Factures impayées : coupures en baisse mais précarité en hausse

Les impayés de facture d’énergie restent à un niveau très élevé en 2025. Si les coupures d’électricité reculent nettement, le nombre total d’interventions dépasse encore 1,2 million. Le dernier rapport du Médiateur national de l’énergie met en lumière une évolution des pratiques des fournisseurs, mais surtout une précarité énergétique qui s’installe durablement chez les ménages français.

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Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) : stoppons l’explosion de la facture d’électricité des Français ! | L'EnerGeek

Publié le 3 mars 2026, le rapport annuel du Médiateur national de l’énergie dresse un état des lieux précis des impayés d’électricité et de gaz enregistrés en 2025. Les enseignements sont clairs : la pression sur les budgets reste forte, malgré une légère amélioration des chiffres.

Energie : 1,2 million d’interventions pour facture impayée en 2025

Premier chiffre clé : « En 2025, 1,2 million d’interventions pour impayés ont été mises en oeuvre à la demande des fournisseurs », indique le médiateur, cité par Connaissances des Énergies. Ces interventions regroupent les coupures d’électricité, les coupures de gaz et les réductions de puissance.

Par rapport à 2024, le total recule de 3,7 %, selon RTL. La tendance est donc légèrement orientée à la baisse. Cependant, le niveau reste historiquement élevé. En effet, par rapport à 2019, dernière année avant la crise sanitaire, le nombre d’interventions a progressé de 79 %, d’après les données du médiateur. Autrement dit, la facture impayée est devenue un phénomène structurel.

Même si l’on observe un ralentissement par rapport au pic des dernières années, le volume global reste supérieur au million de ménages concernés.

Moins de coupures, plus de réductions de puissance

Le rapport montre un changement net dans la manière dont les fournisseurs gèrent les impayés.

Les coupures d’électricité diminuent fortement. Entre 2024 et 2025, elles baissent de 30 %, selon RTL. Elles sont passées de 203 767 en 2024 à 143 625 en 2025, dans son article du 3 mars 2026. Sur le long terme, la tendance est encore plus marquée : depuis 2019, les coupures d’électricité ont reculé de 48,7 %, d’après Connaissances des Énergies.

En parallèle, les réductions de puissance explosent. Elles ont été multipliées par 3,5 depuis 2019, selon le médiateur. En 2025, près de 948 000 limitations de puissance ont été enregistrées en électricité. Cette évolution s’explique en partie par la généralisation des compteurs communicants, qui permettent de réduire la puissance à distance plutôt que de procéder à une coupure totale. Bernard Doroszczuk observe ainsi que « les fournisseurs d’électricité ont été plus enclins à satisfaire » la demande de « ne plus couper l’électricité ».

Concrètement, la lumière ne s’éteint plus complètement, mais la puissance réduite limite fortement l’usage des appareils. La facture impayée entraîne donc toujours une contrainte réelle pour le ménage.

Factures : des difficultés de paiement en forte hausse

Au-delà des interventions techniques, le rapport souligne une dégradation du ressenti des ménages.

Selon le baromètre du médiateur publié en octobre 2025, 36 % des foyers déclarent avoir rencontré des difficultés pour payer certaines factures de gaz ou d’électricité au cours des douze derniers mois. Ils étaient 28 % en 2024 et 18 % en 2020, d’après les chiffres repris par RTL. La progression est nette. Autre indicateur préoccupant : 35 % des ménages disent avoir souffert du froid dans leur logement en 2025, contre 14 % en 2020.

Ces données montrent que la facture d’énergie ne pèse pas seulement sur le budget. Elle affecte aussi les conditions de vie. Le médiateur « réitère son appel à interdire les coupures d’électricité ».

Chèque énergie : un dispositif moins automatique

Le rapport pointe également les limites actuelles du chèque énergie. En 2024, 5,6 millions de ménages en ont bénéficié. En 2025, seuls 3,8 millions l’ont reçu automatiquement. La suppression de la taxe d’habitation a modifié les mécanismes d’identification des bénéficiaires. Bernard Doroszczuk souligne ainsi que « la suppression de l’automaticité du chèque énergie a complexifié l’accès au dispositif ».

Le message est clair : le filet de sécurité s’est fragilisé au moment même où les difficultés de paiement progressent. À l’approche de la fin de la trêve hivernale, fixée au 31 mars, 1,2 million de ménages ont été concernés par des interventions pour impayés en 2025. Le chiffre résume à lui seul la tension persistante autour de la facture d’énergie en France.

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