ARENH et TRV : vers une forte hausse des tarifs de l’électricité ?

ARENH et TRV : vers une forte hausse des tarifs de l’électricité ?

ARENH électricité

La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a confirmé, jeudi 29 novembre 2018, la réforme de l’Accès régulé à l’énergie nucléaire historique (ARENH). D’après ses chiffres, les concurrents d’EDF n’ont jamais autant commandé d’électricité issue du nucléaire. Parallèlement, une augmentation des Tarifs réglementés de vente (TRV) de l’électricité de 4 % est envisagée, dès le mois de février 2019…

ARENH : une demande des fournisseurs alternatifs trop importante 

Avec le mouvement des “Gilets Jaunes” et les contestations sur la fiscalité des carburants, l’exécutif est particulièrement vigilant sur les questions de pouvoir d’achat. Pourtant, les tarifs réglementés de vente de l’électricité pourraient augmenter de manière substantielle prochainement. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) fera des propositions pour que le prix de l’électricité reflète les coûts de l’énergie, mais aussi l’acheminement de l’électricité et sa commercialisation.

Dans son intervention sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie du 27 décembre 2018, Emmanuel Macron avait évoqué des modifications sur l’organisation du marché de l’électricité après 2025. Dans son communiqué du 29 novembre 2018, l’autorité indépendante confirme que des réflexions sont en cours sur l’ARENH et sur les TRV. La CRE souligne que les concurrents d’EDF ont déjà demandé 132 térawattheures dans le cadre de l’Arenh (42 euros par mégawattheure) pour l’année 2019. C’est plus que les 100 TWh que peuvent acheter les 69 fournisseurs alternatifs d’électricité chaque année.

Cette hausse importante de la demande oblige les fournisseurs d’énergie alternatifs à s’approvisionner en partie sur les marchés libres de gros, en hausse depuis 2016. L’association de consommateurs industriels et tertiaires d’électricité (CLEEE) a donc fait des calculs et prévoit une augmentation de 4 % à compter du 1er février prochain. Cela équivaut à un surcoût pour les consommateurs de 1,05 milliard d’euros en 2019 et 1,55 milliard d’euros en 2020.

L’exécutif face à un choix cornélien

Le gouvernement attend les propositions de la CRE, avant de trancher sur les tarifs début 2019. François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire a toutefois précisé lors du colloque de l’Union française de l’électricité qu’il attendait une hausse des prix de l’électricité « la plus modérée possible » afin de préserver le pouvoir d’achat des Français. Néanmoins le responsable écologiste a aussi souligné l’importance de couvrir les coûts de production. C’est pourquoi, il « demande à la Commission de régulation de l’énergie de fournir tous les calculs » afin de pouvoir décider en toute connaissance de cause.

Le gouvernement peut toujours décider d’une hausse plus faible que celle recommandée par la CRE, mais il s’expose à une décision contraire du Conseil d’Etat. Les prix devraient alors être une nouvelle fois revus à la hausse. En tout état de cause, les perspectives financières de l’entreprise pourraient donc encore s’améliorer. En effet, ainsi que le rappelle les journalistes de l’Opinion, “la valorisation boursière de l’électricien détenu par Bercy a grimpé d’une dizaine de milliards” en seulement un an.

Rédigé par : La Rédaction

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COMMENTAIRES

  • Les prix de l’électricité sont en hausse car la production pilotable baisse continuellement en Europe. Lundi 26 Novembre vers 8 h, le prix de gros en France était à plus de 200€/MWh. (voir site RTE eco2mix) Une hausse pour les consommateurs était inévitable.

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  • Ben voyons !

    On ne peut pas dire à la fois (je cite Dan) “que les renouvelables font chuter les prix”, “que les allemands ne ferment pas de centrales thermiques pilotables”, “que le nucléaire français fonctionne parfaitement bien”, “que la part de solaire et renouvelables sont infimes” et ensuite prétendre que la hausse vient d’un “manque d’énergies pilotables” !

    La hausse vient notamment de la hausse du prix du C02 (çà favorise donc renouvelables et nucléaire)

    Prix de marché de l’électricité :

    https://img.bfmtv.com/c/0/708/5a3/e276d333298370746b5ede66ff586.jpg

    Le mécanisme de régulation est victime de son succès. Il doit faire face à l’afflux des nombreux concurrents actifs dans l’Hexagone.

    La formule de calcul du tarif réglementé doit intégrer plusieurs facteurs, dont les prix de marché qui ont nettement augmenté depuis 2 ans (rien qu’en 1 an le prix du MWh a été multiplié par 1,5)

    Il faut tenir compte du vieillissement du parc nucléaire, de l’amélioration de la rémunération des centrales pour assurer la sécurité d’approvisionnement, du coût des certificats d’énergie, de la CSPE qui ne s’applique qu’en partie aux renouvelables etc

    On aura le détail de la CRE. Pour mémoire le prix Arenh sera supprimé en 2025.

    Le prix de l’électricité en France avait baissé de 0,5% en août.

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  • Comme le précise Selectra : “Comment ne pas subir une augmentation de la facture d’électricité ?”

    80% des foyers français qui restent clients d’EDF au tarif réglementé seront impactés. Toutefois, il est possible de ne pas voir exploser sa facture et même de la faire baisser :

    – En optant pour une offre à prix fixes sur 1, 2 ou 3 ans. Dès lors, vous serez plus à même d’estimer le montant de votre facture d’électricité sur une durée donnée et vous vous éviterez des mauvaises surprises.

    – En optant pour une offre d’électricité verte et plus indépendante du nucléaire.

    https://selectra.info/energie/actualites/marche/hausse-facture-electricite

    .

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  • Il faut sortir d’urgence de ce mecanisme debile ou on l’on fait augmenter exprès le tarif regulé pour que les concurrents puissent vendre a peine moins cher et en faisant des marges…

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  • @Energie+
    Vous travestissez certains de mes propos. Je n’ai jamais dit qu’en France , les “renouvelables” font baisser les prix et que le nucléaire fonctionne parfaitement bien. Si vous suiviez au jour le jour les données fournies par RTE, vous constateriez que lorsque les productions variables, que sont le solaire et l’éolien, sont basses et la demande élevée, les cours du prix de l’électricité augmentent significativement. Ces épisodes arrivent fréquemment et les productions pilotables ne sont plus suffisantes pour assurer l’équilibre du réseau. C’est enfantin à comprendre !
    Quand à l’Allemagne, pour vous tout va bien, il me semble, et conservent, pour l’instant, la majorité de leur parc thermique à flamme. Mais le prix du KWh TTC pour le consommateur est le double du notre, alors que leur prix de gros est plus faible : https://allemagne-energies.com/2018/09/01/erosion-des-moyens-de-production-pilotables-dans-lunion-europeenne/

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  • @ Dan :

    Pour votre information le prix de l’électricité est en hausse “quasi-continue” principalement à cause de la hausse du C02, vous pouvez le vérifier sur le lien que j’avais mis plus haut, ce n’est pas un phénomène “ponctuel” comme la courbe des prix en hausse quasi continue vous le démontre.

    Je sais que vous aimez bien accuser les renouvelables de tous les maux tout comme Bachoubouzouk mais là pas de chance çà les favorise.

    Nous sommes champions du monde en thermosensibilité liée au parc nucléaire et sa gabegie énergétique et nous devons corriger çà mais c’est long et coûte très cher. Nos pics de consommation sont les plus coûteux.

    C’est la raison pour laquelle il faut intervenir entre autres sur l’aspect thermique et chaleur et ne pas raisonner uniquement en électrique comme avait tendance à le faire JM Jancovici dans un article récent sur Energeek alors que son site Carbone4 a pourtant très bien souligné l’importance de la chaleur et du thermique.

    La variabilité de l’éolien et l’intermittence du solaire ne sont pas un problème technique majeur, d’abord en raison du très large réseau Entos-e et maillage associé, au courtes périodes pratiques avec minimum de vent et ensuite grâce aux technologies de stockage longue durée qui se mettent progressivement en place et qui répondent à plusieurs aspects à la fois, ce qui les rendent d’autant plus rapidement économiquement pertinentes : stockage, injection d’H2 dans le réseau en réduction des importations, production de biométhane (Power to gas), transports lourds (voire flottes captives types taxis etc), industries etc

    Les finlandais vont même plus loin puisqu’ils produisent des protéines à partir d’H2 ce qui a un bilan très favorable au plan agricole comme vous pouvez l’imaginer (voir Solar Foods).

    C’est juste pour citer quelques-unes parmi les multiples applications possible de la filière hydrogène biométhane pour faire largement baisser ses coûts alors que le stockage sous cette forme est déjà compétitif dans de plus en plus d’endroits et cas.

    On a un mix encore très incohérent en France de même que les allemands ont une mauvaise gestion globale de l’énergie car chaque Länder intervient donc il y a manque de coordination globale. C’est à peine mieux au niveau des approches frontalières de l’énergie que nous avions jusqu’à présent mais tout cela est en cours d’améliorations.

    Au plan européen et pour répondre à votre articule, on intervient désormais avec 8 pays autour de nous en particulier pour traiter les problèmes et notamment optimiser les connexions. Les aspects de votre article sont pris en compte.

    Vous noterez que ce même article souligne bien la fermeture de centrales thermiques en Allemagne comme en Europe alors que vous m’affirmiez le contraire et que je citais les chiffres officiels précis de fermeture ainsi que les prévisions.

    C’est bien la France qui est pour l’instant la plus potentiellement impactée comme votre lien le montre sur une carte et ce pour la période 2020/2025.

    Elle le serait moins si elle avait avancé comme il le fallait dans les renouvelables et le stockage, entre autres.

    De même on a la crise des gilets jaunes et leur impact global déjà très négatif en partie car les réseaux vendent encore des chaudières fuel et gaz et que les constructeurs de véhicules n’ont pas sorti un seul véhicule électrique à prix raisonnable dénué de gadgets et allégé alors qu’il y avait plusieurs programmes européens aboutis pour permettre des véhicules très allégés donc ayant nettement plus d’autonomie électrique et pouvant être nettement moins coûteux.

    On a incontestablement continué le BAU (business as usual)et çà n’a rien d’étonnant que beaucoup n’arrivent plus à boucler leur fin de mois à chaque hausse du pétrole. Alors que les gilets jaunes manifestent les pubs sur des véhicules thermiques peu efficients continuent soulignant le décalage de constructeurs auto et réseaux qui ont poussé à la consommation et vente de véhicules sur lequel ils font le plus de marges.

    De plus on importe en moyenne pour 56 milliards d’euros d’énergies fossiles par an alors que l’on produit notre énergie en France (électricité, hydrogène et dérivés décarbonés, biométhane, solaire, éolien etc) et en plus dans des départements souvent défavorisés chez qui ce retour d’argent serait bienvenu.

    A présent on va manquer de renouvelables et stockage décarboné et à chaque pic de consommation électrique lié à notre historique nucléaire on importera à prix de marché de l’électricité au mix encore assez fossile impacté par la hausse du CO2 qui n’a pas fini de monter d’ici 2030.

    Vous qui disiez qu’il était inutile d’ajouter des renouvelables et stockage décarboné, j’espère que vous allez comprendre que nous étions obligés de ne pas nous tenir en dehors de plusieurs marchés majoritaires au plan mondial dans les décennies à venir mais qui nous concernent aussi en France et pas seulement les renouvelables, le stockage, la chaleur, le thermique afin d’être indépendants en plus des aspects climatiques, mais aussi les transports, les technologies liées aux bâtiments (nous sommes en retard dans les bâtiments “net zero energy” et producteurs d’énergie ou passifs)

    EDF est encore à prétendre qu’il va baisser le coût du nucléaire d’ici 3 ans alors que çà n’est possible que très partiellement en abaissant la sécurité et çà ne sera pas assez compétitif pour autant.

    Dans tous les cas on n’a plus que 12 ans maximum pour le climat et çà dérape à peu près sur tous les plans. On sait très bien que le nucléaire est plus hors course que les renouvelables, que l’on regarde les rapports du Giec ou autres World Nuclear Industry Status Report, IEA (qui sous estime pourtant régulièrement les prévisions des renouvelables ) etc.

    Je note que vous admettez enfin que le prix de marché allemand de l’électricité était inférieur au nôtre depuis leur transition.

    Pour ce qui est des taxes j’ai un peu détaillé sur le lien ci-après même s’il faudrait rentrer dans le détail des taxes en question mais je n’ai pas le temps à l’instant. J’espère que vous comprendrez dans quelques années quels étaient leurs objectifs lorsque leur transition sera plus avancée mais vous pouvez déjà vérifier que la France perd des places en Europe au niveau prix de l’électricité qui augmente plus vite qu’en Allemagne et alors que le Danemark lui est en baisse.

    C’est ce à quoi toutes les projections passées s’attendaient.

    https://lenergeek.com/2018/11/30/sanctions-americaines-eoliennes-aluminium-chinois/

    .

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  • @Energie+
    Ce classement oublie que c’est EDF le plus gros, en valeur absolue, producteur et fournisseur (par l’hydraulique) d’électricité renouvelables. Les autres fournisseurs sont incapables d’approvisionner en continu leur abonnés en énergie renouvelables (seule une astuce comptable qui s’appelle “annualisation” leur permet de l’affirmer) et c’est le nucléaire majoritaire jusqu’à 100 % du mix total comme je vous ai déjà dit, qui alimente les consommateurs Français. Les chiffres sont disponibles sur le site de RTE.

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