Les émissions mondiales de CO2 ont augmenté en 2017

Production d’énergie : les émissions mondiales de CO2 ont augmenté en 2017

energies-fossiles-co2-rechauffement-climatique

Après trois années d’une stagnation prometteuse, qui tranchait avec les records battus en matière d’émissions mondiales de gaz à effet de serre tous secteurs confondus, les rejets de CO2 liés à la production d’énergie sont repartis à la hausse en 2017. Le secteur de l’énergie aurait en effet enregistré une augmentation inquiétante de ses émissions à l’échelle internationale de 2% l’année dernière, du fait d’un retour en première en ligne du charbon et du gaz dans de nombreux pays producteurs.

Confirmant les prévisions réalisées par le Global Carbon Project en novembre 2017, les premières estimations publiées lundi 29 janvier 2018 par le cabinet Enerdata laissent peu de place à l’optimisme. Les émissions mondiales de gaz carbonique liées à la combustion des énergies fossiles (gaz, charbon, pétrole) auraient augmenté de 2% en 2017 après trois années de stagnation consécutives, en raison principalement d’une exploitation croissante du charbon et du gaz.

Un rebond des énergies fossiles en Chine, en Inde et aux Etats-Unis

Selon Enerdata, trois pays seraient principalement mis en cause ici. La Chine tout d’abord a vu sa consommation de charbon augmenté de 3,7%, ses importations de gaz et notamment de gaz naturel liquéfié de 50%, et sa demande de pétrole de 6%. « Ce rebond est le résultat de la hausse de la consommation d’électricité et d’un relâchement des restrictions réglementaires sur le charbon, dans un contexte de croissance économique forte », explique le cabinet d’études. L’Inde ensuite a enregistré une hausse de sa consommation de charbon de 4% et de sa demande de pétrole de 2% tandis que les Etats-Unis, déjà gros consommateurs de gaz de schiste, ont vu leur consommation de charbon prendre un point supplémentaire, du fait d’une hausse des prix du gaz et de la politique incitative de Donald Trump, largement favorable au énergies fossiles.

Précisons toutefois que ce premier résultat n’est qu’une estimation, Enerdata ayant dû extrapoler les données pour le dernier trimestre 2017 des dix pays les plus gros consommateurs de chaque énergie. Cette estimation peut donc encore évoluer en fonction des températures observées fin 2017, qui influencent les consommations de gaz, même si « la hausse des émissions est certaine », affirme à l’AFP Nathalie Desbrosses, membre du cabinet d’études et co-auteure du rapport à venir.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
jeu 15 Juin 2017
Dans le cadre des nouvelles réglementations environnementales et thermiques (RE2018 ou RT2020) liées à la rénovation énergétique des logements ou bâtiments existants, l’isolation thermique des murs (comme des combles) se retrouve logiquement sur le devant de la scène. Premier rempart…
mer 29 Nov 2017
Vendredi 24 novembre, dans une copropriété en cours de rénovation du 12e arrondissement de Paris, le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, et son homologue de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, ont dévoilé à la presse…
dim 25 Sep 2016
Le 27 septembre, la ministre de l’Energie, Ségolène Royal, participe au 15ème Forum International de l’Energie, organisé à Alger. A cette occasion, en plus d’évoquer l’après COP21, la ministre qui occupe le troisième rang protocolaire au sein du gouvernement français…
lun 19 Oct 2015
Mi-octobre, Ségolène Royal a proposé d'instaurer un « prix plancher du carbone pour le secteur électrique en France », avant d’adopter un « prix mondial et unifié ». Une volonté qui est soutenue par EDF et le prix Nobel d’économie, Jean Tirole, à la…

COMMENTAIRES

  • En complément :

    Le nouveau rapport du Conseil consultatif scientifique des académies européennes (EASAC), qui conseille l’Union européenne et est composé des académies scientifiques nationales des 28 États membres, prévient que le recours aux « technologies d’émissions négatives » (NET) au lieu des « réductions d’émissions » pourrait échouer et entraîner un réchauffement climatique sévère et des conséquences graves pour les générations futures.

    Le rapport évalue l’éventail des technologies possibles, y compris la « bioénergie avec captage et stockage du carbone » (BECCS).

    La plantation de nouvelles forêts et l’amélioration des sols pourraient éliminer le CO2 de l’air à un coût relativement faible, mais actuellement le monde perd des arbres et du sol et inverser cette tendance est déjà un défi majeur.

    L’avenir le plus prometteur en matière de haute technologie est de filtrer le CO2 directement hors de l’air, mais il n’existe actuellement qu’une seule usine de ce type dans le monde, ne piégeant que 1 000 tonnes par an. Outre les difficultés techniques, il n’ y a pas non plus de taxe généralisée ou importante sur les émissions de CO2. Pour l’instant, personne ne le fera, car personne ne paiera.

    Néanmoins, la recherche et le développement sur les NETs doit se poursuivre, car elles pourraient jouer un rôle important dans le traitement des émissions très difficiles à éviter, comme celles de l’industrie aéronautique mondiale.

    Le message principal est donc clair et porte avant tout sur la « réduction des émissions » le plus rapidement possible.

    « Le réchauffement de la planète et les changements climatiques qui y sont associés constituent un problème mondial et, par conséquent, la réduction des gaz à effet de serre à l’origine de ce processus est un défi mondial. Historiquement, l’Union européenne a pris une position de premier plan dans les négociations internationales sur ce défi critique, et nous espérons que cette analyse renforcera non seulement la détermination de l’Union à s’attaquer au changement climatique, mais lui permettra de placer la perspective des futures technologies d’émissions négatives dans sa propre perspective », a déclaré Thierry Courvoisier, Président de l’EASAC.

    https://easac.eu/press-releases/details/negative-emission-technologies-will-not-compensate-for-inadequate-climate-change-mitigation-efforts/

    .

    Répondre
    • D’autant plus que le piégeage du CO2 contenu dans l’air consommerait des quantités immenses d’énergie, et l’avenir est plutôt au rationnement de l’énergie qu’à son abondance.

      Répondre
  • L’IEA souligne à juste titre le déficit de « chaleur renouvelable » dans les politiques énergétiques malgré leur important impact favorable :

    « Les combustibles fossiles fournissent actuellement plus des 3/4 de la production de chaleur dans le monde, entraînant d’importantes émissions de CO2 tout en aggravant la pollution atmosphérique. »

    Les options de chauffage renouvelable, « bioénergie, énergie solaire thermique en particulier dont hybride et géothermie » sont des options beaucoup plus durables que les combustibles fossiles, mais elles rencontrent de multiples obstacles économiques et non économiques. Alors que de nombreux pays concentrent leurs politiques sur l’électricité renouvelable, la chaleur renouvelable retient beaucoup moins l’attention.

    Cela représente une énorme opportunité de réduction des émissions car la consommation de chaleur représente plus de 50% de la consommation finale totale. Il est d’une importance vitale non seulement pour le chauffage de l’espace et de l’eau mais également pour de nombreux processus industriels. Malgré cette importance, la chaleur reste le géant endormi de la politique énergétique.

    Pourtant près de 70% de la chaleur en Suède provient d’options renouvelables, 50% au Danemark, 40% en Finlande. Une partie de la raison de ce succès réside dans les vastes réseaux publics de chauffage urbain qui ont été développés au fil des décennies, associés à des ambitions à long terme pour passer aux énergies renouvelables.

    La chaleur renouvelable dans ces pays est également de plus en plus utilisée dans les bâtiments non reliés au chauffage urbain, ainsi que dans l’industrie. Les instruments politiques clés pour soutenir ce changement ont inclus des taxes sur le carbone et des incitations à l’investissement, souvent associées à des mesures réglementaires. Par exemple le Danemark a restreint l’utilisation du chauffage à combustible fossile dans certains types de bâtiments.

    Pour surmonter les obstacles, une gamme d’instruments de politique sont déployés tels que les obligations en matière de chaleur renouvelable dans les codes du bâtiment et une gamme d’incitations financières. À cet égard, les services publics locaux peuvent être des moteurs importants du changement, avec des objectifs ambitieux en matière de chaleur renouvelable, par exemple à Paris et à Munich.

    http://www.iea.org/newsroom/news/2018/january/commentary-more-policy-attention-is-needed-for-renewable-heat.html

    .

    Répondre
    • Oui si on regarde le débat énergétique en France, il est focalisé sur l’électricité.

      Normal, l’Etat contrôle le principal acteur qu’est EDF et peut donc lui faire avaler toutes les couleuvres. Mais s’attaquer au gaz ou au pétrole, non mais vous n’y pensez pas !

      Répondre
    • Pour info plusieurs grands producteurs de PV chinois sont désormais 100% renouvelables !

      Et comme le souligne JM Jancovici le dérapage date d’avant la transition énergétique ! : « Les émissions planétaires ont cru de 40% depuis 1990, alors qu’il leur faudrait avoir déjà baissé de 25% pour être en ligne avec l’objectif « 2°C ». En France, les émissions nationales ont certes baissé de 15% depuis l’année de Rio, mais, avec nos importations, le mode de vie du pays émet en fait 25% de plus qu’en 1992. »

      https://jancovici.com/publications-et-co/articles-de-presse/la-tete-sans-les-jambes/

      .

      Répondre
      • En termes d’émissions par habitant (P2/8 du rapport) (de mémoire on est autour de 11 tCO2hab/an actuellement) :

        http://www.carbone4.com/en-20-ans-les-francais-ont-pris-du-poids/

        . « Le premier poste impactant est l’alimentation, qui représente près du quart des émissions du Français, avec un impact important de la viande (38% du poste alimentation)

        • Le deuxième poste d’émission concerne les achats de produits manufacturés, qu’il s’agisse de biens courants ou d’investissements, à l’exception de la construction du logement (23% du total) On trouvera dans ce poste textile, électroménager, électronique grand public, voiture, mobilier, etc., avec bien souvent une fabrication à l’étranger.

        • Le troisième poste concerne les déplacements personnels (18% du total). L’usage de la voiture représente 80% des émissions de ce poste. Bien que les déplacements aériens soient concentrés sur une faible fraction de la population (chaque année, 1 français sur 4 prend l’avion et sur une faible quantité de voyages (40 millions de trajets personnels individuels), ils représentent 18% Les 2% restant représentent l’impact des transports en commun. »

        Le PV n’a pas grand chose à voir d’autant qu’avec les modes de fabrication actuels son bilan est favorable en très peu de temps !

        Répondre
      • Si j’avais cité Jancovici, je pense que, comme à votre habitude, vous m’auriez dit que c’est un nucléocrate et que tout ce qu’il dit n’est pas crédible.

        Répondre
  • Quant au P.V., c’est vite dit que, globalement, son bilan est favorable en très peu de temps. Ceci n’est pas une évidence ! Et vous faites confiance aux entreprises chinoises qui annoncent que les panneaux Photovoltaïques sont fabriqués 100 % renouvelables ! C’est à peine croyable .

    Répondre
  • Cette remontée des émissions de CO2 (avec la conso énergétique) illustre le fait que le potentiel d’économie d’énergie n’est vraiment pas aussi important qu’on ne le dit.

    N’oublions pas que les progrès les plus faciles (les moins chers, les plus rentables) sont ceux qu’on met en œuvre en premier. Plus on avance, plus ça devient difficile.

    Baser ses plans sur une future stabilité (voire même large décroissance) de la conso énergétique à PIB constant ou croissant est donc probablement assez illusoire.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *