Voiture électrique : BYD envisage de construire une usine en France

BYD, leader mondial des véhicules électriques, a confirmé que la France figure sur sa liste restreinte pour l’implantation d’une nouvelle usine. La raison invoquée par Stella Li, vice-présidente du groupe : la compétitivité énergétique française. Avec son électricité bas-carbone issue du nucléaire, la France offre un avantage décisif pour produire batteries et véhicules électriques à faible empreinte carbone.

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Voiture électrique : BYD envisage de construire une usine en France © L'EnerGeek

Le géant chinois BYD, leader des véhicules électriques et des batteries, est attiré par l’énergie compétitive de la France. Lors de l’ouverture du Mondial de l’automobile à Paris, le 12 octobre 2026, Stella Li, vice-présidente exécutive du groupe, a confirmé que la France est sérieusement envisagée pour une nouvelle usine. Elle a souligné que « votre énergie est très compétitive », ce qui fait de la France une candidate de choix.

L’électricité bas-carbone de la France : un atout pour BYD

La fabrication de batteries électriques exige énormément d’énergie, chaque gigafactory consommant autant qu’une ville moyenne. Le mix énergétique français, dominé par le nucléaire, offre des coûts stables et une faible empreinte carbone. Contrairement à l’Allemagne ou à la Pologne, encore dépendantes du charbon et du gaz, la France propose une électricité décarbonée et stable.

Pour BYD, produire des batteries en France permet de réduire l’empreinte carbone tout en profitant de coûts d’électricité compétitifs. Les batteries représentent 40% du coût d’un véhicule électrique, et avec un prix de l’électricité à 90 euros le mégawattheure en France contre plus de 120 euros en Allemagne, le choix est clair. L’intensité carbone de l’électricité française, inférieure à 50 grammes de CO2 par kilowattheure, répondra aux normes européennes sur l’empreinte carbone des batteries prévues pour 2027.

Avec ses 56 réacteurs, le parc nucléaire français assure une production électrique stable et décarbonée. En combinaison avec l’hydraulique et les énergies renouvelables, ce mix garantit une stabilité d’approvisionnement précieuse pour BYD, qui pourra produire 24 heures sur 24 sans fluctuations tarifaires majeures. La Hongrie, où BYD prévoit d’ouvrir sa première usine européenne fin 2026, dispose également d’un parc nucléaire, confirmant cette stratégie énergétique.

La recharge flash de BYD : un défi énergétique

Outre la production de véhicules, BYD a développé une technologie de recharge « flash » qui redonne à une batterie son autonomie en quelques minutes, propulsant le groupe au sommet des ventes en Chine depuis mars 2026. Cependant, cette innovation technologique pose un défi énergétique majeur.

Recharger une batterie de 80 kilowattheures en cinq minutes nécessite une puissance de 960 kilowatts, équivalant à la consommation instantanée de 200 foyers. L’impact sur le réseau est donc immense, et seuls les pays avec une production électrique forte et décarbonée peuvent répondre à cette demande sans recourir aux énergies fossiles. Grâce à son nucléaire, la France est bien positionnée pour relever ce défi, contrairement à l’Allemagne qui peine à garantir la même stabilité malgré ses investissements dans les renouvelables.

La montée en puissance des véhicules électriques et de la recharge rapide nécessite une refonte de l’infrastructure énergétique en France. Actuellement, le pays compte environ 100 000 points de charge publics, mais l’évolution vers la recharge ultra-rapide requiert des investissements importants dans le réseau de distribution. L’implantation d’une usine BYD en France pourrait catalyser ce développement, permettant au constructeur d’intégrer la production de batteries, de véhicules et de bornes de recharge.

Impact des barrières commerciales sur la stratégie de BYD

L’intérêt de BYD pour la France s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales. L’Union européenne a récemment conclu un accord avec Pékin limitant les importations de véhicules hybrides chinois à 350 000 unités par an, contre 800 000 auparavant. Cette réduction pousse les constructeurs chinois à envisager une production localisée en Europe.

BYD prévoit deux à trois usines supplémentaires en Europe après la Hongrie, chacune répondant à un critère énergétique précis. La Hongrie offre le nucléaire et des coûts salariaux bas, tandis que la France propose une électricité bas-carbone, un marché automobile mature et une position géographique centrale. Stella Li souhaite que BYD soit perçue comme une entreprise locale en France, au-delà du simple marketing. En s’appuyant sur une électricité propre, la France joue un rôle clé dans cette transformation industrielle.

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