Wi-Fi dans les trains : pourquoi la connexion reste un défi européen

Les trains européens peinent à offrir un Wi-Fi décent, laissant des voyageurs frustrés.

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Trains français : pourquoi votre connexion Wi-Fi rame toujours autant malgré les promesses
Wi-Fi dans les trains : pourquoi la connexion reste un défi européen © L'EnerGeek

Aujourd’hui, se connecter en déplacement est presque indispensable. Les compagnies ferroviaires d’Europe mettent en avant le Wi‑Fi comme atout majeur pour séduire les voyageurs, mais sur le terrain, c’est une autre histoire. Beaucoup d’usagers râlent sur les problèmes rencontrés à bord, remettant en question la qualité du service.

Des soucis de connexion récurrents

Que vous empruntiez le TGV ou le TER en France, la galère est souvent la même. Envoyer un email se transforme en mission difficile, les sites web mettent une éternité à charger et le streaming devient un vrai défi. Et ce problème ne se limite pas à la France : d’autres pays européens font face aux mêmes critiques. Un article de Politico pointe déjà la qualité médiocre du Wi‑Fi dans les trains à travers l’Europe, reflétant le ras-le-bol de nombreux voyageurs.

La grande vitesse des trains joue un sacré rôle dans ces soucis. Un train filant à 200 km/h change de site cellulaire toutes les 45 à 60 secondes, compliquant la stabilité de la connexion. Luke Kehoe, analyste chez Ookla, explique que ce renouvellement rapide représente un sacré défi technique.

Limites techniques et géographiques

Les matériaux utilisés pour construire les trains n’arrangent pas les choses non plus. Traditionnellement, les fenêtres sont équipées de revêtements métallisés ou à faible émissivité, créant une sorte de cage de Faraday (qui bloque les ondes radio). Par ailleurs, l’usage restreint de certaines bandes radio joue aussi contre la qualité du service : la bande 5G peine à traverser des obstacles naturels comme les arbres, tandis que les fréquences 4G, même si elles contourneront mieux ces obstacles, transportent moins de données.

Sur le continent, la qualité du Wi‑Fi varie beaucoup d’un pays à l’autre. La Suisse se distingue avec des vitesses à bord supérieures à 25 mégabits par seconde, suivie par la République tchèque, et la France se positionne en troisième place. À l’inverse, la performance est 30 fois plus faible en Autriche et aux Pays‑Bas.

Des initiatives pour y remédier

Certaines compagnies ferroviaires s’efforcent d’améliorer la situation, même si les mises à jour ne sont pas données. Par exemple, la SNCB en Belgique a décidé d’abandonner l’installation du Wi‑Fi à bord, en raison des coûts élevés, et préfère investir dans le « décapage » des vitrages (pour faciliter le passage des signaux mobiles). Tom Guillaume, porte-parole de la SNCB, affirme que « les opérateurs télécoms doivent améliorer la qualité et la couverture du signal à proximité des infrastructures ferroviaires ».

D’autres opérateurs regardent aussi vers le satellite pour combler les manques du réseau terrestre. Les Chemins de fer tchèques testent actuellement le réseau Starlink d’Elon Musk, tandis que la SNCF étudie plusieurs constellations américaines ainsi que franco‑britanniques, comme Eutelsat.

Cela dit, cette solution n’est pas sans embûches. Comme explique Luke Kehoe : « Ce n’est pas une solution infaillible mais plutôt un complément dans le mix de connectivité global. » De plus, quand chaque passager active son propre point d’accès mobile, ça peut créer pas mal d’interférences.

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