Le 26 novembre 2025, un choc dans le monde spatial : Mars produit bel et bien de l’électricité atmosphérique. Pour la première fois, des éclairs — minuscules mais réels — ont été captés sur la planète par le rover Perseverance de la NASA. Une avancée majeure qui redéfinit la compréhension de la planète et ravive les espoirs liés à son exploration.
Des éclairs sur une planète qu’on croyait muette
Personne ne s’y attendait. Pendant deux années martiennes — soit l’équivalent de près de quatre ans terrestres — le rover Perseverance a tendu l’oreille. Grâce à son microphone intégré à l’instrument SuperCam, il a enregistré 28 heures de données audio. Résultat : 55 décharges électriques ont été clairement identifiées. Selon Reuters, ces signaux ne laissent pas place au doute.
Ces éclairs ne ressemblent pas aux nôtres. Ils sont silencieux, brefs, contenus dans quelques centimètres, sans lumière visible. « Ce n’est pas vraiment de la foudre », précise Baptiste Chide, chercheur au CNRS et coauteur de l’étude, dans un entretien relayé par CNEWS. « Il s’agit plutôt d’un petit arc électrique, peut-être de quelques millimètres, qui produit un son sec ».
Le phénomène se produit surtout pendant les tourbillons de poussière — les fameux dust devils — ou au cœur des tempêtes martiennes. Là, la friction des particules accumule des charges. Et même si la densité de l’atmosphère ne dépasse pas 1,8 % à 2,2 % de celle de la Terre, cela suffit pour générer une décharge.
Selon ScienceAlert, ces éclairs seraient d’autant plus faciles à produire que l’air martien, très pauvre en humidité et chargé de CO₂, favorise l’accumulation d’électricité statique.
SuperCam, l’oreille qui a tout changé
La prouesse revient au rover Perseverance, et surtout à l’instrument SuperCam. Conçu par une équipe franco-américaine, cet outil était destiné à analyser la roche. Il s’est révélé redoutable pour capter les signaux électromagnétiques. Grâce à lui, les chercheurs ont pu écouter l’invisible.
Baptiste Chide affirme au Parisien : « C’est une première preuve directe que l’atmosphère martienne peut produire de l’électricité ». Ce n’est pas tout. SuperCam a détecté des sons très particuliers, des crépitements. Selon AP News, ces sons ont été confirmés par une analyse croisée : fréquence, intensité, durée, tout correspond à un arc électrique naturel. En clair, Mars émet bel et bien des éclairs — en miniature.
Des conséquences majeures pour l’homme et la science
La découverte soulève autant de questions qu’elle en éclaire. D’abord, elle prouve que l’atmosphère de Mars est bien plus active qu’on ne l’imaginait. Des éclairs signifient des mouvements, des charges, des réactions chimiques. Cela pourrait transformer notre compréhension du climat martien. Ensuite, il y a les implications techniques. Si des mini-éclairs apparaissent lors de tempêtes, ils pourraient affecter les systèmes électroniques des robots ou futurs habitats humains. Selon Interesting Engineering, il faudra concevoir des équipements capables de résister à ces décharges.
Mais ce n’est pas une menace — c’est une opportunité. Car qui dit électricité dit aussi potentiel énergétique. Et bien qu’il soit prématuré d’envisager une exploitation directe, cette découverte pourrait un jour déboucher sur des systèmes de récupération énergétique inédits. Enfin, sur le plan scientifique, Mars rejoint officiellement le club fermé des planètes à activité électrique. Après Jupiter, Saturne et la Terre, c’est un nouveau membre. Et cela change tout. Cela signifie que les modèles atmosphériques devront intégrer cette dynamique invisible, cette énergie qui circulait jusque-là dans le silence.






