La bande de Gaza, déjà marquée par des décennies de conflits, plonge dans une crise humanitaire encore pire après l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023. Cette attaque a entraîné une série de bombardements par l’armée israélienne, laissant Gaza « ensevelie sous des millions de tonnes de débris ». Les besoins de reconstruction sont immédiats et la crise du logement ne cesse d’empirer. Les coupures d’électricité aggravent la situation, privant les habitants non seulement d’électricité mais aussi d’équipements rares indispensables à la survie. Des centaines de milliers de personnes déplacées vivent aujourd’hui sous des tentes de fortune, exposées aux intempéries.
Des chiffres qui font réfléchir et un pari sur le recyclage
Le coût de la reconstruction de Gaza est estimé à plus de 65,7 milliards d’euros, selon une évaluation conjointe de l’ONU et de l’Union européenne en avril. Cette somme couvre une période de dix ans, mais Nikolaï Mladenov, le haut représentant pour le territoire au « Conseil de la paix », met en garde : la reconstruction pourrait en réalité s’étendre sur « une génération ». Près de 57 millions de tonnes de débris encombrent Gaza et il faudra les retirer massivement.
Face à l’ampleur du travail, des solutions innovantes voient le jour, comme le projet « Green Rock », qui propose de recycler les gravats pour fabriquer des briques emboîtables, un peu comme des Legos, pour permettre une reconstruction plus rapide et moins chère, explique BFMTV. Lancé par Suleiman Abu Hassanin, le projet broie les débris et les mélange à de la terre locale et à des liants alternatifs (puisque le ciment est « introuvable » à cause du blocus). En compressant ce mélange dans une machine fabriquée à la main, on obtient des briques capables d’être produites à hauteur de 1 000 à 1 500 unités par jour, ce qui permettrait, en théorie, de construire un abri en deux semaines.
Conséquences socio-économiques et obstacles
Cette façon de faire promet de réduire les coûts de construction de 50 à 60 % par rapport aux méthodes classiques. Elle crée aussi des revenus pour ceux qui ramassent et trient les matériaux, et elle mise sur des ressources locales, ce qui renforce l’autonomie de Gaza. Les briques offrent en outre une isolation thermique et acoustique bien meilleure que celle des tentes de fortune.
Pour autant, le projet reste expérimental et bute sur des difficultés concrètes : coupures d’électricité, tri des matériaux coûteux, logistique à organiser. D’autres pistes sont étudiées pour réutiliser les gravats. Le groupe de travail du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) propose par exemple de transformer ces matériaux en matières premières pour aménager des îles artificielles en Méditerranée, ou pour renforcer des digues et autres ouvrages de protection contre l’érosion. Ces solutions demandent cependant un tri très rigoureux pour écarter les matériaux dangereux comme l’amiante et les munitions non explosées, ce qui complique encore le dossier.



