L’industrie de la mode rapide fait l’objet de vives critiques pour son impact dévastateur sur l’environnement, en particulier au Ghana. Une experte de la mode durable met en lumière les conséquences alarmantes de cette industrie sur le pays africain, soulignant l’urgence d’une prise de conscience collective.
Le ghana, victime collatérale de la surconsommation vestimentaire
Chaque semaine, le Ghana reçoit une quantité astronomique de vêtements usagés. Selon la fondation Or, une organisation à but non lucratif, environ 15 millions de pièces arrivent dans le pays. Ce flux incessant de textiles pose un défi majeur pour le Ghana, qui ne dispose pas des infrastructures nécessaires pour gérer cette quantité colossale de déchets.
Le problème s’aggrave lorsque l’on considère que 40% de ces vêtements ne peuvent être réutilisés. Ces articles finissent par être jetés de manière informelle, polluant les plages et menaçant la faune locale, notamment les tortues. Solomon Noi, responsable de la gestion des déchets à Accra, la capitale ghanéenne, souligne que cette pollution textile envahit les zones de reproduction des espèces de tortues indigènes, les mettant en danger d’extinction.
L’impact ne se limite pas à la vie sauvage. Les déchets textiles affectent également les zones de pêche cruciales, perturbant la chaîne alimentaire et les moyens de subsistance des pêcheurs locaux. La plupart d’entre eux utilisent des pirogues motorisées qui ne peuvent s’éloigner que de 5,6 kilomètres du rivage, précisément là où s’accumulent les déchets textiles.
L’urgence d’une responsabilité élargie des producteurs
Face à cette situation alarmante, la fondation Or a lancé un appel aux grandes marques de mode pour qu’elles assument leur responsabilité élargie des producteurs (REP). Cette approche vise à impliquer les fabricants dans la gestion de l’ensemble du cycle de vie de leurs produits, y compris leur élimination. Pourtant, Liz Ricketts, co-fondatrice de Or, déplore que « la plupart des marques ne considèrent pas encore cela comme leur responsabilité ».
Malgré quelques initiatives, comme le don de 15 millions de dollars de Shein à la fondation Or, les progrès restent limités. Les appels de l’organisation n’ont pas encore abouti à des actions concrètes de la part de la majorité des marques. Ricketts insiste sur la nécessité d’aider ces entreprises à comprendre comment cette responsabilité s’inscrit dans leurs objectifs de circularité.
L’ampleur du problème est mise en évidence par un récent rapport de Greenpeace, qui qualifie la mode rapide de « racine d’une catastrophe environnementale et de santé publique » à Accra. Le rapport souligne que la plupart des vêtements jetés contiennent des matériaux synthétiques fabriqués à partir d’énergies polluantes, libérant des produits chimiques dangereux dans l’eau et le sol lors de leur décomposition.
Vers une prise de conscience mondiale et des solutions durables
La crise des déchets textiles au Ghana n’est que la partie visible d’un problème mondial qui nécessite une action urgente pour éviter une aggravation du changement climatique. Solomon Noi met en garde contre le risque d’une catastrophe naturelle, comme un tsunami ou un typhon, qui pourrait disperser ces déchets à l’échelle planétaire, transformant un problème local en crise mondiale.
Face à cette situation, plusieurs organisations et entreprises ont réagi :
- Marks & Spencer, un détaillant britannique, a affirmé son engagement à résoudre le problème des déchets textiles.
- Le British Retail Consortium a également exprimé sa volonté d’agir.
- Des initiatives de seconde main comme ThredUp et Poshmark offrent des alternatives à la fast fashion.
Cependant, ces efforts semblent insuffisants face à l’ampleur du défi. Greenpeace estime que la production de vêtements continuera d’augmenter, atteignant 200 milliards de pièces par an d’ici 2030. Liz Ricketts appelle les consommateurs à repenser leur relation avec la mode rapide et à privilégier l’achat de seconde main et le surcyclage.
| Action | Impact potentiel |
|---|---|
| Achat de seconde main | Réduction de la demande de nouveaux vêtements |
| Surcyclage | Prolongation de la durée de vie des vêtements |
| Responsabilité élargie des producteurs | Gestion améliorée du cycle de vie des produits |
La résolution de cette crise nécessite une action concertée de tous les acteurs : marques, consommateurs, gouvernements et organisations environnementales. Seule une approche globale et durable pourra inverser la tendance et préserver l’environnement pour les générations futures.






