Le 29 avril à 11 h 15, heure de Paris, un événement marquant a eu lieu au Centre spatial guyanais de Kourou. Le lancement du satellite Biomass par une fusée Vega-C, opérée par Arianespace, représente une étape de taille pour notre compréhension des écosystèmes forestiers mondiaux et leur rôle dans le cycle du carbone. Alors que les inquiétudes sur le réchauffement persistent, ce projet vise à fournir des informations indispensables sur les forêts tropicales, leur capacité à absorber le carbone et l’influence de la déforestation.
Un projet ambitieux pour décrypter nos forêts
La mission du satellite Biomass consiste à cartographier les forêts tropicales en trois dimensions. En évoluant à environ 666 km d’altitude, il s’appuie sur un radar à ouverture de synthèse en bande P (P-Band SAR), une technologie innovante dans l’espace. Grâce à ce système, il est possible de sonder jusqu’à 40 mètres sous le couvert forestier et d’obtenir des informations précises. Ces mesures serviront aussi à estimer la hauteur des forêts et à suivre divers bouleversements comme la déforestation, les changements d’utilisation du sol, les incendies ou encore la repousse. La mission est programmée pour durer au moins cinq ans, avec une phase de six mois pour calibrer le système avant de pouvoir exploiter pleinement les données récoltées. Selon Thuy Le Toan, « Biomass va faire baisser nos incertitudes sur la quantité et la répartition de la biomasse forestière » dans un communiqué du Cnes.
Combattre le réchauffement avec les infos du satellite
Les forêts jouent un rôle clé en absorbant environ un quart des émissions humaines de CO₂, tout comme les océans. Pourtant, en 2023, ces puits de carbone n’ont absorbé qu’un quart de leur capacité habituelle, ce qui pose un sérieux problème pour l’équilibre climatique mondial. En France, Hubert Schmuck a d’ailleurs signalé que le puits de carbone avait chuté de 50%.
Les informations fournies par Biomass devraient nous aider à mieux comprendre comment renforcer ces puits naturels. François Gemenne a ainsi déclaré : « Ce n’est qu’à partir de ce moment que les quantités de gaz à effet de serre dans l’atmosphère se stabiliseront, et que les températures pourront se stabiliser. »
Un climat qui inquiète mais offre aussi des perspectives
Depuis le XIXe siècle, l’activité humaine a fait grimper la température moyenne de la Terre d’environ 1,1°C. Cette hausse menace sérieusement l’avenir tant de nos sociétés que de la biodiversité. Plusieurs pistes ont été évoquées pour y faire face :
- adopter des énergies renouvelables,
- encourager la sobriété énergétique
- réduire notre consommation de viande.
Michael Fehringer insiste en déclarant : « Nos forêts sont en danger, nous avons besoin de ces données. » Ces informations seront indispensables pour mieux gérer nos ressources forestières et organiser notre réponse face aux défi climatiques.






