Énergies renouvelables : l’Europe va investir 25 milliards d’euros jusqu’en 2035

L’Union européenne lance l’initiative T-MED pour développer les énergies renouvelables en Méditerranée, mobilisant 25 milliards d’euros d’ici 2035. Cette coopération trans-méditerranéenne vise 15 gigawatts de nouvelles capacités et plus de 100 000 emplois dans dix pays partenaires.

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Énergies renouvelables : l’Europe va investir 25 milliards d’euros jusqu’en 2035 © L'EnerGeek

Un partenariat transfrontalier de 25 milliards d’euros pour les énergies propres

L’Union européenne lance l’initiative T-MED (Trans-Mediterranean renewable energy and clean technology cooperation), une coopération transfrontalière de grande envergure qui mobilisera jusqu’à 25 milliards d’euros d’investissements d’ici 2035. Cette stratégie, inscrite dans le cadre du Pacte pour la Méditerranée présenté en octobre 2025, vise à développer les capacités d’énergies renouvelables dans la région méditerranéenne.

Dix pays partenaires rejoignent cette initiative : l’Algérie, l’Égypte, Israël, la Jordanie, le Liban, la Libye, le Maroc, la Palestine, la Syrie et la Tunisie. Selon la Commission européenne, le mécanisme financier repose sur un effet de levier : « Grâce à une capacité de garantie de 5 milliards d’euros de l’UE, nous pouvons mobiliser jusqu’à 25 milliards d’euros d’investissements supplémentaires », précise le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen.

La Méditerranée, géant énergétique aux ressources inexploitées

La commissaire européenne à la Méditerranée, Dubravka Šuica, met en évidence l’atout géographique exceptionnel de la région : « Nos partenaires du sud de la Méditerranée recèlent un potentiel en énergies renouvelables sans égal. La production d’énergies renouvelables coûte 30 à 40% moins cher en Afrique du Nord qu’en Europe ». Cette différence de coûts révèle un paradoxe majeur : malgré des ressources considérables, les investissements demeurent largement insuffisants.

Des défis réglementaires et infrastructurels expliquent cette sous-exploitation des ressources solaires et éoliennes régionales. L’initiative T-MED entend précisément lever ces obstacles en créant un environnement favorable aux capitaux privés et publics.

15 gigawatts de nouvelles capacités et 100 000 emplois attendus

L’initiative fixe des objectifs quantifiés ambitieux pour 2035. Le développement de 15 gigawatts de nouvelles capacités d’énergie renouvelable constitue le cœur de cette stratégie, accompagné de la création de plus de 100 000 emplois dans les technologies propres. Trois projets transfrontaliers d’électricité et d’hydrogène doivent atteindre leur décision finale d’investissement avant l’échéance.

L’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) anticipe même un impact supérieur aux prévisions officielles : entre 400 000 et 500 000 emplois pourraient émerger en Afrique du Nord d’ici 2040. Ces projections témoignent du potentiel transformateur de cette coopération renforcée.

Cinq piliers pour structurer la transformation énergétique

L’architecture de T-MED repose sur cinq axes complémentaires. La plateforme d’investissement de la Commission européenne, opérationnelle dès septembre 2026, identifiera les projets viables et mobilisera les financements adaptés. L’accélérateur réglementaire vise quant à lui l’harmonisation progressive des cadres juridiques entre l’Europe et ses partenaires méditerranéens.

Cette convergence réglementaire conditionne l’accès aux fonds européens, créant un mécanisme incitatif puissant pour les réformes nationales. La modernisation des infrastructures électriques, inspirée du paquet ‘réseaux’ européen, complète ce dispositif. Les deux derniers piliers concernent la formation du personnel qualifié et la création d’un écosystème technologique innovant.

Un effet de levier financier pour démultiplier les investissements

Le mécanisme financier illustre la stratégie européenne de démultiplication des investissements publics. Avec 5 milliards d’euros de capacité de garantie mobilisés par le Fonds européen pour le développement durable Plus (EFSD+), l’objectif consiste à attirer cinq fois plus de capitaux privés.

Dan Jørgensen explicite cette philosophie : « Nous souhaitons inciter les institutions financières, les banques commerciales et les autres investisseurs à se tourner vers des actifs d’investissement porteurs à long terme, à savoir les énergies renouvelables et les technologies propres ». Cette approche reconnaît que la transition énergétique exige des volumes de capitaux dépassant les seules capacités budgétaires publiques.

Une transformation géostratégique aux bénéfices partagés

T-MED s’inscrit dans une logique géostratégique gagnante pour toutes les parties. L’Union européenne diversifie ses approvisionnements énergétiques tout en renforçant sa compétitivité industrielle grâce à l’importation d’énergie décarbonée à bas coût. Cette diversification répond aux impératifs de sécurité énergétique révélés par les récentes crises géopolitiques.

Pour les pays partenaires méditerranéens, cette coopération ouvre la voie à une transformation économique structurelle. La production d’énergie propre devient un levier de prospérité, tandis que l’implantation de chaînes d’approvisionnement européennes génère des transferts technologiques et d’expertise.

Le projet ELMED incarne cette vision d’interconnexion. Cette ligne électrique de 220 kilomètres, dont 200 kilomètres en câble sous-marin, reliera la Sicile à la Tunisie avec une capacité de 600 MW. Ce « pont énergétique » symbolise l’intégration progressive des systèmes électriques européens et nord-africains, une tendance qui pourrait bouleverser la dynamique des prix de l’électricité en Europe.

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