Le dispositif MaPrimeRénov’, mis en place pour booster la rénovation énergétique des logements, a été temporairement mis en pause cet été par le gouvernement. Cette suspension du dispositif a provoqué de vives réactions dans le secteur. Tandis que les travaux dits « monogestes » continuent d’être accessibles, le programme semble lui-même en passe d’évoluer.
La décision gouvernementale expliquée
Face à une montée notable des demandes et à des tentatives de fraude importantes, le gouvernement a suspendu temporairement MaPrimeRénov’ dès le 4 juin. Cette mesure visait surtout à détecter environ 16 000 dossiers suspects. En parallèle, le guichet destiné aux travaux dits « monogestes » – comme l’installation d’une chaudière ou l’isolation des combles – a continué d’être opérationnel durant l’été, ce qui a été vu comme une écoute des professionnels du secteur. La reprise complète du programme est envisagée pour autour du 15 septembre.
Les travaux concernés et leurs conditions
Les travaux « monogestes » couvrent plusieurs types d’interventions, par exemple l’installation de fenêtres ou le remplacement de chaudières par des systèmes écologiques comme les pompes à chaleur. Bien que ces aides continuent d’être proposées, leur accès futur pourrait être soumis à de nouvelles conditions. Pour 2026, des ajustements sont prévus, avec un recentrage sur les logements les plus énergivores et une éventuelle baisse du plafond des aides pour ces travaux.
Les réactions des pros du secteur
La suspension estivale a rapidement fait parler d’elle auprès de plusieurs organisations professionnelles, qui ont trouvé la décision « brutale », en raison de contraintes législatives. Le président de la Fédération française du bâtiment, Olivier Salleron, a lui aussi exprimé son mécontentement, estimant que cette mesure cherchait avant tout à réduire les dépenses publiques. Il a même menacé d’organiser des « mobilisations de terrain » dès le 2 juillet si la suspension se prolongeait. Par ailleurs, les collectivités locales craignent un effet domino sur leurs propres aides liées à MaPrimeRénov’.
Les explications avancées par le gouvernement
Pour justifier cette suspension, le gouvernement évoque une surcharge administrative et les fraudes détectées dans le système, ainsi que des retards dans l’adoption de certaines mesures. Une source interne a expliqué qu’il fallait « faire le ménage » parmi les entreprises impliquées dans ces rénovations parfois douteuses. Le ministre de l’Économie, Eric Lombard, a affirmé qu’il comptait bien reprendre le dessus sur ces fraudes, tout en garantissant que les dossiers légitimes seraient payés.
Les chiffres à retenir
Au 31 mai 2025, 122 000 ménages avaient déjà bénéficié de MaPrimeRénov’. Parmi eux, 78 000 rénovations réalisées par geste individuel et 44 000 rénovations d’ampleur, dont la majorité concerne des logements classés F ou G sur l’échelle énergétique. Les aides publiques varient beaucoup selon le type de travaux : environ 4 000 euros pour les interventions monogestes et jusqu’à 40 000 euros pour les rénovations plus importantes. Depuis l’annonce de la suspension, le nombre de dossiers déposés chaque jour est passé de 200 à plus de 400.



