À Saint-Louis, dans le Haut-Rhin, un arrêté préfectoral interdit depuis ce lundi la consommation de l’eau du robinet pour les personnes dites « sensibles » et ce, jusqu’à la fin décembre. Cette décision concerne environ 3 000 habitants jugés fragiles et vise à les protéger des effets nocifs des PFAS.
Les raisons qui motivent cette interdiction
Les PFAS, parfois appelés « polluants éternels », se retrouvent dans l’eau potable de onze communes autour de Saint-Louis. Les taux dépassent souvent les seuils réglementaires, se situant entre deux et quatre fois au-dessus des limites autorisées. On pointe du doigt l’utilisation passée de mousses anti-incendie contenant ces produits par les pompiers de l’Euro-airport de Bâle Mulhouse jusqu’en 2017. Selon le CNRS, ces communes comptent parmi les plus touchées par ce genre de contamination en France.
La situation se complique d’autant que les exercices anti-incendie se déroulaient sur un sol nu, ce qui faisait grimper la concentration de ces substances dans l’environnement. Les personnes vivant dans ces zones, surtout celles dont le système immunitaire est affaibli comme Patrice Moser, sont particulièrement exposées aux effets néfastes des PFAS.
Ce que ça change pour les riverains
Pour Nathalie, une habitante de 64 ans vivant près de l’aéroport, cette interdiction est source d’inquiétude pour sa santé et celle de ses petits-enfants. Elle confie dans le 20 Minutes : « J’ai peur », et indique qu’elle ne boit désormais que de l’eau en bouteille, allant même jusqu’à l’utiliser pour se laver les dents. Bruno Wollenschneider, président de l’Association de défense des riverains de l’aéroport Bâle Mulhouse (Adra), se sent trahi par les autorités : « Nous avons alerté sur cette situation depuis plus d’un an », déclare-t-il.
Un autre résident, Christian, n’est pas étonné par cette décision car il a déjà l’habitude d’acheter de l’eau en bouteille, même s’il admet que ce n’est pas top pour la planète. Quant à Patrice Moser, il rappelle avec difficulté : « L’eau, on ne fait pas que la boire ».
Les solutions envisagées pour améliorer la situation
Pour tenter de sortir de cette impasse sanitaire, Saint-Louis Agglomération va mettre en place des unités mobiles de filtration destinées à diminuer la présence des PFAS dans l’eau potable, soulignant l’importance de gérer efficacement les ressources en eau. Par la suite, trois usines permanentes devraient être lancées entre 2026 et 2027 afin de proposer une solution durable. En attendant, la préfecture précise que ces mesures sont purement préventives et conseille vivement aux habitants sensibles d’éviter de boire directement l’eau du robinet, tout en promouvant une gestion durable des ressources hydriques.
Les responsables locaux espèrent ainsi rassurer une population déjà bien inquiète et s’engagent à travailler pour retrouver une qualité d’eau conforme aux attentes des foyers, en explorant des solutions comme la réutilisation des eaux usées.






