L’énergie renouvelable fait un sacré bond en avant avec l’installation de l’hydrolienne Dragon 12 dans les eaux des îles Féroé. Conçue pour transformer la force des courants marins en électricité, cette technologie devrait jouer un rôle de premier plan dans la transition de l’archipel. Ancrée solidement au fond marin et branchée sur le réseau électrique, elle marque une avancée remarquable dans le domaine des énergies marines.
Infos techniques et fonctionnement du Dragon 12
Le Dragon 12, avec son impressionnante envergure de 12 mètres pour un poids de 28 tonnes, est une version bien plus grande du Dragon 4. Sa turbine, qui mesure 3,5 mètres de diamètre, peut produire jusqu’à 1,2 mégawatt d’électricité, soit une quantité suffisante pour alimenter environ 1000 foyers. Contrairement aux éoliennes classiques, cette hydrolienne se sert des courants marins pour faire tourner ses pales, similaire à la turbine Proteus AR3000. Son déplacement sous-marin en forme de huit lui permet de tirer parti de la densité élevée de l’eau, ce qui booste sa vitesse et son efficacité énergétique.
Un autre point fort du Dragon 12, c’est sa façon innovante de s’ancrer. Plutôt que de recourir aux traditionnelles fondations gravitaires lourdes en béton et en acier, il utilise une technique d’ancrage foré. Concrètement, un cylindre en acier est scellé avec du béton, réduisant ainsi la quantité de matériaux tout en assurant une fixation ferme au fond marin.
Installation et mise en service aux îles Féroé
Installée à Vestmannasund, l’hydrolienne a commencé à injecter de l’électricité dans le réseau féroïen dès le 9 février 2024. Ce projet représente une étape importante pour la société suédoise Minesto, qui travaille sur cette technologie depuis 2007 après être issue du spin-off du constructeur aéronautique suédois Saab, contribuant ainsi à la transition énergétique. Les premières séries d’essais en mer ont débuté en 2013 et, dès 2020, Minesto alimentait déjà les îles Féroé grâce à ses installations.
L’objectif est ambitieux : couvrir potentiellement 40 % des besoins électriques actuels des îles Féroé avec cette unique hydrolienne. Dans la durée, Minesto vise à répondre à l’intégralité des besoins en électricité à partir de sources renouvelables d’ici 2030.
Projets futurs et retombées environnementales
Parmi les projets à venir, Minesto envisage de déployer des groupes d’hydroliennes autour des îles Féroé. L’idée, c’est d’atteindre une production totale de 120 mégawatts répartis sur quatre sites différents, ce qui demanderait environ 100 hydroliennes Dragon 12. Avec ce dispositif, on pourrait fournir annuellement environ 350 gigawattheures d’électricité, renforçant ainsi l’autonomie énergétique des îles.
« Quand vous faites voler un cerf-volant de biais, vous vous rendez compte qu’il file bien plus vite que le vent », explique un représentant de Minesto. « Sauf qu’ici, au lieu de planer sur une plage, nous évoluons dans l’océan, où l’eau, étant près de mille fois plus dense que l’air, concentre énormément l’énergie. » Ces mots traduisent bien l’esprit derrière cette technologie innovante.
Le PDG de Minesto se félicite : « Nous venons de franchir l’étape la plus importante de l’histoire de l’entreprise en produisant de l’électricité pour le réseau via notre centrale à l’échelle du mégawatt. ».






