Raphaël Glucksmann, eurodéputé et candidat à la primaire de la gauche, a demandé d’augmenter et d’élargir le chèque énergie pour répondre à la hausse des prix des carburants. Lors d’un déplacement à Courrières, dans le Pas-de-Calais, le coprésident de Place publique a réclamé que cette aide passe de 150 euros à 500 euros par an.
« Il faut faire passer le chèque énergie de 150 euros à 500 euros », a-t-il affirmé. Il souhaite aussi étendre une aide de 200 euros à « dix millions de Français supplémentaires qui n’arrivent pas à faire face » aux coûts de l’énergie.
Sur BFM, il a justifié cette urgence par la nécessité de « répondre à l’urgence sociale des Français, qui ne peuvent pas aller travailler et ne peuvent pas faire face à l’explosion des prix des carburants ».
Ce n’est pas la première fois que l’eurodéputé porte cette proposition. Lors du débat de la primaire de la gauche, le 23 septembre 2026, il avait déjà évoqué la mesure, mais en parlant d’un triplement de l’aide plutôt que d’un montant précis.
Glucksmann écarte en revanche toute baisse généralisée des taxes sur les carburants, qu’il juge à la fois inabordable et mal ciblée. « Les baisses généralisées de taxes, d’une on n’en a pas les moyens, et deux, ça bénéficierait à des gens qui n’en ont pas besoin. Je ne veux pas que les contribuables français payent pour les week-ends de propriétaires de gros SUV alors qu’on est dans une situation budgétaire catastrophique », a-t-il lancé au micro de BFM.
Il reconnaît toutefois que le président de la République a « raison de dire qu’il faut régler le problème à la source ». Interrogé sur une éventuelle alliance aux législatives, il exclut d’ores et déjà tout accord avec LFI.
Un financement par la taxation des superprofits
Le chiffrage de la mesure remonte à un entretien accordé à BFMTV le 19 septembre 2026, enregistré depuis Bram, dans l’Aude, où se tenaient les Rencontres de la gauche. Glucksmann y évaluait le coût du triplement et de l’extension du chèque énergie à 4 milliards d’euros, dont deux milliards financés par une taxe sur les superprofits des entreprises énergétiques, le reste reposant sur un effort de la puissance publique.
Il accuse le gouvernement français de bloquer, à l’échelle européenne, cette taxation des superprofits, sur ordre de Patrick Pouyanné, le patron de TotalEnergies. « C’est impossible que des gens se gavent à ce point d’une situation qui mine littéralement la vie des Français », avait-il lancé, dénonçant les multinationales pétrolières qui, selon lui, battent tous les records de bénéfices et versent des dividendes astronomiques à leurs actionnaires.
Le chèque énergie, réservé aux foyers à revenus modestes pour couvrir leurs dépenses d’énergie du logement, varie actuellement entre 48 et 277 euros selon les revenus et la composition du foyer, pour un montant moyen de 150 euros.
Les votes de la primaire de la gauche sont prévus les 9 et 10 octobre, puis les 16 et 17 octobre. Tous les candidats ne partagent pas la même position sur la réponse à apporter à la hausse des prix des carburants.






