattendue causée par un afflux massif de méduses. Les opérations de redémarrage se sont déroulées à pas comptés. Le réacteur n°6 a été le premier à retrouver ses fonctions, après une coupure de plusieurs jours provoquée par l’obstruction des tambours filtrants des systèmes de pompage. Ces dispositifs sont essentiels au refroidissement des installations et ne peuvent fonctionner efficacement si les prises d’eau sont encombrées.


La direction d’EDF a tenu à rassurer : « Cet incident n’a pas eu de conséquence sur la sûreté des installations, la sécurité du personnel ou sur l’environnement », a précisé une porte-parole du groupe. Si le réacteur 6 a pu être relancé, les autres unités restent temporairement à l’arrêt, notamment en raison de travaux de maintenance déjà programmés. Ce redémarrage partiel permet cependant à EDF de stabiliser l’approvisionnement local en électricité, sans pour autant revenir à une pleine capacité. Chaque année, elle produit l’équivalent de 60 à 70 % de la consommation électrique de la région.


Gravelines face aux méduses : un scénario connu, mais de plus en plus fréquent


La centrale nucléaire de Gravelines est la plus grande d’Europe occidentale. Elle dispose de six réacteurs de 900 mégawatts chacun, participant à hauteur significative à la production nationale. Mais cette puissance ne pèse pas lourd face à la prolifération massive des méduses qui, en s’amassant aux abords des stations de pompage, compromettent les mécanismes de refroidissement des réacteurs. Si l’incident peut paraître insolite, il n’est pas inédit. Gravelines a déjà connu un épisode similaire dans les années 1990. D’autres centrales nucléaires dans le monde ont également été perturbées par des invasions de méduses, notamment au Japon, en Écosse ou en Suède.


Le lien avec le réchauffement climatique est désormais solidement établi. Des scientifiques alertent depuis plusieurs années sur l’augmentation de la fréquence et de l’intensité de ce type de phénomène. La diminution des prédateurs naturels des méduses due à la surpêche, combinée à la hausse des températures marines, crée un cocktail explosif pour les installations côtières. Les centrales nucléaires, comme celle de Gravelines, en sont les premières victimes.


Pendant près de 48 heures, la centrale a cessé toute production d’électricité. Dans un contexte de demande estivale soutenue et de fragilité structurelle du réseau européen, cette perte n’est pas anecdotique. EDF n’a pas encore chiffré l’impact économique de cet arrêt, mais les tensions observées sur le marché spot de l’électricité laissent peu de doutes sur ses conséquences budgétaires. Pour Gravelines, EDF annonce une « surveillance accrue des prises d’eau » et la mobilisation d’équipes spécialisées pour anticiper d’éventuelles nouvelles intrusions marines.

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