La radioactivité, un phénomène avant tout naturel

La radioactivité, un phénomène avant tout naturel

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L’utilisation des rayonnements ionisants dans la production d’électricité ou les examens médicaux peuvent parfois nous amener à questionner ses conséquences sur notre organisme. Or, la radioactivité est un phénomène physique naturellement présent dans notre environnement. Issue de la Terre, de l’atmosphère, de notre alimentation et même de notre corps depuis des millénaires, elle ne représente, à cette échelle, aucun danger pour la santé. Explications.

La radioactivité, c’est quoi ?

Découverte en 1896 par le physicien Français Henri Becquerel, la radioactivité résulte de la transformation d’un noyau d’atome instable en noyau plus stable avec libération d’énergie. En se fissurant, les noyaux de ces atomes instables éjectent des particules (protons, neutrons ou les deux), dégagent de l’énergie et émettent des rayonnements ionisants tels que les rayons alpha, bêta, gamma (analogue aux rayons X). Cette énergie est ensuite exploitée par l’homme dans de nombreux secteurs d’activité.

L’intensité de la radioactivité dépend du nombre d’atomes radioactifs qui se transforment par seconde, et se mesure en Becquerel (1 Bq = 1 transformation par seconde). Pour mesurer la dose absorbée par un organisme ou un objet exposé aux rayonnements, on utilisera une autre unité, le Gray (Gy), correspondant à l’énergie cédée par unité de masse (1 gray = 100 rads = 1 joule par kilo de matière irradié). Enfin, une troisième unité, le Sievert (Sv) permet quant à elle de mesurer les effets du rayonnement sur l’homme. Le Sievert (Sv) n’exprime pas la dose absorbée mais la « dose effective » pondérée par un facteur de risque spécifique pour chaque tissu ou organe.

Les origines naturelles de la radioactivité

De manière générale, la radioactivité est présente dans notre environnement naturel depuis plus de quatre millénaires et nous y sommes tous exposés au quotidien. Rayons cosmiques et solaires, sols des régions granitiques, certains composants de notre alimentation ou même parfois le corps humain lui-même, les sources de la radioactivité sont nombreuses et ne présentent pas de risques sanitaires spécifiques pour l’homme. On estime qu’en France, la dose moyenne de rayons ionisants reçue naturellement par la population chaque année est de 2,9 millisieverts, soit environ 70 % de notre exposition totale à la radioactivité.

Parmi ces sources d’exposition, les radiations émises par la Terre en uranium et thorium (54 %) et les rayons cosmiques (11 %) représentent à eux seuls 65 % des radiations que l’homme reçoit en une année. Certaines zones géographiques exceptionnellement riches en matières radioactives naturelles comme la région du Kerala en Inde (on y mesure une dose de 70 millisieverts par an), la plage de Guarapari au Brésil, la ville de Ramsar en Iran, ou encore les sources thermales de Bad Gastein en Autriche, sont donc plus exposées à cette radioactivité naturelle sans pour autant entraîner de conséquences réellement néfastes sur la santé de leurs habitants. Les rayons provenant de l’espace et du soleil représentent eux aussi une source importante de radioactivité naturelle à laquelle nous sommes tous davantage exposés en altitude, lors d’un voyage en avion par exemple. Enfin, le radon issu des sols granitiques, mais également le potassium 40 et le carbone 14 présent dans le corps humain sont d’autres sources d’émissions connues, mais ne présentent là encore pas de risques réels tant les doses émises restent faibles.

Une exposition artificielle minimale

Les 30 % restants renvoient à la radioactivité artificielle que l’on retrouve principalement dans le domaine médical (25%), les appareils électroménagers (4 %) et les centrales nucléaires exploitées par EDF qui ne représentent en moyenne que 0,01 % de l’ensemble des radiations que nous recevons chaque année (l’industrie électronucléaire ne rejette qu’une dose minime de 0,001 mSv par an et par centrale). Ces radiations artificielles sont d’ailleurs strictement réglementées et ne doivent pas dépasser 1 millisievert par an (mSv/an) pour la population et 20 mSv/an pour les travailleurs de l’industrie nucléaire.

Sur le plan médical, la radioactivité a permis d’innover et de mettre au point de nouvelles méthodes et techniques d’examen plus efficaces. Elle est aujourd’hui intégrée dans tous les domaines de la médecine et ne présente aucun risque pour la santé des patients puisque seuls les rayons X chargés de photons ou de « particules de lumière » sont exploités. Ces rayons X sont des rayonnements ionisants invisibles capables de traverser le corps humain qui les arrête partiellement, présentant ainsi une image atténuée de nos différents organes. Le rayonnement reçu n’excède d’ailleurs jamais 0,02 millisieverts (mSv) lors d’une radio panoramique ou 2 mSv pour une mammographie, soit des quantités bien inférieures à celles liées aux rayonnements d’origine naturelle.

Si la radioactivité est souvent décriée pour sa dangerosité, il est nécessaire de rappeler que son caractère nocif dépend de l’intensité des rayonnements et de la durée d’exposition à ces rayons. A faible dose et de façon ponctuelle, la radioactivité ne constitue donc pas un danger pour l’homme.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Les données rapportées à un an ne sont pas précises puisque par exemple l’impact sur la stérilité peut s’avérer rapide à exposition pourtant faible.

    Le niveau de radioactivité global augmente avec les différentes exploitations de ce secteur et les dérives continuent et sont impossible à contrôler et maîtriser entièrement alors que la durabilité est très forte (mieux vaut par exemple ne pas abuser notamment du sanglier en Europe ou au Japon !). Les mesures jusqu’à présent étaient imprécises et l’imagerie entre autres a permis de mieux visualiser des sites comme autour de Fukushima que l’on croyait avoir restaurés.

    Comme le relève également l’IRSN au seul plan du fonctionnement : « L’exposition dans le secteur nucléaire pourrait être sous-estimée. Il est probable qu’une fraction non négligeable de l’effectif attribué à l’industrie non nucléaire soit en réalité des travailleurs d’entreprises qui interviennent en sous-traitance des exploitants nucléaires ».

    L’IRSN demande donc de considérer avec prudence les résultats par secteur d’activité

    https://www.actu-environnement.com/ae/news/radioactivite-radioprotection-travailleurs-nucleaire-exposition-irsn-29626.php4

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