Le 28 septembre 2026, après 67 jours d’efforts intenses, les autorités ont déclaré éteint le mégafeu de Saumos. Déclenché le 22 juillet dans le massif forestier des Landes de Gascogne, l’incendie a ravagé 42 000 hectares, dont 37 296 hectares réduits en cendres. Cette extinction marque la fin de la plus vaste opération anti-incendie de la Sécurité civile française, mobilisant 3 300 pompiers de tout le pays.
La fin d’une bataille de deux mois
La déclaration d’extinction ne signifie pas que le feu s’est éteint le 28 septembre, mais clôt un processus complexe débuté le 1er août, lorsque le feu a été déclaré « fixé ». À partir de cette date, les flammes ont cessé de progresser, bien que des fumerons continuaient de couver sous terre. Selon le Service départemental d’incendie et de secours, l’observation humaine sur le terrain est cruciale pour déclarer un incendie éteint.
L’incendie a débuté le 22 juillet 2026 à Saumos, dans des conditions climatiques extrêmes. Cet été-là, le plus chaud depuis 1900 et avec un déficit de précipitations de près de 40%, a favorisé les départs de feu. La violence du feu a même engendré un pyrocumulonimbus, un phénomène rare où l’incendie crée son propre orage. L’évacuation de 224 000 personnes a été organisée pour protéger la presqu’île du Cap-Ferret et les environs de Bordeaux.
Entre le 1er août et le 28 septembre, les équipes ont traqué les fumerons persistants, ces points de combustion lente qui peuvent se raviver. Les pompiers ont sondé le sol, utilisé des caméras thermiques et patrouillé quotidiennement. Les travaux forestiers n’ont repris que le 8 septembre, avec l’abattage et l’évacuation des bois brûlés pour sécuriser le massif.
Mobilisation sans précédent : 3 300 pompiers déployés
Le mégafeu de Saumos a mobilisé 3 300 pompiers, illustrant l’ampleur de l’opération. Sophie Brocas, préfète de Gironde, a qualifié cette mobilisation de « plus grosse opération anti-incendie de l’histoire moderne de la Sécurité civile ». Les effectifs, venant de tout le pays, témoignent d’une coordination interrégionale inédite. Des initiatives de reconstruction forestière sont en cours pour préparer l’après-incendie.
Le mégafeu de Saumos est le plus vaste incendie en France depuis 1949, couvrant une surface équivalente à deux fois Paris. Au Porge, plus de 180 habitations sur 250 ont été détruites, mais aucune victime n’est à déplorer grâce à l’efficacité des évacuations et des secours.
Coordination et moyens déployés
La lutte contre le mégafeu de Saumos a nécessité des moyens aériens (Canadair, hélicoptères bombardiers d’eau), des engins terrestres (camions-citernes, bulldozers) et des équipes spécialisées. La coordination entre pompiers, gendarmerie, ONF et collectivités a été cruciale. Le conseil départemental de la Gironde évalue les coûts à 11 millions d’euros et sollicite une aide de l’État pour la reconstruction.
Extinction technique : observation et surveillance
L’extinction d’un mégafeu se constate. Le SDIS applique un protocole rigoureux : inspection des zones brûlées, mesure des températures au sol et vérification de l’absence de fumée. Chaque secteur doit être validé avant la proclamation de l’extinction. La préfecture de Gironde souligne que « les sapeurs-pompiers et l’ensemble des acteurs engagés ont permis de maîtriser durablement le feu ».
Les fumerons représentent un danger final majeur. Invisibles en surface, ils peuvent couver pendant des semaines. Les équipes utilisent des sondes thermiques, retournent la terre et arrosent les zones suspectes. Un seul fumeron négligé pourrait relancer l’incendie si les conditions météo se dégradent.
Météo-France fournit des bulletins quotidiens sur les risques de reprise, analysant température, hygrométrie et vents. Les prévisions permettent d’adapter la surveillance et de renforcer les patrouilles lors d’épisodes venteux. En 2026, 98 000 hectares ont brûlé en France, cinq fois la moyenne des 20 dernières années, illustrant l’accélération du changement climatique.
Enjeux de moyens : la grève des pompiers
Ironie du sort, le jour de l’extinction officielle, les pompiers dénoncent le manque de moyens. Malgré l’opération record, les syndicats alertent sur l’insuffisance des effectifs, le vieillissement du matériel et l’épuisement des personnels. Le mégafeu de Saumos révèle un paradoxe : la France peut mobiliser 3 300 pompiers ponctuellement, mais peine à assurer un financement pérenne face à la multiplication des catastrophes climatiques. Les 21 000 départs de feu recensés durant l’été 2026 témoignent d’une pression croissante sur les services de secours, contraints d’intervenir toujours plus souvent, toujours plus longtemps.






