Plafonnement des prix : grâce à sa ristourne, TotalEnergies a déjà gagné 200 millions d’euros

Auditionné mercredi 17 juin 2026 par la commission des finances de l’Assemblée nationale, Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a défendu les résultats exceptionnels de sa compagnie (5,8 milliards d’euros de bénéfice au premier trimestre). Il a notamment mis en avant le plafonnement volontaire des prix à la pompe, qui aurait généré un manque à gagner de 200 millions d’euros pour le groupe, tout en expliquant le maintien de marges de raffinage élevées liées aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient.

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Plafonnement des prix : grâce à sa ristourne, TotalEnergies a déjà gagné 200 millions d’euros © L'EnerGeek

Patrick Pouyanné défend ses marges et sa fiscalité devant les députés

Auditionné mercredi 17 juin 2026 par la commission des finances de l’Assemblée nationale, Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a dû justifier les résultats exceptionnels de sa compagnie au premier trimestre 2026. Avec un bénéfice global de 5,8 milliards d’euros sur trois mois, le groupe cristallise les critiques, notamment sur sa contribution fiscale en France et la lenteur de la baisse des prix à la pompe. Le dirigeant a multiplié les arguments chiffrés, revendiquant une fiscalité lourde à l’international et mettant en avant le plafonnement volontaire des prix dans ses stations-services.

Selon ses déclarations, TotalEnergies aurait versé environ 100 milliards de dollars d’impôts sur les bénéfices au cours des cinq dernières années, affichant un taux moyen de 43 %, bien au-delà des 25 % de l’impôt français sur les sociétés. « Nous sommes l’entreprise française qui paie le plus d’impôts sur les bénéfices au monde », a-t-il martelé, ajoutant avec ironie qu’il était « assez facile d’en déduire qu’on n’est pas très bon dans les délocalisations de nos profits dans des pays à faible fiscalité ».

200 millions d’euros de manque à gagner sur le plafonnement

Interrogé sur la fiscalité jugée insuffisante du groupe en France, Patrick Pouyanné a mis en avant le plafonnement des prix appliqué dans ses stations. Selon lui, le dispositif aurait généré un manque à gagner de 200 millions d’euros pour l’entreprise. « Nous sommes la seule compagnie pétrolière au monde à avoir appliqué un plafonnement. On l’a fait volontairement pour protéger les Français », a-t-il déclaré, regrettant les critiques formulées à l’encontre de son groupe.

Le patron de TotalEnergies a souligné le caractère unique de l’initiative à l’échelle internationale. Aucune autre major pétrolière, que ce soit Shell, BP, ExxonMobil ou Chevron, n’a mis en place un tel mécanisme dans le contexte de la crise énergétique actuelle. Pour Patrick Pouyanné, cet effort volontaire devrait être reconnu comme une forme de redistribution, au même titre que les contributions fiscales. Lors de son audition, il a défendu ce dispositif face aux élus qui l’accusaient de ne pas faire assez.

Marges de raffinage exceptionnelles

Les députés ont également questionné Patrick Pouyanné sur la lenteur de la baisse des prix à la pompe, malgré la diminution récente du cours du brut. « Oui, le prix du pétrole a réagi aux annonces de l’accord USA-Iran, aujourd’hui le brut est vers 80 dollars, mais les marges de raffinage restent élevées », a-t-il expliqué en répondant à Éric Coquerel, président de la commission des Finances.

Le dirigeant a précisé que les marges de raffinage avaient presque triplé pour se situer actuellement à 13 dollars par baril, contre une moyenne de 5 à 6 dollars lors des dernières années. « En général, les marges ont tendance à baisser quand les prix du brut montent », a-t-il remarqué. Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène inhabituel : des installations ont été touchées par des bombardements iraniens, une partie de la production a été bloquée dans le détroit d’Ormuz, et les capacités de raffinage mondiales fonctionnent à flux tendu. La diminution de l’offre de produits raffinés a conduit certains raffineurs à augmenter leurs marges.

Selon Libération, cette augmentation des marges de raffinage a directement contribué à la hausse des bénéfices réalisés par la compagnie dans l’Hexagone. « Le résultat pour la France est estimé à peu près à 500 millions d’euros sur le premier trimestre », a annoncé Patrick Pouyanné, précisant que cela amènerait probablement TotalEnergies à payer l’impôt sur les sociétés en France, contrairement aux années précédentes où les activités tricolores étaient généralement déficitaires.

Baisse progressive des prix à la pompe

Face aux attentes des consommateurs et des élus pour une baisse rapide des prix, le PDG de TotalEnergies a tempéré les espoirs. « On réplique à la baisse, jour après jour. Vous pourrez vous en assurer, le gouvernement a un outil qui le suit précisément », a-t-il indiqué aux députés, faisant référence aux dispositifs de surveillance mis en place par Bercy.

Prenant l’exemple du diesel, Patrick Pouyanné a détaillé l’évolution récente des prix. Les coûts d’approvisionnement de TotalEnergies sont passés en moyenne de 1,94 euro début juin à 1,85 euro mi-juin 2026, baisse qui s’est traduite à la pompe par une diminution de 2,09 euros à 1,94 euro dans ses stations. Le dirigeant a toutefois souligné la persistance d’un écart important avec les prix d’avant-crise. « Au début de la crise, le coût d’approvisionnement était de 1,65 euro, aujourd’hui il est à 1,85 euro, il y a une différence de 20 centimes. Donc, on ne peut pas dire qu’on va être à 1,70 euro à la pompe tout de suite. On le sera au fur et à mesure que la crise va se résorber », a-t-il précisé.

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