Paradoxe du pétrole : le brut coule, vos factures explosent

Depuis mi-septembre, les exportations de pétrole brut du golfe Persique ont rebondi

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Paradoxe du pétrole : le brut coule, vos factures explosent © L'EnerGeek

Selon JPMorgan, les flux de brut en provenance du golfe Persique ont retrouvé 98 % de leur niveau d’avant-guerre. Malgré cela, les prix du diesel et de l’essence continuent d’augmenter en Europe et aux États-Unis. Bien que le détroit d’Ormuz ait repris son activité après des tensions, la pénurie de produits raffinés persiste, impactant les consommateurs.

Reprise des exportations mais tensions sur les raffineries

Depuis mi-septembre, les exportations de pétrole brut du golfe Persique ont rebondi, atteignant 98 % de leur niveau de référence avant le conflit entre les Etats-Unis et l’Iran. Les compagnies pétrolières ont réactivé des routes d’approvisionnement et les primes d’assurance maritime se sont stabilisées, permettant aux armateurs de traverser le détroit d’Ormuz sans surcoûts excessifs.

Cependant, cette reprise ne s’accompagne pas d’une baisse des prix à la pompe. Les prix du diesel et de l’essence restent élevés, notamment en Europe et sur la côte Est des États-Unis, où le gallon d’essence dépasse 4,20 dollars. Les raffineries peinent à répondre à la demande, en raison de maintenances planifiées et des sanctions contre la Russie qui ont perturbé les circuits d’approvisionnement. De plus, la guerre au Moyen-Orient a affecté les exportations de diesel et de kérosène des raffineries du Golfe.

La pénurie de diesel en Europe et aux États-Unis

Le diesel, crucial pour les transports et le chauffage, est en pénurie, entraînant une hausse des coûts logistiques et des prix. En Europe, les stocks de diesel ont chuté de 15 % par rapport à la moyenne quinquennale, notamment à cause de la diminution des importations russes. Aux États-Unis, malgré la pleine capacité des raffineries, la demande intérieure nécessite des importations. La capacité de raffinage a diminué de 5 % depuis 2020, et la transition énergétique n’a pas encore comblé ce déficit.

L’hiver s’annonce difficile pour les ménages européens, avec des prix de l’énergie qui restent élevés. Des mesures de soutien ont été annoncées par les gouvernements, mais elles risquent de ne pas suffire à compenser l’augmentation des factures.

Suspension des livraisons de gaz qatari

Le Qatar a suspendu ses livraisons de gaz naturel liquéfié vers l’Europe jusqu’à fin 2026, invoquant des raisons techniques. Cette décision, perçue par certains comme une réponse aux pressions occidentales, complique la situation énergétique. Le gaz qatari représente environ 10 % des importations européennes de GNL, obligeant les pays à se tourner vers des fournisseurs plus coûteux.

L’Iran et le détroit d’Ormuz : une menace affaiblie

L’Iran a longtemps menacé de fermer le détroit d’Ormuz pour des raisons économiques. Toutefois, la reprise des flux de brut montre que cette stratégie perd de son impact. Les États-Unis et leurs alliés ont renforcé leur présence navale, tandis que les compagnies pétrolières diversifient leurs routes d’approvisionnement.

Al Jazeera rapporte que les sanctions occidentales ont déjà réduit les exportations de brut iranien de 60 % depuis 2018. Une fermeture du détroit nuirait plus à l’économie iranienne qu’à celle de ses adversaires, poussant Téhéran à adopter une position plus prudente.

Incertitudes sur les marchés pétroliers

Les marchés pétroliers restent volatils malgré la reprise des volumes de brut. Les prix du Brent oscillent entre 85 et 92 dollars le baril, et les investisseurs craignent une récession mondiale pouvant réduire la consommation. Les produits raffinés affichent des primes élevées par rapport au brut, avec des marges records pour les raffineurs, mais des conséquences difficiles pour les consommateurs.

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