Énergies renouvelables : la Chine rejette 360 TWh et mise sur le stockage thermique

La Chine a rejeté 360 térawattheures d’énergies renouvelables au premier semestre 2026, soit une hausse de 49 % liée à la saturation des réseaux électriques. Pour résoudre ce gaspillage structurel, le pays mise sur des infrastructures de stockage innovantes, dont la centrale hybride du Xinjiang inaugurée en août 2026, capable de stocker l’énergie solaire dans du sel fondu pendant huit heures consécutives.

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Énergies renouvelables : la Chine rejette 360 TWh et mise sur le stockage thermique © L'EnerGeek

Au premier semestre 2026, la Chine a rejeté 360 térawattheures d’électricité issue d’énergies renouvelables, soit une quantité capable d’alimenter le Mexique pendant un an. Ce phénomène d’écrêtement, en hausse de 49 % par rapport à 2025, résulte d’une inadéquation critique entre la croissance exponentielle des capacités de production solaire et éolienne et l’incapacité des réseaux électriques à absorber ces flux massifs. Face à ce gaspillage structurel, premier producteur mondial d’énergie solaire, le pays déploie des infrastructures de stockage innovantes, dont la centrale hybride du Xinjiang inaugurée le 11 août 2026.

L’écrêtement expliqué : saturation des réseaux et perte d’énergie propre

Mécanisme technique de l’écrêtement et chiffres de rejet

L’écrêtement désigne la réduction forcée ou l’arrêt total de la production d’électricité renouvelable lorsque l’offre excède la demande et que les réseaux ne peuvent transporter ou stocker l’excédent. En Chine, la production solaire et éolienne a progressé plus rapidement que la modernisation des infrastructures de transport et de distribution. Les 360 TWh rejetés représentent une perte économique considérable et illustrent le décalage entre ambition énergétique et réalité technique. Dans le même temps, l’Australie, le Japon et l’Inde rencontrent des difficultés similaires, quoique d’ampleur moindre.

Saturation des réseaux électriques : capacité d’absorption insuffisante

Les réseaux électriques chinois, conçus initialement pour une production centralisée à partir de combustibles fossiles, peinent à intégrer la variabilité spatiale et temporelle des énergies renouvelables. Les provinces du nord-ouest, où se concentrent les installations solaires et éoliennes, manquent de lignes à très haute tension pour acheminer l’électricité vers les centres urbains côtiers. L’intermittence de la production aggrave le problème : les pics de génération ne coïncident pas toujours avec les périodes de forte demande. Les experts prévoient que l’écrêtement persistera jusqu’à la fin des années 2020, le temps que les investissements infrastructurels portent leurs fruits.

Solutions émergentes : stockage par batteries et systèmes thermiques

Batteries lithium : lissage des pics de courte durée

Le stockage par batteries lithium-ion constitue une première réponse à l’écrêtement. Le Chili, confronté à des défis comparables, a ajouté 4 gigawattheures de capacité de stockage sur ses sites solaires en 2025, réduisant significativement les pertes d’énergie. La Bulgarie figure également parmi les pays ayant adopté des stratégies efficaces de gestion de l’intermittence. Les batteries permettent de lisser les variations rapides de production et de consommation sur des cycles courts, généralement inférieurs à quatre heures. Leur coût élevé et leur durée de vie limitée restreignent toutefois leur déploiement massif pour des stockages de longue durée.

Stockage thermique en sel fondu : la centrale hybride du Xinjiang

La Chine a inauguré en août 2026 la plus grande centrale solaire hybride au monde dans la région du Xinjiang. L’installation combine production photovoltaïque et concentration solaire thermique : 260 000 miroirs concentrent le rayonnement solaire sur un récepteur central, chauffant du sel fondu à des températures dépassant 500 degrés Celsius. Stockée dans des réservoirs isolés, la chaleur peut être restituée pour produire de l’électricité pendant huit heures consécutives, indépendamment de l’ensoleillement. Niu Janle, superviseur du projet, explique : « En fournissant une puissance stable pendant huit heures d’affilée, elle constitue un élément central de la résilience du réseau électrique. Les batteries au lithium permettent de lisser les pics de demande sur de courtes durées, tandis que les systèmes photovoltaïques ne produisent de l’électricité que pendant les heures d’ensoleillement. Le système de stockage thermique se distingue par sa grande capacité, ses longs cycles de décharge et son fonctionnement sans émissions. »

Capacité et performance : 260 000 miroirs pour 2,067 milliards kWh annuels

La centrale du Xinjiang, exploitée par la China Three Gorges Corporation, affiche une production annuelle attendue de 2,067 milliards de kilowattheures. Son intégration au réseau devrait éviter l’émission de 1,63 million de tonnes de dioxyde de carbone chaque année. La technologie de concentration solaire, bien que plus coûteuse à installer que le photovoltaïque classique, offre un avantage décisif : la dispatchabilité. L’électricité peut être injectée sur le réseau aux heures de pointe, lorsque les prix sont élevés et la demande forte, maximisant ainsi la rentabilité et la stabilité du système. Pour en savoir plus sur les défis thermiques des infrastructures électriques, consultez notre article sur la chaleur océanique et ses impacts sur les centrales.

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