“Un trésor caché” : ces éleveurs transforment le fumier en énergie

Hokkaido transforme le fumier de vache en hydrogène, une innovation qui pourrait révolutionner l’agriculture.

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Hokkaido transforme le fumier de vache en hydrogène durable
“Un trésor caché” : ces éleveurs transforment le fumier en énergie © L'EnerGeek

Hokkaido, cette île japonaise qui représente environ 20 % du territoire du pays, se distingue par sa forte implication dans l’industrie laitière. Avec plus d’un million de vaches, l’île fournit près de 50 % du lait et des produits laitiers du Japon. Pourtant, cette activité génère environ 20 millions de tonnes de fumier par an, un sous-produit difficile à gérer sur le plan environnemental. Pour y remédier, Hokkaido innove en recyclant ces déchets afin d’en faire une source d’énergie propre : l’hydrogène.

Une solution inventée pour gérer un souci environnemental

Chaque vache laitière produit environ 65 kg de fumier par jour. Même si ce déchet a toujours été compliqué à traiter, il représente aujourd’hui une opportunité pour générer du biogaz. En effet, une tonne de fumier peut donner entre 30 et 35 m³ de biogaz. La ferme d’hydrogène de Shikaoi, inaugurée en 2015 par le ministère de l’Environnement du Japon, a su saisir cette occasion pour transformer ces résidus en hydrogène. Elle gère environ 30 % des déchets issus des vaches et de l’urine présents sur l’île.

Le procédé démarre avec l’introduction du fumier dans un digesteur anaérobie afin de produire du biogaz et un engrais liquide. Ensuite, le biogaz est filtré pour obtenir du méthane, puis raffiné pour en faire du gaz d’hydrogène. Grâce à ce processus, Shikaoi peut produire jusqu’à 70 m³ d’hydrogène chaque jour.

L’hydrogène : le carburant de demain

L’hydrogène est vu comme un carburant durable car son utilisation ne rejette pas de carbone. D’ordinaire, on le fabrique à partir du méthane issu des réserves fossiles ou par électrolyse de l’eau, mais la méthode appliquée à Shikaoi offre une alternative écologique intéressante. Maiko Abe d’Air Water explique : « Ce projet de production d’hydrogène à partir de fumier de bétail a vu le jour au Japon et est unique à cet endroit. »

L’installation dispose aussi d’une station de ravitaillement capable de remplir environ 28 véhicules équipés de piles à hydrogène chaque jour. Ce carburant est principalement destiné à des engins agricoles tels que tracteurs et chariots élévateurs. Par ailleurs, l’excédent d’hydrogène est stocké dans des canisters et peut être transporté vers d’autres sites locaux, comme une ferme piscicole d’esturgeons ou le zoo d’Obihiro.

Un modèle économique bien pensé

Au Japon, des projets similaires voient le jour ailleurs, notamment à Fukuoka, où les eaux usées humaines sont transformées en hydrogène afin d’alimenter des véhicules municipaux à zéro émission. Même si ces initiatives rencontrent des difficultés, notamment en termes de coûts et de stockage, elles illustrent une approche économique qui fait boucler la boucle.

Pour les agriculteurs, ce système offre plusieurs avantages concrets : en utilisant le biogaz pour des tâches quotidiennes, ils parviennent à réduire leurs dépenses énergétiques et à diminuer notablement leurs factures d’électricité.

Source : Agriland

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