Pour lutter contre le réchauffement climatique, ils ont voulu bloquer le soleil…

Derrière ce test avorté se cache une vraie question : peut-on (et doit-on) manipuler le climat pour lutter contre le réchauffement global ?

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Pour lutter contre le réchauffement climatique, ils ont voulu bloquer le soleil… © L'EnerGeek

Imaginez : il fait trop chaud, la planète surchauffe, les glaciers fondent. Alors des chercheurs décident d’attaquer le problème à la source. Leur cible ? Le soleil. Ou plutôt, son rayonnement. L’idée paraît folle, mais elle est 100 % sérieuse : réfléchir une partie des rayons solaires pour limiter le réchauffement climatique. Et comment ? En modifiant… les nuages.

C’est ce qu’on appelle le Marine Cloud Brightening (ou « éclaircissement des nuages marins », mais c’est moins classe). Le principe est simple : envoyer dans l’air de minuscules gouttelettes d’eau salée au-dessus de l’océan pour rendre les nuages plus blancs et plus réfléchissants. Résultat attendu : moins de chaleur qui atteint la surface de la Terre.

Un test top secret… sur un vieux porte-avions

Pour ce test grandeur nature, relate Politico, les scientifiques avaient choisi un lieu surprenant : l’USS Hornet, un ancien porte-avions de la Seconde Guerre mondiale, aujourd’hui musée flottant dans le port d’Alameda, en Californie.

À bord, une équipe de chercheurs soutenue par des milliardaires discrets, mais très motivés. Parmi eux : Chris Larsen (un magnat des cryptomonnaies), Rachel Pritzker (oui, de la célèbre famille Pritzker), ou encore des anciens de Google et de Twitter. Le tout financé à hauteur de 10 à 20 millions de dollars. Rien que ça.

Le plan ? Pulvériser des gouttelettes de sel au-dessus de l’océan, observer comment les nuages réagissent, et voir si on peut vraiment “baisser la lumière” du soleil. Mais le test n’aura pas duré longtemps…

Vingt minutes et le test est arrêté : mais pourquoi ?

Le 17 juillet 2025, tout est prêt. Les instruments sont installés, les scientifiques à leurs postes, les donateurs aux aguets. Et là… patatras. Au bout de vingt minutes, le test est interrompu d’urgence. Pourquoi ? Parce que la ville d’Alameda, sur laquelle est amarré le bateau, n’était même pas au courant. Ni les élus locaux, ni les habitants n’avaient été informés. Et quand la nouvelle s’est répandue, l’indignation a été immédiate. Résultat : stop immédiat. Aucun nuage n’a été modifié. Aucun rayon de soleil bloqué.

Science ou science-fiction ?

Derrière ce test avorté se cache une vraie question : peut-on (et doit-on) manipuler le climat pour lutter contre le réchauffement global ?

Les scientifiques du projet affirment qu’ils voulaient simplement tester les outils, sans impacter le climat lui-même. Mais beaucoup s’inquiètent des conséquences. Modifier des nuages, c’est peut-être aussi dérégler des pluies, des courants atmosphériques, des saisons entières. Bref, jouer avec des éléments qu’on ne contrôle pas totalement.

Et surtout : qui décide ? Aujourd’hui, ces expériences sont souvent financées par des fondations privées, sans cadre légal clair, ni concertation internationale. Or ces technologies pourraient affecter toute la planète… y compris les pays qui n’ont jamais été consultés.

Le soleil n’a pas fini d’être visé

Ce test n’est pas un cas isolé. En Suède, en 2024, un autre projet de masquage solaire avait déjà été annulé sous la pression populaire. Et pourtant, les financements continuent d’affluer. La Quadrature Climate Foundation prévoit de dépenser jusqu’à 40 millions de dollars dans ce domaine dans les années à venir, selon Scientific American.

Même l’Université de Washington, impliquée dans le test californien, affirme vouloir poursuivre ses recherches. Et l’ONG Environmental Defense Fund, jusqu’ici prudente, soutient désormais certains projets. Le soleil pourrait donc rester dans le viseur encore longtemps.

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