L’Inde et le Pakistan, deux puissances nucléaires d’Asie du Sud, sont de nouveau proches du conflit. Cette fois, la dispute porte sur l’eau. D’après Boursorama, New Delhi veut priver le Pakistan de l’eau des fleuves qui prennent leur source en Inde, ce qui pourrait aggraver les tensions régionales. Le différend s’inscrit dans un contexte de méfiance entre les deux pays, nourri par plusieurs événements récents.
Un passé chargé et des relations déjà tendues
Mercredi 10 juin, CR Patil, ministre indien de l’Eau, a confirmé que son pays envisageait de couper au Pakistan l’accès à certaines ressources en eau. Il s’exprimait au lendemain d’un entretien accordé à l’agence de presse ANI. Un an plus tôt, le gouvernement de Narendra Modi s’était déjà retiré unilatéralement d’un traité de partage des eaux, en représailles à l’attentat de Pahalgam du 22 avril 2025, que New Delhi attribue à Islamabad.
À l’origine du différend, il y a le traité bilatéral de partage des eaux de l’Indus, signé en 1960. Ce texte répartit entre les deux pays le contrôle d’un bassin fluvial vaste et complexe. L’Inde gère le débit des fleuves orientaux (Ravi, Beas et Sutlej), tandis que le Pakistan contrôle les fleuves occidentaux (Indus, Jhelum et Chenab), qui concentrent 80 % du volume d’eau du bassin.
Des projets de barrages et le risque d’escalade militaire
En mai, la compagnie nationale d’hydroélectricité indienne a annoncé qu’elle comptait construire un tunnel pour détourner les eaux du bassin du Chenab vers celui du Beas. Islamabad y a vu une menace directe pour sa sécurité en eau. La confrontation militaire qui a suivi a fait plus de 70 morts, l’affrontement le plus meurtrier entre les deux pays depuis vingt ans.
Pour l’instant, les barrages indiens n’ont pas la capacité de couper entièrement les eaux destinées au Pakistan. Il faudrait pour cela en construire de nouveaux, des chantiers qui prendraient plusieurs années. Mais même un léger ajustement des débits suffit à perturber gravement l’irrigation et l’agriculture pakistanaises. Islamabad considère d’ailleurs toute modification du débit des fleuves comme un « acte de guerre » et met en garde contre des « conséquences dangereuses » pour la région et au-delà.
Les réactions et l’enjeu pour la région
Tahir Andrabi, porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères, dénonce une volonté indienne de « transformer en arme la question de l’eau ». Dans une zone déjà instable, une telle escalade pourrait se propager et menacer la sécurité internationale, pas seulement la paix régionale.
La communauté internationale suit le dossier de près, car le partage de l’eau pèse lourd dans une région aussi peuplée. Le climat politique reste tendu et plusieurs voix réclament une médiation pour éviter une escalade.




