Quelles perspectives pour l'EPR ? - L'EnerGeek

Quelles perspectives pour l’EPR ?

capture_ecran_edf_centrale_flamanville_photo_edfL’EPR (european pressurized reactor), le réacteur nucléaire développé par Areva, est parfois jugé trop cher compte-tenu des retards et des coûts réévalués des deux tranches en construction à Flamanville (Manche) et à Olkiluoto (Finlande). Même si ces imprévus sont en partie liés à l’effet de tête de série, Hervé Machenaud, directeur exécutif d’EDF en charge de la production et de l’ingénierie, a déclaré lors d’une audition devant la Commission parlementaire, jeudi 27 février, qu’ « EDF et Areva travaillent à l’optimisation de l’EPR ».

[stextbox id=”info”] Remporter le marché en Arabie Saoudite[/stextbox] 

Le haut responsable de l’électricien français, Hervé Machenaud a indiqué qu’EDF pourrait « s’engager » cet été au côté d’Areva afin de produire un réacteur « à la fois plus sûr, plus efficace et plus économique ». Le but serait de diminuer le coût du réacteur de 3e génération entre 6 et 6,5 milliards d’euros contre 8 à 8,5 milliards pour ceux en construction à Flamanville (Manche) et Olkiluoto (Finlande). Le groupe penche sur une puissance installée de 1.500 MW pour cet EPR optimisé (les réacteurs actuellement en construction généreront une puissance de 1.650 MW).

En 2009, la France avait perdu un marché de 30 milliards d’euros lors de l’appel d’offres des Emirats arabes unis au profit du réacteur coréen développé par le partenariat entre Kepco et Hyundaï.  L’appel d’offres français avait été plombé par le coût élevé du réacteur de 3e génération, comparé à celui des coréens.

L’Arabie Saoudite est le prochain « Eldorado » des constructeurs. Le royaume envisage de diversifier son mix électrique, alimenté à ce jour principalement par ses ressources en pétrole, avec l’installation de 16 réacteurs nucléaire. Il serait prêt à investir jusqu’à 70 milliards d’euros. Les professionnels français de la filière ne veulent pas passer à côté de cette manne comme ils l’ont fait aux Emirats.  François Hollande l’a bien compris, lors de sa visite à Riyad en décembre dernier,  il était accompagné des patrons d’EDF et d’Areva.

Le projet commun entre les deux géants français « serait compatible par exemple avec les calendriers saoudiens », glisse à ce propos Hervé Machenaud.

[stextbox id=”info”] Un projet de réacteur de 1.000 MW[/stextbox] 

Plus globalement, les industriels français du nucléaire veulent se donnent les moyens d’exporter leurs réacteurs grâce à des innovations. « Le marché est très, très faible, donc il faut avoir une politique de l’offre qui amène des technologies », rappelle M. Machenaud. Areva estime que la prochaine « vague d’innovations à développer » concerne les réacteurs de plus petite puissance.

« Nous travaillons avec EDF sur les réacteurs de grande puissance pour développer des plates-formes technologiques qui pourraient servir à un réacteur de 1.000 MW. Il y a un tronc commun entre l’EPR et le 1.000 MW », explique Philippe Knoche, directeur général délégue du groupe Areva.

« Nous définissons en ce moment le cahier des charges sur des sujets de recherche et développement entre le CEA, Areva et nous. Le protocole établira les questions de propriété, de prise en charge respective… », révèle Hervé Machenaud.

ATMEA, la coentreprise détenue à parts égales par Areva et Mitshubishi Heavy Industries (MHI), a déjà conçu un réacteur 1.000 MW (ATMEA1) acheté par la Turquie.

Crédit photo : EDF

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Les perspectives de l’EPR sont sombres, du moins si l’on se place sur le plan de la réalité économique et pas de l’idéologie nucléaire.

    En effet, le coût ne baisse pas lorsqu’on dépasse les dites “têtes de série” de Finlande ou de Normandie. Le coût de construction et surtout celui du kWh en sortie du réacteur augmente : 10,7 c€/kWh à Flamanville et 11,4 c€/kWh à Hinkley en Angleterre.

    http://energeia.voila.net/electri2/nucle_gb_solaire_de.htm

    L’éolien terrestre est bien moins cher et le solaire est lui-même moins cher dès maintenant en Allemagne : 9,5 c€/kWh pour une centrale solaire mise en service en janvier 2014. Sans attendre 2023 pour Hinkley.

    A supposer que des EPR modifiés soient mis en service en 2025 ou 2030 avec un coût inférieur de 20% (en monnaie constante), ils seraient toujours plus cher que l’éolien et plus cher aussi que le solaire associé à du stockage quotidien à la même date.

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    • L’éolien moins cher? Que faites-vous lorsqu’il n’y a pas de vent? Avez-vous tenu compte dans vos calculs des surfaces mobilisées par les stations STEP supposées tamponner la production de vos éoliennes? Avec-vous tenu compte des coûts de constructions et de maintenance de telles infrastructures (je vous conseille la lecture de l’article relatif à la construction de l’Ile Donuts en Belgique)? Peut-être pensez-vous aux batteries comme solution de stockage mais en avez-vous calculé le prix, l’impact sur l’environnement, les coûts de recyclage et de transport? Il reste les centrales au charbon mais là, c’est encore pire…

      Pour en revenir aux stations STEP, l’un des avantages supposé des éoliennes et la décentralisation des moyens de production (on se rapproche de l’endroit où l’énergie est consommée, ce qui réduit les pertes dans le transport). Peut-être, mais il est impossible de construire des stations STEP partout! Les pertes seront dès lors énormes; Comptons deux fois les pertes dans le transport jusqu’à la station STEP (allé et retour) combiné aux pertes de celle-ci (rendement STEP: entre 60 et 70%)…

      Dernier point: à supposer que l’on dispose d’assez d’éoliennes pour couvrir 100% de la consommation des ménages et des moyens de stockage nécessaires pour l’énergie, il faudrait en fait en construire encore 3 fois autant avant de disposer d’une production moyenne suffisante (les éoliennes ne produisent qu’entre 20 et 30% du temps, au mieux!). Où allez-vous les installer? Enfin, on ne parle QUE de la consommation des ménages, quid de l’énergie consommée par le reste (transport, industrie, recherche, soins de santé, éducations, etc…).

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  • D’autres informations sur le nucléaire
    Association Loi 1901 Ma Zone Contrôlée
    Condition de travail et de vie des sous-traitants de cette industrie qui participent au quotidien à la production de l’électricité , réalisent la conduite et la maintenance de certaines installations , réalisent le démantèlement de nos vieilles installations et conditionnent les déchets .
    http://www.ma-zone-controlee.com/
    D’avance merci à tous de votre soutien

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