Canicule : une centrale nucléaire à l’arrêt à cause de la chaleur

Depuis le début de la semaine, une centrale nucléaire est à l’arrêt à cause de la canicule. Une situation rarissime pour le parc française.

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Canicule : une centrale nucléaire à l’arrêt à cause de la chaleur © L'EnerGeek

En raison de la canicule, la centrale nucléaire de Golfech a été arrêtée. La sécurité du site n’était plus garantie, les eaux de la Garonne étant trop chaudes, ne permettant plus d’assurer le refroidissement des réacteurs.


La canicule contraint EDF à mettre à l’arrêt la centrale de Golfech


Depuis le début de la semaine, le réacteur n° 1 de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) a été mis à l’arrêt en raison de la canicule. Le site a vu son unique réacteur actif stoppé après que la température de la Garonne a franchi le seuil réglementaire de 28 °C. Ce seuil, fixé par arrêté, interdit à EDF de continuer l’activité d’un réacteur si le rejet thermique dans le fleuve risque de dépasser cette limite. Le réacteur a donc été mis à l’arrêt préventivement.


EDF justifie cette décision par les fortes chaleurs persistantes dans la région. Le réacteur 2, quant à lui, était déjà hors service pour maintenance. Une situation rarissime, où la centrale se retrouve complètement à l’arrêt, en plein été, précisément lorsque la demande énergétique liée à la climatisation explose. Ce type d’interruption n’est pas inédit, mais il devient plus fréquent avec la répétition des épisodes de canicule. Le principe est simple : pour refroidir ses installations, une centrale pompe de l’eau dans un fleuve, puis la rejette légèrement plus chaude. Si cette température de rejet menace l’équilibre écologique du cours d’eau, l’arrêt devient obligatoire.


Pas de danger sur l’approvisionnement du réseau électrique


Malgré ce ralentissement, les autorités ne signalent aucune menace pour l’approvisionnement. Le gestionnaire du réseau, RTE, assure que les besoins nationaux sont couverts grâce à la montée en charge d’autres moyens de production comme les barrages hydroélectriques et le photovoltaïque. EDF, de son côté, relativise ces interruptions en rappelant qu’elles ne représentent en moyenne que 0,3 % de la production annuelle du parc nucléaire français.


Mais cette vision rassurante est loin d’être partagée par tous. La Cour des comptes alerte depuis plusieurs années sur la vulnérabilité croissante du parc nucléaire face au réchauffement climatique. Elle estime que les arrêts forcés liés à la chaleur pourraient être multipliés par trois ou quatre d’ici 2050 si aucune innovation n’est engagée. En 2003, lors de la première grande alerte climatique en France, les pertes de production nucléaire avaient atteint 1,43 % à l’échelle nationale. Un chiffre encore contenu, mais significatif dans un contexte d’augmentation constante de la consommation d’électricité.


Face à cette réalité, EDF est priée d’innover. La Cour des comptes lui recommande de revoir ses systèmes de refroidissement, trop dépendants des débits fluviaux et des températures saisonnières. Car l’électrification des usages, du chauffage à la mobilité, ne permet plus le moindre fléchissement de la production estivale.

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