Bois de chauffage : une nouvelle arnaque avant l’hiver qui ruine les propriétaires et les prive de chauffage

Paiement débité, bois jamais livré : le scénario qui piège des centaines d’acheteurs avant l’hiver. Un détail tout simple permet pourtant d’éviter le piège, et aussi de vérifier si votre livraison est vraiment complète.

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Bois de chauffage : une nouvelle arnaque avant l'hiver qui ruine les propriétaires et les prive de chauffage
Bois de chauffage : une nouvelle arnaque avant l’hiver qui ruine les propriétaires et les prive de chauffage © L'EnerGeek

La radio ICI a repéré, en septembre 2026, un retour des arnaques au bois de chauffage à l’approche de l’hiver. Le scénario se répète d’une victime à l’autre : une commande passée en ligne, un paiement débité aussitôt, puis plus aucune nouvelle du vendeur.

Un avis publié sur le site Trustpilot illustre ce mécanisme. Le client y raconte avoir commandé du bois de chauffage le 20 juillet, avec une somme débitée le jour même et un mail de confirmation précisant une expédition sous 1 à 2 jours ouvrés reçu dans la foulée, mais sans aucune livraison plus d’un mois après. Cet avis n’est qu’un exemple parmi la multiplication des déconvenues recensées par la radio.

Des faux sites, parfois relayés sur Leboncoin

Les victimes identifiées en septembre 2026 décrivent toutes le même profil : un vendeur injoignable malgré les relances, une commande jamais honorée et un paiement déjà encaissé. Les arnaques circulent via des sites internet d’apparence sérieuse, mais aussi sur des plateformes comme Leboncoin ou la Marketplace de Facebook.

  1. Plusieurs signaux doivent alerter : un prix cassé, une livraison promise gratuite et rapide, et surtout l’exigence d’un paiement intégral et immédiat.
  2. Le conseil principal reste simple, pour un premier achat auprès d’une entreprise inconnue : ne jamais payer avant d’avoir été livré.

La méfiance s’impose également quand le site promet une livraison assez éloignée de son siège social. Selon l’Observatoire Bois Bûche, réalisé en Auvergne-Rhône-Alpes en 2025, 80 % des livraisons sérieuses se font à moins de 30 kilomètres.

Ce phénomène n’est pas nouveau. Dans un communiqué du 29 août 2025, Fibois, l’interprofession de la filière forêt-bois d’Auvergne-Rhône-Alpes, alertait déjà sur la recrudescence d’arnaques liées à de faux sites de vente et appelait les clients à privilégier les professionnels agréés.

Le stère n’a plus de valeur légale depuis 1977

À côté des escroqueries pures, un autre type de litige revient chaque hiver, sans qu’il s’agisse forcément de fraude. Depuis 1977, le décret n° 75-1200 impose le mètre cube apparent comme unité légale de vente du bois de chauffage. Le mot stère continue pourtant d’être utilisé partout, par les vendeurs comme par les clients, alors qu’il n’a plus aucune valeur légale. La DGCCRF pointe cette confusion comme à l’origine d’une grande partie des litiges entre clients et fournisseurs.

Historiquement, un stère correspondait à un mètre cube de bûches d’un mètre de long, empilées, vide d’air compris. Mais ce repère ne colle plus à la réalité des livraisons actuelles, où le bois est désormais fendu et recoupé en longueurs plus courtes. Plus les bûches sont courtes, mieux elles s’emboîtent, et moins il reste d’air entre elles : le volume apparent diminue, sans que la quantité de bois change.

Les repères cités par des spécialistes donnent la mesure de l’écart : un stère en bûches de 50 centimètres occupe environ 0,8 m³ apparent, contre 0,7 m³ seulement pour des bûches de 33 centimètres. Concrètement, 5 stères en 33 centimètres représentent environ 3,5 m³ empilés, et 10 stères environ 7 m³.

C’est exactement la situation que décrivent plusieurs clients chaque hiver : après livraison et empilage, ils mesurent 3,5 m³ au lieu des 5 m³ attendus, et crient à l’arnaque. La masse de bois et l’énergie restituée restent pourtant identiques, seul le volume visible change.

Mesurer le tas avant de le ranger

Pour vérifier une livraison, le protocole recommandé tient en quelques gestes. Il faut empiler correctement le bois en limitant les trous, mesurer la longueur, la hauteur et la profondeur du tas en mètres, puis multiplier ces trois chiffres pour obtenir le volume en m³ apparents.

Il suffit ensuite de diviser ce résultat par 0,8 pour des bûches de 50 centimètres, ou par 0,7 pour des bûches de 33 centimètres, afin d’estimer le nombre de stères réellement livrés.

Mieux vaut effectuer cette mesure une fois les bûches rangées proprement, avant de les caser dans un angle où toutes les faces ne seraient plus accessibles. Un léger écart reste normal, lié aux irrégularités des bûches et à la qualité de l’empilage. Une différence importante après calcul, en revanche, rend crédible une sous-livraison. Le conseil pratique tient en une phrase : tout mesurer et noter immédiatement après la livraison, avant de ranger le bois.

Exiger trois mentions sur le devis

La norme NF Bois de Chauffage recommande que le bon de livraison précise le volume en m³ apparents et la longueur de coupe des bûches. Les experts conseillent d’aller plus loin et d’exiger par écrit, dès le devis, trois éléments : le volume en m³ apparents, la longueur des bûches, qu’elles fassent 33 centimètres, 50 centimètres ou un mètre, et la référence éventuelle à cette norme.

Avec un bon de livraison clair, un mètre ruban et une calculatrice, un client peut trancher entre une fausse alerte liée à l’effet des bûches courtes et une véritable livraison trop légère. Si un fournisseur refuse de préciser ces éléments et facture uniquement en stères sans conversion en mètres cubes apparents, mieux vaut s’abstenir de faire appel à lui.

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