Trente-neuf ans après la catastrophe de Tchernobyl, et quelques années seulement après l’achèvement de la construction du dôme, la situation n’est toujours pas sous contrôle. La faute à une attaque de drones russes survenue en février. La sécurité de l’installation est « compromise ».
Le dôme de la centrale de Tchernobyl touché par une attaque de drones
La centrale nucléaire de Tchernobyl est censée être l’un des lieux les plus sécurisés de la planète. Pourtant, le 14 février 2025, un drone armé d’une ogive explosive a frappé de plein fouet l’arche de confinement qui recouvre le réacteur accidenté. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a immédiatement dénoncé une attaque préméditée de la part de Moscou, selon lui.
L’impact, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique, a créé un trou de près de 15 mètres carrés. « Les niveaux de radiation à l’intérieur et à l’extérieur restent normaux et stables », a toutefois précisé l’agence dans un communiqué, tout en indiquant qu’une évaluation des dommages est en cours.
L’incendie qui a suivi a eu un impact dévastateur sur la membrane. Résultat : 70 % de la membrane intérieure, censée assurer l’étanchéité du dôme, est désormais détruite. Ce n’est pas un simple dégât matériel. Ce sont 200 tonnes de combustible nucléaire et des milliers de mètres cubes de déchets hautement radioactifs qui reposent sous cette arche affaiblie. « L’impact a compromis le revêtement hermétique de l’arche : sa fonction de protection est compromise », insistent les équipes chargées de la sécurité de Tchernobyl. Autrement dit, les opérations de démantèlement du réacteur 4, entamées avec difficulté depuis plusieurs années, sont à l’arrêt. Et ce problème accroît le risque de fuites incontrôlées à moyen terme, notamment en cas d’intempéries ou de nouvelle attaque.
Un acte aux répercussions géopolitiques majeures
Les réactions ont été unanimes pour condamner cette opération. Face à cette nouvelle brèche, l’Ukraine tente de mobiliser la communauté internationale pour financer une réparation rapide du dôme, dont le coût est estimé à plusieurs centaines de millions d’euros. Mais en pleine guerre, ces fonds tardent à se concrétiser.
Selon un rapport relayé par Reuters, le gouvernement ukrainien explore des solutions techniques pour restaurer l’intégrité du confinement. Les opérations de réfection, selon les ingénieurs, devront durer plusieurs mois et nécessiteront des technologies de pointe.






