Dans sa croisade contre l’éolien, l’administration Trump sort la planche à billets. Et massivement. Elle vient de dépenser plus de 650 millions d’euros pour stopper 4 projets.
L’administration Trump continue de stopper des projets éoliens
Le 17 juin 2026, l’administration américaine a officialisé un nouvel accord avec le groupe énergétique Invenergy afin de résilier quatre baux destinés au développement de parcs d’éolien offshore au large de New York, de la Californie et du Maine. Montant de l’opération : 765 millions de dollars, soit environ 659 millions d’euros au taux de change actuel.
Cette décision ne consiste pas à arrêter des installations déjà en fonctionnement. Les projets concernés se trouvaient encore dans une phase préparatoire. Pourtant, Washington a choisi de verser une compensation financière importante afin d’obtenir leur abandon volontaire. Derrière cette décision se dessine une réorientation énergétique assumée : ralentir l’expansion de l’éolien en mer au profit d’autres technologies jugées prioritaires par l’exécutif américain.
Pourquoi Trump paie pour arrêter ces projets d’éolien
À première vue, payer plusieurs centaines de millions d’euros pour empêcher la construction d’infrastructures peut sembler contradictoire. Le raisonnement de l’administration repose toutefois sur une logique politique et industrielle distincte.
Selon les déclarations du secrétaire à l’Intérieur Doug Burgum, rapportées par Reuters, le gouvernement considère que les investissements doivent être redirigés vers des sources capables d’assurer une production électrique continue. Il a expliqué que l’administration saluait la décision d’Invenergy de soutenir des solutions énergétiques apportant « des bénéfices réels aux consommateurs américains ».
Dans les faits, les fonds libérés doivent accompagner des investissements dans des centrales alimentées au gaz naturel dans plusieurs États du Midwest ainsi que dans des projets géothermiques dans l’Ouest américain. L’idée défendue par Washington est qu’une capacité pilotable serait mieux adaptée aux besoins industriels et à la sécurité énergétique nationale.
Cette stratégie marque une rupture avec la politique de soutien massif aux renouvelables portée durant les années précédentes sous la présidence Biden. L’éolien offshore, longtemps présenté comme un axe majeur de décarbonation du réseau américain, devient ici un secteur explicitement freiné par l’exécutif.
Les projets éoliens concernés et le coût réel pour les dollars publics
Les quatre projets concernés appartenaient au portefeuille offshore d’Invenergy. Ils n’étaient pas encore entrés dans une phase de construction industrielle mais représentaient plusieurs années de développement, d’études et de préparation réglementaire.
Le montant versé apparaît particulièrement élevé au regard de cet état d’avancement. Selon Associated Press, le total des compensations déjà engagées par l’administration Trump pour mettre fin à différents projets éoliens atteint désormais environ 2,6 milliards de dollars, soit près de 2,24 milliards d’euros.
Cette somme inclut notamment un précédent accord conclu avec TotalEnergies, dont la valeur atteignait 928 millions de dollars, soit environ 804 millions d’euros. L’accumulation de ces rachats transforme progressivement une politique de blocage réglementaire en politique de sortie négociée.
Pour l’administration américaine, ce coût reste néanmoins inférieur aux dépenses qu’auraient nécessitées, selon son analyse, l’intégration de capacités intermittentes supplémentaires au réseau électrique. Cet argument est contesté par une partie des acteurs du secteur, qui soulignent que les projets annulés n’étaient pas encore suffisamment avancés pour démontrer leur coût réel sur le système électrique.




