Donald Trump : quelle politique énergétique aux Etats-Unis ? Donald Trump : quelle politique énergétique aux Etats-Unis ?

Donald Trump : quelle politique énergétique aux Etats-Unis ?

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Que sait-on réellement de la future politique énergétique de Donald Trump ? A n’en pas douter, l’ex-businessman adepte de Realpolitik et critiqué pour ses positions sur le réchauffement climatique ne sera pas le partisan d’un grand big-bang énergétique.

Donald Trump s’empare des problématiques énergétiques et environnementales

Le 20 janvier 2017, Donald Trump est officiellement devenu le 45e président des États-Unis. Quelques heures plus tard, le site de la Maison Blanche publiait un document intitulé « America First Energy Plan » qui, étonnamment, ne remet pas en cause les engagements pris lors de l’Accord de Paris. Il rappelle au contraire que les besoins énergétiques des Etats-Unis doivent « aller de pair avec une gestion responsable de l’environnement », précisant que « la protection de l’air pur et de l’eau potable, la conservation de nos habitats naturels et la préservation de nos réserves naturelles et de nos ressources resteront une priorité ». La conclusion du texte, résumant les ambitions énergétiques de Washington et traduite par le site internet canadien Le Devoir indique enfin « qu’un avenir plus radieux dépend de politiques énergétiques qui stimulent notre économie, améliorent notre sécurité et protègent notre santé. Avec les politiques énergétiques de l’administration Trump, cet avenir peut devenir une réalité ».

Une administration dans la main des compagnies pétrolières ?

Malgré les bonnes intentions affichées dans cette déclaration, la stratégie énergétique du leader de la première puissance mondiale continue d’être teintée de suspicion. Et pour cause, son administration semble complètement « trustée » par des défenseurs et parties prenantes de l’industrie pétro-gazière. Rex Tillerson, patron d’Exxon Mobil, a ainsi été nommé Secrétaire d’Etat tandis que Rick Perry (gouverneur du Texas) sera le prochain Secrétaire à l’énergie et que Scott Pruitt (procureur général d’État de l’Oklahoma) assurera la direction de l’Agence de protection de l’Environnement.

Mais en sollicitant ainsi énergéticiens et représentants d’Etats producteurs de pétrole, l’élu républicain ne confirme-t-il pas surtout son goût pour la Realpolitik ? Faut-il rappeler qu’en 2015, les USA sont devenus le premier producteur mondial de pétrole devant l’Arabie Saoudite ?

De Rockefeller à Exxon Mobil, rien de nouveau sous le soleil américain 

Pour mieux comprendre les choix du nouveau Président américain et l’importance des hydrocarbures outre-Atlantique, il est nécessaire d’effectuer un petit retour en arrière. De nos jours, Exxon Mobil reste la 2ème capitalisation boursière mondiale. La société, basée au Texas, disposerait de 22 milliards de barils de réserves prouvées, soit plus que BP, Shell ou Total, mais moins  qu’Aramco (Arabie Saoudite), NIOC (Iran) et PDVSA (Vénézuela). La multinationale contrôle 45 raffineries réparties dans 25 pays ; depuis ses origines, elle accorde une grande importance à l’aval pétrolier. Héritière de la fameuse Standard Oil créée en 1870 par John Davison Rockefeller, l’entreprise profite depuis cette époque de la bienveillance des autorités américaines, parfois coupables de corruption comme lors de l’adoption de la loi Sherman. Et c’est bien en s’appuyant sur cette ressource naturelle stratégique, que l’ancienne colonie britannique est parvenue à se hisser au rang de première puissance mondiale au XXème siècle. Déjà à la fin du XIXème siècle, l’auteur de L’or noir, la grande histoire du pétrole, Matthieu Auzanneau, expliquait « qu’aux Etats-Unis, s’opposer à la Standard Oil [devenait] futile »…

Charbon : le pari de l’innovation ?

En s’entourant de parlementaires rompus aux méthodes de l’industrie pétro-gazière, le responsable de l’exécutif espère peut-être obtenir des résultats tant sur le plan environnemental que sur le plan économique. Pour améliorer l’exploitation des énergies fossiles, l’ancien chef d’entreprise pourrait notamment miser sur l’innovation et l’investissement, dans le but d’accroître le rendement énergétique des outils de production.

Au sujet de la relance du charbon par exemple, des technologies permettant de réduire l’impact environnemental du thermique sont disponibles. En facilitant le remplacement des anciennes centrales à charbon par autant de centrales ultra-supercritiques, il est effectivement possible d’améliorer significativement l’efficacité énergétique et de réduire l’impact environnemental des installations thermiques. Une solution à ne pas négliger, alors que l’Administration de l’information énergétique américaine rappelle qu’en 2016, la consommation nationale de charbon a dépassé les 734 millions de tonnes.

Les énergies renouvelables pour un avenir encore plus radieux 

Après avoir déménagé de la Trump Tower au bureau ovale, le Président américain aura surement à cœur d’offrir aux investisseurs une certaine stabilité fiscale. Aussi, les aides accordées aux énergies renouvelables jusqu‘en 2020 par la précédente administration ne seront probablement pas remises en cause. A ce propos, le directeur général d’EDF Energies Nouvelles, Antoine Cahuzac, confiait récemment au journal Le Monde que « la profession dans son ensemble [n’anticipait] pas de changement rétroactif en matière de soutien fiscal aux énergies renouvelables ».

Si ces prévisions se vérifient, la part des ENR au sein du mix énergétique américain devrait donc continuer de se renforcer au cours de la prochaine mandature. Dans cette éventualité, le Clean Power Act, contrairement à l’Obamacare, pourrait être maintenu. D’autant que d’après un sondage réalisé après l’élection présidentielle de 2016, 86% des Américains se disent favorables aux énergies propres.

 

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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