Carburant : le prix du gazole atteint un record historique

Le 18 septembre 2026, le prix moyen du gazole en France atteint 2,39 euros le litre, dépassant le record d’avril 2026. Plus de 700 stations affichent des tarifs supérieurs à 2,50 euros. La flambée, consécutive aux frappes américano-israéliennes sur l’Iran du 28 février, révèle la vulnérabilité structurelle de l’approvisionnement énergétique européen face aux chocs géopolitiques.

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Carburant : le prix du gazole atteint un record historique © L'EnerGeek

En France, le prix du carburant franchit un seuil historique. Le 18 septembre 2026, le gazole atteint un prix moyen de 2,39 € le litre, selon les données de Prix-carburants.gouv.fr, relayées par l’AFP. Ce tarif dépasse le précédent record d’avril 2026, qui était de 2,38 €. Plus de 700 stations-service affichent des prix supérieurs à 2,50 €, et parmi elles, soixante-dix dépassent les 2,70 € le litre. Cette hausse s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu depuis les frappes américano-israéliennes en Iran le 28 février 2026, soulignant la vulnérabilité de l’approvisionnement énergétique européen.

Les conséquences des tensions géopolitiques sur le carburant

Les opérations militaires contre l’Iran ont transformé les marchés pétroliers. Les tensions au Moyen-Orient, une région qui produit environ 30 % du pétrole brut mondial, ont réduit immédiatement l’offre. Les marchés anticipent des perturbations dans le détroit d’Ormuz, par où transitent environ 21 millions de barils chaque jour. Cette situation a entraîné une hausse des prix du Brent et du WTI, qui s’est répercutée sur les prix à la pompe en France, comme le confirment les relevés de BFM TV.

L’Europe, qui dépend des importations pour 95 % de ses besoins en pétrole, subit pleinement les variations des cours mondiaux. En France, avec une capacité de raffinage d’environ 1,2 million de barils par jour, les fluctuations des prix internationaux se font sentir fortement. Les stocks stratégiques, bien que couvrant 90 jours de consommation, offrent une protection limitée en cas de crise prolongée. Les analystes estiment que toute nouvelle escalade au Moyen-Orient pourrait faire monter le prix du gazole au-delà de 2,50 €.

Un nouveau seuil pour le prix du gazole

L’évolution des prix du carburant montre trois pics distincts. En juin 2022, le SP95-E10 atteint 2,11 €, influencé par la guerre en Ukraine et une demande accrue après la pandémie. En avril 2026, le prix du gazole grimpe à 2,38 €, en lien direct avec les frappes de février. Le 18 septembre 2026, le gazole franchit 2,39 €, tandis que le SP95-E10, carburant le plus vendu, atteint 2,17 €, dépassant son record de 2022 depuis plus de dix jours. Les relevés sur plus de 9 000 stations-service par le réseau gouvernemental confirment cette tendance généralisée.

La carte des prix montre des disparités notables. Les zones rurales et les autoroutes affichent les tarifs les plus élevés, en raison de frais logistiques accrus et d’une faible concurrence. Environ 70 stations, principalement dans les zones montagneuses et ultramarines, dépassent 2,70 € le litre. Les régions frontalières, autrefois prisées par les automobilistes belges et luxembourgeois, perdent leur attrait. Les médias belges recommandent à leurs lecteurs d’éviter les trajets transfrontaliers pour le remplissage de carburant.

La vulnérabilité énergétique de l’Europe

La crise actuelle met en lumière la fragilité du modèle énergétique européen. Contrairement aux États-Unis, qui bénéficient du pétrole de schiste, l’UE ne dispose pas de capacités de production nationales significatives. Les infrastructures de raffinage, vieillissantes et limitées, restreignent la flexibilité opérationnelle. En France, le nombre de raffineries est passé de quinze dans les années 1980 à huit aujourd’hui. Cette situation constitue un goulot d’étranglement, accentuant les tensions tarifaires en cas de forte demande.

Les marges de raffinage, soit la différence entre le coût du brut et le prix des produits finis, atteignent des niveaux élevés. Les raffineurs européens profitent de cette situation, mais les contraintes logistiques empêchent une répercussion totale sur les consommateurs. Les terminaux portuaires sont saturés, les pipelines à pleine capacité et les stocks tampons diminuent. La récente décision de Riyad de réduire ses livraisons à l’Europe accentue encore la pression.

Stratégies pour atténuer la crise des carburants

TotalEnergies a mis en place un plafonnement volontaire des prix dans son réseau de stations pour limiter l’impact sur les automobilistes. Cependant, cette initiative ne concerne que 3 500 stations sur les 11 000 en France. Les enseignes indépendantes et les stations autoroutières répercutent intégralement les hausses, créant ainsi un marché à deux vitesses. L’efficacité de ce plafonnement dépend de la durée de la crise, car des contraintes financières pourraient contraindre à réviser les engagements tarifaires. La différence croissante avec le coût de la recharge électrique pourrait accélérer la transition vers des mobilités plus vertes.

Scénarios de stabilisation des prix énergétiques

Trois scénarios sont envisagés pour les mois à venir. Dans une perspective optimiste, une désescalade au Moyen-Orient permettrait un retour à des prix sous 2,20 € d’ici fin 2026. Un scénario médian prévoit une stabilisation autour de 2,30-2,40 €, en raison d’une prime de risque géopolitique durable. Le scénario pessimiste envisage une escalade militaire prolongée, poussant le gazole au-delà de 2,60 €, avec de potentielles manifestations sociales. Les gouvernements européens explorent des mécanismes de mutualisation des achats de brut et d’extension des stocks stratégiques. En France, en raison d’un déficit budgétaire de 5,4 % du PIB, le gouvernement privilégie des aides ciblées plutôt qu’une réduction généralisée des taxes, selon Roland Lescure, ministre de l’Économie : « baisser les impôts sur l’essence pour tout le monde, y compris pour ceux qui n’en ont pas besoin, ça coûte beaucoup d’argent ». La situation énergétique reste tributaire des évolutions géopolitiques, sans solution à moyen terme pour stabiliser durablement les marchés pétroliers.

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