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Le volant d’inertie, un remède à l’intermittence des énergies renouvelables ?

La start-up française Levisys a annoncé cette semaine en marge de la COP21 le lancement de la première expérimentation grandeur nature de son volant d’inertie. Une technologie qui permettrait de stocker l’électricité produite par l’énergie solaire et éolienne pendant plusieurs heures, et de répondre ainsi à un enjeu déterminant pour la transition énergétique et le développement futur des énergies renouvelables intermittentes.

Un volant en carbone optimisé

Si le principe du volant d’inertie n’est pas nouveau, la technologie développée par la jeune entreprise champenoise s’appuie sur un volant en carbone maintenu en lévitation magnétique et tournant dans un conteneur vide. Un dispositif permettant de limiter au maximum la déperdition d’énergie et de prolonger la rotation sur plusieurs heures.

Comme l’explique dans Sciences et Avenir Pierre Fessler, ancien chercheur au CNRS et PDG de Levisys, « le volant d’inertie est vieux comme le premier potier qui a eu l’idée de modeler ses pots avec un tour, Il s’agit de transformer l’énergie électrique en énergie cinétique, l’avantage étant que charge et décharge se font instantanément ».

Développé en partenariat avec Airbus Industries, ce volant est mis en mouvement par un moteur électrique pour atteindre en quelques minutes 14 000 tours/minute pour une puissance de dix kilowatts. L’énergie cinétique accumulée va pouvoir être restituée à volonté en électricité en freinant le volant qui alimentera alors un générateur électrique.

« En cas de diminution du vent ou de la lumière solaire due à un nuage par exemple, le volant va prendre presque instantanément le relais des éoliennes ou des panneaux solaires pour lisser la production et maintenir la bonne tension », ajoute Pierre Fessler.

Des premières expérimentations concluantes

Les premières expérimentations effectuées en partenariat avec le groupe EDF ont permis de confirmer un rendement énergétique de 97%, soit une perte de seulement 3% entre les cycles de charge et de décharge, et une efficacité bien supérieure à ce que peut apporter un stockage sous forme de gaz ou d’hydrogène.

Fort de ces performances prometteuses, Velisys lance ce mardi 8 décembre une nouvelle phase de test à grande échelle dans une zone d’activité de la région toulousaine en collaboration avec le groupe Cofely Ineo. Dix volants d’inertie vont être testés et associés à des batteries lithium-ion pour le stockage du surplus de production d’une centrale photovoltaïque de 170 kW et d’un parc éolien de 15 kW.

Un déploiement commercial en 2016

En parallèle, la société Levisys, soutenue par le conseil général de l’Aube et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), a déjà mobilisé plus de 14,6 millions d’euros et entame la construction d’une usine de production près de Troyes capable de produire une centaine de machines à l’année dès 2016.

« Aujourd’hui la régulation du réseau électrique est assurée par des moyens de production. Nous parions à court terme sur la généralisation du stockage, ce qui permettrait de libérer de la production et de diminuer les contraintes environnementales », conclut Pierre Fessler.

Crédits photo : Levisys

Rédigé par : livingston-thomas

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