Le nouvel accord entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur marque un tournant dans les relations commerciales internationales. Si ce partenariat promet d’ouvrir de nouveaux débouchés pour les entreprises européennes, il suscite des inquiétudes quant à son impact sur les ambitions climatiques de l’Europe et la compétitivité de son secteur énergétique.
Mercosur : une dépendance aux énergies fossiles
Les pays du Mercosur, notamment le Brésil et l’Argentine, figurent parmi les principaux producteurs mondiaux d’énergies fossiles. Ces deux nations exploitent massivement leurs réserves de pétrole et de gaz naturel pour alimenter à la fois leur marché domestique et leurs exportations. Cet accord commercial, en facilitant l’importation de produits issus de ces économies, risque de renforcer la dépendance européenne aux énergies fossiles importées.
La production énergétique dans le Mercosur repose encore largement sur des combustibles fossiles bon marché. Cela génère un coût de production réduit pour les produits agricoles et industriels, mais à un prix environnemental élevé. Les hydrocarbures et la déforestation, souvent liés à l’expansion de l’agriculture intensive, contribuent à des émissions massives de gaz à effet de serre. Ces pratiques contredisent les engagements climatiques de l’Europe.
Le chercheur en politique énergétique Étienne Durand souligne que « Importer des produits d’un modèle basé sur l’extraction massive de ressources fossiles revient à externaliser notre propre empreinte carbone. Cela met en péril les efforts entrepris pour la décarbonation. »
De lourdes conséquences pour le secteur énergétique européen
En abaissant les barrières douanières pour les produits énergivores issus du Mercosur, l’Europe pourrait déstabiliser ses propres filières énergétiques. L’importation à bas coût de biocarburants sud-américains, souvent produits au détriment des forêts tropicales, pourrait nuire au développement d’alternatives locales durables comme les biocarburants avancés fabriqués à partir de résidus agricoles ou forestiers.
Le marché européen des énergies renouvelables pourrait également souffrir d’un effet de distorsion. Les entreprises européennes spécialisées dans les solutions énergétiques innovantes risquent de perdre en compétitivité face à des produits moins coûteux, mais non alignés sur les normes environnementales européennes.
Les pays du Mercosur, en particulier l’Argentine, se positionnent comme des acteurs stratégiques sur le marché du gaz naturel liquéfié (GNL). L’augmentation des échanges commerciaux pourrait ouvrir davantage les marchés européens à ces fournisseurs. Toutefois, l’intégration de ces ressources fossiles dans le mix énergétique européen risque de ralentir la transition vers des sources renouvelables. En s’appuyant sur des importations accrues de GNL sud-américain, l’UE pourrait prolonger sa dépendance à des énergies à forte intensité carbone.
Transition énergétique : un objectif compromis ?
L’un des principaux défis soulevés par cet accord est son incompatibilité avec le Pacte vert européen. En encourageant des modèles économiques basés sur des énergies polluantes, l’UE envoie un signal contradictoire à ses citoyens et aux acteurs industriels locaux. Cette incohérence pourrait affaiblir la crédibilité des politiques climatiques européennes sur la scène internationale.
Les ONG environnementales ne manquent pas de critiquer cet accord. Greenpeace a récemment publié un rapport alarmant sur les effets de l’ouverture commerciale avec le Mercosur : « Cet accord ouvre la voie à une intensification de l’extraction pétrolière et gazière en Amérique du Sud, au détriment des engagements climatiques mondiaux. » Les experts appellent à une stratégie européenne plus cohérente. Pour éviter que cet accord ne compromette les objectifs climatiques, il est nécessaire de renforcer les mécanismes de contrôle sur les importations. Cela inclut la traçabilité des produits importés et la taxation des émissions liées à leur production.
Vers une transformation du secteur énergétique européen ?
L’accord Mercosur pourrait néanmoins représenter une opportunité pour redéfinir les priorités énergétiques européennes. En mettant en place des conditions commerciales strictes, l’UE pourrait utiliser cet accord comme levier pour encourager une transition énergétique au sein des pays du Mercosur. Les technologies européennes, en particulier dans les domaines de l’énergie solaire et de l’éolien, pourraient trouver des débouchés sur ces marchés en forte croissance.
Selon Camille Lefèvre, économiste spécialisée dans les relations commerciales internationales : « Cet accord peut être un catalyseur si l’UE impose des conditions fermes pour promouvoir les énergies renouvelables et limiter l’exploitation des ressources fossiles. »







Le gaz sud américain arrive par bateaux… bateaux qui tourne aux fioul… Pour des raisons écolo le mieux serait le gaz Russe ! Allô Ursula….