Un coffre rempli d’or a été découvert sous une ancienne brasserie en cours de rénovation, à Saint-Gilles-lez-Termonde, une commune flamande située à une trentaine de kilomètres de Bruxelles, confirme le site Marmiton. Le butin comprend 40 lingots d’or et plus de 4 000 pièces.
Sa valeur est estimée à 9 millions d’euros, un chiffre qui figure dans le corps de plusieurs articles consacrés à l’affaire, quand le titre de l’un d’eux avançait de son côté une estimation de 10 millions de dollars.
Un lingot resté coincé dans le marteau-piqueur
La découverte remonte au 10 août 2026. Deux ouvriers, recrutés durant l’été par l’entreprise de construction De Brand, basée à Baasrode, travaillaient à l’installation de conduites d’égouttage pour le compte du centre d’action sociale de Flandre-Orientale (CAW Oost-Vlaanderen), propriétaire du bâtiment. Leur mission consistait aussi à retirer partiellement les fondations de l’édifice.
C’est en perçant le sol au marteau-piqueur, à l’endroit exact où se trouvaient les murs de la cave, que Kobe Philips, étudiant de 18 ans, aperçoit un premier disque doré parmi les gravats. Il raconte, dans un entretien accordé à des chaînes de télévision locales, qu’il a d’abord cru qu’il s’agissait de pièces d’un euro, soigneusement alignées, et qu’après les avoir déterrées, ils ont aperçu une petite barre d’or, déjà accrochée à leur outil, alors qu’en réalité il y en avait bien plus que ce qu’ils imaginaient.
Un lingot était resté fiché à l’extrémité de l’outil quand son collègue est venu lui prêter main-forte. L’ouverture pratiquée derrière la maçonnerie a ensuite révélé une réserve bien plus vaste, comprenant également des pépites et d’anciennes monnaies d’or, dont de vieilles livres britanniques. « Ça nous a fait rêver, mais on savait qu’il fallait être réaliste », confie Kobe Philips.
Une fois l’intégralité du butin extraite, les deux ouvriers ont averti le propriétaire des lieux, qui a lui-même contacté la police. Le parquet de Flandre-Orientale a confirmé que les autorités avaient récupéré l’or, désormais conservé dans un lieu secret pour toute la durée de l’enquête, chargée de déterminer sa provenance et de retrouver ses propriétaires.
L’histoire du bâtiment fournit une première piste. L’ancien Brouwershuis accueillait un brasseur à partir des années 1900, même si l’âge précis du trésor n’a fait l’objet d’aucune communication officielle. Deux hypothèses circulent sur son origine :
- des économies soustraites au fisc,
- ou un magot constitué en période de guerre.
« À ce stade, l’origine de cet or est inconnue, de même que son propriétaire légal », a déclaré Hanne Ollevier, porte-parole du ministère public.
L’enquête doit d’abord établir si cette fortune pourrait provenir d’activités frauduleuses, avant que des recherches d’héritiers potentiels ne soient entreprises. Selon Geert Hillaert, directeur du CAW Oost-Vlaanderen, ces démarches pourraient s’étaler sur plusieurs années.
La législation belge encadre strictement ce type de découverte. Le détenteur du bien dispose de sept jours pour la déclarer, après quoi l’ancien propriétaire bénéficie de cinq années pour faire valoir ses droits, selon le service fédéral Justice. Passé ce délai, le métal précieux pourrait revenir aux découvreurs ou aux pouvoirs publics.
Le CAW Oost-Vlaanderen envisage déjà d’utiliser une telle somme pour financer des places d’hébergement destinées aux sans-abri. De son côté, l’étudiant à l’origine de la découverte espère, lui aussi, être récompensé pour sa part.






