Depuis le début du conflit en Iran, le pays ne cesse de produire du pétrole. Problème : le blocus américain en cours l’empêche de l’exporter. Les réservoirs sont pleins à ras-bord. Le régime des mollahs doit trouver des solutions pour éviter d’endommager son outil de production.
L’Iran ne sait plus quoi faire de ses stocks de pétrole
C’est un effet direct du blocus maritime dans le détroit d’Ormuz : les stocks de pétrole brut iranien sont pleins à craquer. Privé d’une grande partie de ses capacités d’exportation, le pays doit composer avec une production toujours élevée mais des infrastructures de stockage proches de la saturation. La situation actuelle repose sur un déséquilibre simple mais critique. D’un côté, l’Iran continue de produire massivement. De l’autre, ses capacités d’exportation sont fortement entravées par le blocus imposé dans le détroit stratégique d’Ormuz. Résultat : le pétrole s’accumule.
La production iranienne avoisinait 3 millions de barils par jour, elle est tombée à 1,3 million depuis le début du blocus américain. Pourtant, une part significative de ce volume ne trouve plus preneur sur les marchés internationaux. Le blocage maritime empêche de nombreux pétroliers de quitter la zone, aggravant mécaniquement la saturation. Selon le Wall Street Journal, l’Iran exporte 500 000 barils de pétrole par jour contre 2 millions avant le blocus.
Les conséquences sont déjà visibles. D’après le média américain, au moins 38 navires iraniens sont immobilisés, incapables d’acheminer leur cargaison. Parallèlement, entre 13 et 14 millions de barils ont été redirigés vers des installations de stockage terrestres, accentuant la pression sur les capacités existantes.
Pétrole et stockage : des capacités iraniennes au bord de la saturation
Le cœur du problème réside désormais dans le stockage. Les infrastructures traditionnelles, notamment sur l’île stratégique de Kharg, sont proches de leurs limites. Cette situation inquiète les analystes du secteur. Ainsi, une saturation des zones de stockage est à craindre dans les deux semaines à venir. Autrement dit, le pays est engagé dans une véritable course contre la montre. Cette pression extrême pourrait contraindre Téhéran à revoir sa stratégie de négociation avec les États-Unis à très court terme.
Face à cette impasse, les autorités iraniennes ont dû innover. Ainsi, le pays utilise désormais des infrastructures abandonnées ou obsolètes pour entreposer son brut. Une solution d’urgence, loin des standards industriels habituels. Privé de débouchés, l’Iran multiplie les solutions alternatives. Parmi elles, l’utilisation de pétroliers comme stockage flottant ou encore l’acheminement par voie ferrée, notamment vers les villes chinoises.
Le régime cherche, à tout prix, à éviter un arrêt de la production. En effet, cette décision pourrait engendrer des dommages sur ses installations pétrolières. Une situation, là aussi, que Téhéran souhaite éviter à tout prix.






