Paris présente son nouveau plan d’action pour le climat

Paris présente son nouveau plan d’action pour le climat

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Alors que les 197 délégations signataires de l’Accord de Paris sur le climat sont réunies à Bonn en Allemagne depuis le 6 novembre 2017 pour passer de la parole aux actes, la ville de Paris renforce encore davantage son engagement en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. La Mairie a dévoilé, mardi 7 novembre 2017, les dessous de son nouveau plan de bataille contre le changement climatique avec pour objectif de faire de la capitale française, « une ville neutre en carbone et 100% énergies renouvelables d’ici 2050 ».

Mobilité propre et circulation, une priorité pour la mairie

Ville hôte de la COP21 en 2015, la ville de Paris entend bien garder le leadership sur les questions climatiques. Sous l’impulsion d’Anne Hidalgo, Paris veut rester une référence en la matière et multiplie pour cela les annonces ambitieuses. Après s’être dotée en juillet dernier d’un fonds vert pour le climat à l’échelle de l’agglomération dans le but d’attirer les investisseurs et entreprises, la mairie a dévoilé mardi 7 novembre un nouveau plan d’action pour le moins exhaustif. Pas moins de 500 mesures y sont détaillées dont les plus emblématiques concernent l’amélioration de la qualité de l’air.

Outre l’objectif déjà connu de sortie du diesel en 2024 et des véhicules essence en 2030, la mairie de Paris réfléchit avec la région Île-de-France à la transformation du boulevard périphérique. « Une voie réservée pour le covoiturage », comme cela est déjà pratiqué dans d’autres pays (en Espagne par exemple), permettrait de régler en partie les problèmes de trafic qui empoisonnent la capitale, explique Célia Blauel, l’adjointe écologiste chargée de l’environnement à la mairie de Paris. Un travail sera également mené avec la métropole sur la mise en place d’une « zone de circulation restreinte », tandis que le vélo sera une fois de plus largement mis en avant. Ce plan vise notamment à faire de Paris une ville 100 % cyclable à l’horizon 2020.

Baisse de la consommation, rénovation énergétique et renouvelables

Mais la circulation n’est pas le seul levier sur lequel la ville de Paris entend s’appuyer. La mairie souhaite également diviser par deux la consommation d’énergie locale et compte pour cela sur un vaste programme de rénovation énergétique des bâtiments. Paris a consommé en 2014 plus de 36 TWh d’énergie dont 85% par les 110.000 immeubles parisiens, tertiaires et résidentiels. 95% des immeubles de 2050 sont déjà construits et la première étape de ce plan consistera donc à réduire de plus d’un tiers les consommations énergétiques d’ici 2030. La ville prévoit pour cela de rénover 50 millions de mètres carrés de commerces, de bureaux, d’hôtels, et d’établissements publics d’ici 2050 et de développer la végétalisation des espaces (débitumer les cours d’école par exemple), pour mieux s’adapter aux périodes de canicule. Côté logements privés, elle prévoit d’amplifier dès 2020 la rénovation thermique des logements en proposant les moyens d’assurer une meilleure isolation, pour atteindre 5 000 logements par an, soit 1 million d’ici 2050.

Paris propose aussi de produire localement 20 % d’énergies renouvelables (en développant les toitures et centrales solaires, la géothermie ou la récupération d’énergie par exemple), contre seulement 5% en 2014 sur les 17% d’énergies renouvelables consommées cette même année. Cette part devra passer à 25% en 2020, 45% en 2030 et 100% en 2050, tandis que son réseau de chaleur devra être composé à 75% d’énergies renouvelables en 2030 et 100% en 2050.

Un appel à l’action à destination des riverains et du gouvernement

En fin de compte, parmi ces 500 mesures, seules 70 relèvent véritablement de l’action de la ville de Paris en elle-même et « quarante sont de l’ordre du plaidoyer » pour « appeler les pouvoirs publics à prendre les mesures nécessaires » vers la transition énergétique. « Le reste dépend d’une action conjointe de la ville et des territoires alentours », précise Célia Blauel. Si la ville a toujours défendu l’importance du rôle joué par les grandes métropoles mondiales dans le combat climatique (surtout lorsque les états se désengagent à l’instar des Etats-Unis par exemple), elle compte donc également sur ses partenaires territoriaux, ses habitants et l’Etat pour l’accompagner.

Rappelons enfin que Paris est membre du réseau C40 dont l’objectif est de fédérer les initiatives des grandes métropoles pour lutter ensemble contre le réchauffement climatique. Ce réseau a pour but d’accélérer la mutation écologique à l’échelle des villes et vise donc à développer et mettre en place des mesures politiques et des programmes afin d’aboutir à des réductions notables du gaz à effet de serre et des risques climatiques. Le nouveau « plan climat » parisien sera présenté au Conseil de Paris des 20, 21 et 22 novembre 2017, et fera l’objet d’une consultation publique de décembre à février pour « recueillir les avis des habitants, de la métropole, de la Région et de l’Etat ». Avant son adoption finale en mars 2018 par le Conseil de Paris.

Crédits photo : C40 Cities

Rédigé par : La Rédaction

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