La Réunion passe la barre des 160.000 chauffe-eau solaires

La Réunion passe la barre des 160.000 chauffe-eau solaires

chauffe-eau-solaire-la-reunion

Soucieuse, comme chaque territoire insulaire, de développer les énergies renouvelables et de mieux maîtriser l’évolution de sa demande en électricité, La Réunion ne ménage pas ses efforts en matière d’efficacité énergétique et est même devenue au fil des ans une véritable référence dans le déploiement des chauffe-eau solaires. Cofinancés dans le cadre d’un programme de soutien orchestré par EDF, la Région et l’Ademe, ces équipements équipent désormais plus de 60% des foyers de l’île, faisant de La Réunion la première région française en la matière et la deuxième région d’Europe juste derrière Chypre.

Les économies d’énergie au cœur des préoccupations

L’isolement des territoires insulaires non interconnectés au réseau électrique métropolitain comme la Réunion, la Guadeloupe, la Martinique ou encore la Corse (de manière partielle), explique la complexité de l’approvisionnement énergétique dans ces régions et le choix souvent contraint de l’énergie thermique comme principale ressource. A la Réunion, les objectifs de transition énergétique sont néanmoins ambitieux et prévoient de porter à 50% la part d’électricité d’origine renouvelable dans le mix électrique réunionnais (contre 35% aujourd’hui) d’ici 2020 et de rendre l’île 100% autonome en termes de production énergétique à l’horizon 2030. Des objectifs qui semblent difficilement atteignables en l’état actuel des choses…

Pour y tendre, La Réunion compte aussi bien sur l’exploitation croissante de son fort potentiel renouvelable que sur la modération progressive de sa demande énergétique, et incite depuis plusieurs années déjà les populations à mieux gérer et maîtriser leur consommation d’électricité, voire même à autoconsommer. Le programme « Agir Plus » développé par le groupe EDF en lien avec la région, l’Ademe, la SPL (société publique locale), et l’ADIL (l’Agence départementale d’information sur le logement), s’inscrit dans cette stratégie et prévoit plusieurs mécanismes d’incitation. Des offres spéciales sur des nouveaux produits (lampes LBC, LED, douchettes, régulateurs de jet et multiprises intelligentes ou coupe-veille, etc.), des aides financières pour encourager les projets de rénovation énergétique, des expertises de professionnels, des diagnostics et conseils, des mesures d’accompagnement pour tous les publics, du particulier au professionnel sans oublier les collectivités territoriales.

Un taux d’équipement en chauffe-eau solaires supérieur à 60%

Permettant d’économiser entre 150 et 220 euros par an en moyenne sur la facture d’électricité, le chauffe-eau solaire est particulièrement mis en avant dans ce cadre depuis le début des années 2000 compte tenu du fort ensoleillement dont bénéficie la région. Ce dispositif permet en effet de produire 50 à 80% de la consommation d’eau chaude d’une famille de 3 à 4 personnes et d’économiser jusqu’à 300 kg par an de rejets de CO2, par m² de capteur solaire (en comparaison à une chaudière thermique traditionnel). Il est par ailleurs largement subventionné par EDF qui offre une prime de 600 euros (sans conditions de revenus) aux particuliers qui souhaitent s’équiper d’une installation d’au moins 300 litres via un partenaire certifié. Cette aide peut être portée à 1200 euros pour les ménages les plus modestes, voire même aller jusqu’à la gratuité pour les foyers en situation de précarité.

Résultat, le chauffe-solaire a trouvé son public à La Réunion et le taux d’équipement de l‘île bat tous les records. Elle vient par exemple de franchir mercredi 11 avril 2018, le cap des 160.000 chauffe-eau solaires installés, soit plus de 60% des foyers de l’île, et confirme ainsi sa place de deuxième région européenne derrière Chypre. « Nous souhaitons célébrer un cap important pour notre île. Des clients ont fait le choix du chauffe-eau solaire pour faire des économies d’énergie et on a célébré cette étape », explique sur Infos 974 Sandy Herbillon, chef du service efficacité énergétique à EDF Réunion. « Le prix moyen d’un chauffe-eau solaire est autour de 2.500 euros. Mais cela représente une économie de 40% sur une facture d’électricité », ajoute-elle.

Pour des chauffe-eau solaires à la portée de tous

Rappelons que l’achat et la pose d’un chauffe-eau solaire sont également éligibles au crédit d’impôts transition énergétique à hauteur de 30% (cumulable avec le programme « Agir Plus »), et qu’il suffit pour en bénéficier de respecter trois conditions minimum : la pose doit être réalisée par un professionnel RGE, « reconnu garant de l’environnement » pour sa compétence et contrôlé par les organismes de certification ; le chauffe-eau doit respecter des critères minimum de performance fixés par les textes législatifs et réglementaires en vigueur ; et le chauffe-eau doit être installé dans un logement existant depuis plus de deux ans.

L’Union européenne enfin, via le Fonds de Développement Européen de la Réunion a elle aussi décidé de soutenir le déploiement de chauffe-eau solaires sur l’île en débloquant un budget de 19 millions d’euros d’ici 2020, afin d’équiper les logements sociaux, toujours faiblement équipés du fait du surcoût de l’installation.

Crédits photo : EDF

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
sam 11 Juin 2016
L'énergie éolienne offshore a le vent en poupe dans le Nord de l'Europe. Neuf pays européens se sont en effet réunis lundi 7 juin pour signer un accord de coopération qui vise à favoriser le développement de l'énergie éolienne dans…
ven 16 Mai 2014
Alors que la majorité des  grands barrages français ont été construits il y a plusieurs décennies, les chantiers hydrauliques sont devenus de plus en plus rare. Un nouveau chantier de ce type est donc un petit événement, d’autant plus quand…
lun 29 Juin 2015
Le groupe EDF Energy Renewables, filiale britannique du groupe EDF EN, a officialisé le lundi 15 juin dernier le lancement d'une première phase d'investigations géologiques sur le site de Blyth dans le Nord de l'Angleterre. Le projet en question, "The…
lun 12 Déc 2016
Près d'un mois après l'élection du républicain Donald Trump, nombreux sont ceux qui s'interrogent sur les intentions réelles du futur Président des Etats-Unis et sur les suites qu'il entend donner à l'engagement climatique du pays. Loin d'être rassurante, la nomination du climato-sceptique Scott Pruitt…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *