Angleterre : la lumière est générée grâce… aux crottes de chien

Imaginez une lampe qui brille grâce aux crottes de chien !

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Angleterre : la lumière est générée grâce... aux crottes de chien
Angleterre : la lumière est générée grâce… aux crottes de chien © L'EnerGeek

Dans le comté de Worcestershire au Royaume-Uni, une idée innovante montre comment on peut transformer des déchets en ressources utiles. Sur les collines pittoresques de Malvern, une lampe pas comme les autres s’allume grâce à un carburant pour le moins surprenant : les excréments de chien. Ce système ingénieux éclaire une route sinueuse menant à une maison isolée tout en nous faisant voir les crottes de chien sous un autre jour, en exploitant leur potentiel.

Un projet avant-gardiste au Royaume-Uni

Ici, c’est une première au Royaume-Uni. Le système est simple : les promeneurs déposent les déjections canines dans une trappe, puis un tour de manivelle se charge du reste. Les excréments vont dans un digesteur anaérobie (un appareil où des micro-organismes transforment la matière en méthane) qui produit un gaz servant à alimenter la lampe et qui génère en prime un fertilisant utile. Brian Harper, avec l’appui financier de la zone de beauté naturelle exceptionnelle des collines de Malvern, a lancé ce projet pour prouver que même la crotte de chien peut avoir sa valeur.

Le procédé ne manque pas de charme dans sa simplicité : dix sacs d’excréments permettent d’allumer la lampe pendant deux heures chaque soir. Le méthaniseur, de la taille d’une machine à laver, fait tout sans intervention humaine directe. Une fois les sachets insérés, l’appareil se chauffe et libère le méthane nécessaire pour éclairer la zone.

Un petit tour dans l’histoire et ailleurs

L’idée d’utiliser des déchets animaux pour produire de l’énergie existe depuis la période néolithique. Aujourd’hui, les digesteurs anaérobies se répandent dans les pays en développement pour transformer toutes sortes de résidus organiques en énergie. À Waterloo, en Ontario (Canada), un projet similaire se sert des excréments de chien pour produire du méthane et alimenter jusqu’à 13 maisons, tout en coupant drastiquement les émissions de CO2.

En Inde, on retrouve aussi des initiatives : des biodigesteurs domestiques transforment le fumier de vache en gaz combustible. L’entreprise sociale SHRI se sert de ces technologies pour garder les toilettes publiques propres tout en produisant de l’eau filtrée. Cela montre bien que les solutions énergétiques à partir de recyclage des déchets sont parfaitement envisageables et s’adaptent aux besoins locaux.

Les innovations britanniques et les obstacles

Ici, au Royaume-Uni, GENeco, filiale de Wessex Water, a testé plusieurs applications du biométhane obtenu à partir des déchets humains. En 2014, ils ont lancé le Bio-Bus, capable de parcourir 300 kilomètres avec un plein tout en rejetant beaucoup moins de pollution que les bus traditionnels. Certes, ces projets font parfois l’objet de critiques sur leur rendement écologique général, notamment à cause du transport nécessaire pour centraliser la biomasse.

De son côté, SEaB Energy, basée à Southampton, innove avec ses digesteurs anaérobies modulaires et automatisés, baptisés Muckbuster. Ces derniers sont utilisés pour traiter localement les déchets alimentaires au Japon et au Brésil depuis 2018.

De belles perspectives pour l’environnement

Les lampadaires alimentés par du gaz comme celui installé dans le Worcestershire pourraient réduire jusqu’à 70 % la consommation de gaz comparé aux lampadaires classiques, tout en préservant le charme du patrimoine local. Par ailleurs, on les considère comme moins nuisibles pour la nature que certaines alternatives modernes, comme les LED qui, elles, perturbent la faune locale.

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