Depuis le 28 septembre 2026, Waze propose aux utilisateurs français des détours sponsorisés pour visiter des commerces locaux. Cette fonctionnalité, intégrée à la plateforme publicitaire Performance Max de Google, transforme chaque trajet en opportunité commerciale. Cependant, les kilomètres additionnels entraînent une consommation accrue de carburant et des émissions de CO2 supplémentaires. À l’échelle nationale, cela pourrait représenter des millions de litres de carburant par an, bien que Google n’ait pas communiqué de données chiffrées à ce sujet.
Fonctionnement de Performance Max appliqué à Waze
La plateforme Performance Max utilise l’intelligence artificielle pour automatiser la diffusion publicitaire. L’algorithme analyse les données de géolocalisation et les habitudes de déplacement pour choisir quels repères sponsorisés afficher. Cette IA gère les enchères entre annonceurs et sélectionne les meilleurs emplacements sur la carte. Les commerçants n’ont pas besoin de créer de nouvelles campagnes pour Waze, leurs campagnes existantes sur Performance Max s’adaptant automatiquement à l’application.
Le système exploite des données telles que la position GPS en temps réel et l’historique des trajets. Ces informations sont croisées avec les données commerciales pour proposer des détours au moment optimal. La puissance de calcul mobilisée pour traiter ces requêtes contribue également à la consommation énergétique, souvent négligée dans les discussions sur l’empreinte carbone du numérique.
Conséquences énergétiques des détours sponsorisés
Chaque détour sponsorisé rallonge la distance parcourue, augmentant ainsi la consommation de carburant. Pour un véhicule thermique consommant 6 litres aux 100 kilomètres, deux kilomètres supplémentaires nécessitent 0,12 litre de carburant. Si 10 % des utilisateurs français de Waze acceptent un détour par semaine, la consommation annuelle pourrait grimper à plusieurs dizaines de millions de litres. Google n’a pas fourni d’estimations chiffrées, se contentant d’affirmer que les annonces s’intègrent naturellement à l’écran de navigation.
Les émissions de CO2 augmentent également. Un kilomètre en véhicule essence émet environ 120 grammes de CO2. Cumulés sur un an, ces détours pourraient générer des milliers de tonnes de CO2 supplémentaires, contrecarrant les efforts de réduction de la pollution dans les zones urbaines, comme le montrent les zones à faibles émissions.
Waze et la transition énergétique
Pour les véhicules électriques (VE), les détours réduisent l’autonomie, une ressource cruciale pour les conducteurs de VE qui planifient leurs trajets en fonction des bornes de recharge. Contrairement aux véhicules thermiques, un VE nécessite une planification rigoureuse. Un détour non prévu peut entraîner un arrêt de recharge supplémentaire, allongeant le trajet et augmentant la consommation électrique. L’algorithme de Waze ne distingue pas entre les types de motorisation, malgré leurs contraintes énergétiques distinctes.
Actuellement, aucun cadre réglementaire ne régule l’impact énergétique des applications de navigation. Bien que les autorités européennes imposent des normes strictes sur les émissions des véhicules, les applications peuvent influencer les comportements de déplacement sans évaluation environnementale.
Pour une navigation plus responsable
Intégrer des critères énergétiques dans l’algorithme de Waze pourrait être une avancée significative. L’application pourrait estimer et afficher le surcoût énergétique de chaque détour, permettant aux utilisateurs de faire des choix informés. Un système de préférences pourrait aussi permettre de refuser les détours dépassant un seuil de consommation défini. Google dispose déjà des données nécessaires; il ne manque que la volonté de prioriser l’efficacité énergétique sur les revenus publicitaires.
La transparence est essentielle pour toute amélioration. Google devrait publier des statistiques sur les détours acceptés, les distances supplémentaires parcourues et la consommation énergétique résultante. Un audit indépendant permettrait de mesurer l’impact environnemental de la fonctionnalité, et les utilisateurs devraient pouvoir accéder à leur propre bilan énergétique. Sans ces informations, il est impossible de juger si la monétisation de Waze nuit aux objectifs climatiques nationaux et européens.






