Vendredi 6 février 2026, l’Union européenne a franchi une étape importante en adoptant un cadre réglementaire qui intègre le recyclage chimique du plastique, rapporte Le Figaro. La décision, vivement critiquée par certaines associations environnementales, relance le débat sur l’avenir des plastiques renouvelables et leur recyclage, et soulève des questions sur les conséquences environnementales et économiques de ces technologies nouvelles.
Ça bouge pour le recyclage du plastique en Europe
La décision des 27 États membres de l’Union européenne représente une avancée notable pour la politique de recyclage sur le continent. L’objectif est de porter la teneur minimale en plastique recyclé dans les bouteilles à au moins 30 % d’ici 2030, contre 25 % actuellement. Cette mesure vise à répondre au défi posé par les quelque 430,9 millions de tonnes de plastique vierge produites dans le monde en 2024, soit une hausse de 4 % par rapport à 2023.
Selon une porte-parole de la Commission européenne, cette intégration du recyclage chimique est « une première étape importante pour la définition de règles en matière de recyclage chimique au niveau de l’UE ». Mais la méthode de calcul de la teneur en matières recyclées, notamment pour des procédés comme la pyrolyse et l’utilisation de vapocraqueurs (unités de craquage thermique utilisées en pétrochimie), pose problème pour la traçabilité chimique. On ne peut pas distinguer les molécules recyclées des molécules vierges à la sortie de ces procédés, ce qui oblige à une allocation symbolique de la part recyclée.
Des méthodes et technologies innovantes, mais qui divisent
Le recyclage chimique regroupe deux grandes familles technologiques : la dépolymérisation, qui consiste à « casser de longues chaînes de polymères », et des procédés thermiques comme la pyrolyse, qui chauffe les plastiques à haute température. Jean-Yves Daclin, directeur général France de Plastics Europe, souligne que ces technologies « sont assez innovantes » mais restent à des « stades assez initiaux de développement », avec un modèle économique « encore à construire ».
Pour autant, des ONG comme Zero Waste Europe dénoncent ces procédés, les qualifiant de « polluants et gourmands en énergie » et rejetant le « mythe d’un recyclage à l’infini du plastique ». Elles craignent que cela n’affaiblisse « l’intégrité de la définition d’un contenu recyclé » et n’ouvre la voie à un « mauvais précédent » pour le reste du recyclage.
Le débat sur les conséquences économiques et environnementales
Alors que la production de plastiques continue d’augmenter, la place du recyclage chimique dans l’économie circulaire mondiale reste incertaine: la part du plastique dit « circulaire » est aujourd’hui de 10 % du total mondial. L’Asie pèse lourd dans ce tableau, représentant 57,2 % de la production mondiale, la Chine à elle seule comptant pour 34,5 %. Cette région concentre aussi une grande part du recyclage, avec 54,9 % des matières plastiques issues du recyclage, dont 30,3 % en Chine.
Une source anonyme au sein de la Commission estime que l’attention portée au recyclage pourrait faire oublier l’enjeu majeur : réduire la production et la consommation de plastique pour limiter les dégâts sur l’environnement. Les nouveaux règlements devront donc s’accompagner d’efforts pour promouvoir une société moins dépendante du plastique.






