La France réduit sa pollution… mais pas assez vite pour 2030

Le Citepa prévoit une baisse de 2,8 % des émissions de gaz à effet de serre en France en 2026, portée principalement par les secteurs des transports et du bâtiment. Malgré cette réduction, le rythme reste insuffisant pour atteindre les objectifs climatiques fixés à l’horizon 2030, avec un niveau d’émissions estimé à 349,4 millions de tonnes équivalent CO₂.

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La France réduit sa pollution… mais pas assez vite pour 2030 © L'EnerGeek

Le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa) a publié le 13 octobre 2026 son baromètre des émissions mensuelles et ses prévisions annuelles. Les données indiquent que les émissions françaises de gaz à effet de serre (GES) devraient atteindre 349,4 millions de tonnes équivalent CO₂ pour l’année 2026, contre 359,4 millions l’année précédente, soit une baisse de 2,8 %. Cette diminution est principalement due aux secteurs des transports et du bâtiment, bien qu’elle reste insuffisante au regard des objectifs climatiques fixés pour 2030.

Au cours du premier semestre 2026, les émissions de GES ont chuté de 4,1 %, atteignant 179,7 millions de tonnes équivalent CO₂. Cependant, le Citepa prévoit un ralentissement de la baisse pour le second semestre, estimant une diminution de seulement 1,3 % par rapport à 2025. Les prévisions indiquent une baisse de 1,1 % au troisième trimestre et de 1,5 % au quatrième.

Transports et bâtiments : moteurs de la baisse

Les transports, responsables d’un tiers des émissions françaises, ont vu leurs émissions diminuer de 4,5 % au premier semestre 2026. Sur l’année, une baisse totale de 4,8 % est attendue, soit 117 millions de tonnes équivalent CO₂, principalement en raison de la chute des ventes de gazole, conséquence de la guerre au Moyen-Orient et des hausses de prix. Le transport routier représente la majeure partie de cette diminution, tandis que les émissions du transport aérien domestique restent stables et celles du transport aérien international augmentent de 2,5 %.

Dans le secteur des bâtiments, les émissions ont diminué de 12 % au premier semestre, grâce à une réduction de la consommation de gaz naturel pour le chauffage, l’eau chaude et la cuisson. Malgré un léger rebond prévu au second semestre, les émissions du secteur devraient baisser de 5,9 % sur l’année, atteignant 51,7 millions de tonnes équivalent CO₂.

L’industrie de l’énergie en hausse

Après plusieurs années de baisse, l’industrie de l’énergie devrait voir ses émissions augmenter de 3,6 % en 2026, atteignant 32,5 millions de tonnes équivalent CO₂. Cette tendance s’explique par un recours accru aux centrales à gaz pour l’électricité, dû à une forte demande estivale et à la baisse de la production hydraulique causée par la sécheresse. Si le chauffage urbain réduit ses émissions de 9,9 %, la production d’électricité et le raffinage du pétrole enregistrent de légères hausses.

Modestes baisses en agriculture et industrie manufacturière

Les émissions agricoles reculent de 1 % au premier semestre 2026, le méthane diminuant grâce à la réduction du cheptel bovin, tandis que les émissions de protoxyde d’azote augmentent avec l’utilisation d’engrais. Sur l’année, les émissions du secteur devraient baisser de 1,3 %. En industrie manufacturière, une diminution de 2,4 % est observée, bien que la métallurgie progresse de 9 % en raison de la consommation accrue de combustibles minéraux.

Un effort insuffisant face aux objectifs de la SNBC 3

La Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3) prévoit des émissions de 342 millions de tonnes équivalent CO₂ par an entre 2024 et 2028. Avec une estimation de 349,4 millions pour 2026, la France dépasse légèrement ces objectifs. Bien que la réduction des émissions soit supérieure à celle de 2025, elle reste en deçà des baisses nécessaires pour atteindre les objectifs 2030. Les efforts doivent se renforcer, notamment dans les secteurs des transports et de l’énergie, pour respecter les budgets carbone et atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

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