Les investisseurs en énergies vertes ont-ils peur de Donald Trump ?

Les investisseurs en énergies vertes ont-ils peur de Donald Trump ?

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Alors que le cabinet d’audit EY spécialisé dans le secteur des énergies vient de rendre son rapport annuel sur les pays les plus attractifs en matière d’énergies vertes, il s’avère que la donne est clairement en train de changer. Sans réelle surprise, la Chine et l’Inde tiennent le haut de ce classement. En revanche, la position des Etats-Unis est plus surprenante : en troisième place du classement, le pays peine à attirer les investisseurs en énergies vertes. Mais est-ce vraiment la priorité américaine ? Alors que l’industrie pétrolière américaine connait une embellie surprenante, il s’avère que les investissements dans le secteur énergétique américain sont plus que jamais incertains.

La Chine et l’Inde, moteurs de la croissance verte

Le classement annuel du cabinet EY vise à lister les pays qui attirent le plus les investisseurs en énergies vertes. Avec la montée en puissance des énergies renouvelables dans le monde, ce classement est de plus en plus suivi et représente un indicateur de bonne santé du secteur. Surtout, il souligne une tendance très importante : une nouvelle donne énergétique est en train de s’installer à l’échelle mondiale : les deux premiers pays du classement EY sont ainsi la Chine et l’Inde.

Depuis 2015, la Chine accapare la première place du podium, et la tendance n’est pas prête de s’inverser. Lancée à pleine vitesse dans un développement énergétique sans précédent, la Chine parie sur les énergies renouvelables pour développer son potentiel. En janvier 2017, le gouvernement chinois a annoncé un plan d’investissements pour développer les énergies alternatives. Et pour remplir ses objectifs, le pays s’est doté d’un budget record de 97 milliards d’euros. Un budget qui permet à la Chine de peser à elle seule 17% des investissements mondiaux dans les énergies vertes pour l’année 2017.

En Inde aussi les investissements dans le secteur de l’énergie connaissent un boom. Avec actuellement les deux tiers de son électricité qui proviennent de centrales à charbon et dans le même temps 40 millions de foyers qui ne sont toujours pas raccordés au réseau électrique, l’Inde doit relever un défi énergétique immense. Et si le gouvernement indien souhaite développer un parc nucléaire pour répondre à ses besoins immédiats, c’est pourtant sur les énergies alternatives qu’il parie l’essentiel de ses ressources financières. L’Inde investit massivement dans l’énergie verte et espère ainsi en obtenir une part de 57% de son mix énergétique national à l’horizon 2027. Cette dynamique économique autour du développement des renouvelables attire les investisseurs en énergies vertes et permet à l’Inde d’assurer sa seconde place dans le classement.

Les investisseurs en énergies vertes se méfient de Trump

Les Etats-Unis complètent le podium 2017 des investisseurs en énergie verte. La troisième place américaine peut surprendre du fait du dynamisme habituel du pays en matière d’énergie. Pourtant, le budget des investissements américains en matière d’énergie verte représente péniblement 30% du budget chinois. Un décalage qui explique la troisième place américaine. Dès sa campagne présidentielle, le président Trump ne cachait pas sa préférence pour les énergies fossiles, notamment le pétrole et le charbon. Dans un tel contexte politique, le discours du président américain et le manque de subventions pour les renouvelables ont fait l’effet d’une douche froide sur les investisseurs qui préfèrent désormais se diriger vers d’autres : l’Europe et l’Amérique du Sud, bien classées dans la liste EY, représentent désormais des opportunités d’investissements plus favorables.

Rebond pour le secteur pétrolier aux Etats-Unis

Si les Etats-Unis investissent si peu dans les renouvelables, c’est parce qu’ils privilégient actuellement un autre secteur de l’énergie. On constate ainsi une envolée des investissements dans le secteur des hydrocarbures. La raison ? L’administration Trump a pris toute une série de décisions pour alléger le cadre réglementaire de l’activité pétrolière et offrir des conditions fiscales avantageuses aux investisseurs qui sont revenus massivement sur les terres américaines. Une embellie dont le Canada se serait bien passé : les investisseurs qui s’étaient rabattus sur le pétrole canadien préfèrent désormais retourner sur le marché américain pour investir. Selon une étude publiée début octobre 2017 par l’Institut Economique de Montréal, les investissements pétroliers et gaziers pour 2017 vont augmenter de 38% aux Etats-Unis par rapport à 2016.

Il faut dire que dès son arrivée au pouvoir en janvier 2017, le président Trump a fait du secteur de l’énergie son cheval de bataille. Dès le début du mois de février, il avait ainsi présenté devant le Congrès des Etats-Unis 37 résolutions prévoyant l’abolition pure et simple de plusieurs dizaines de règlements fédéraux jugés trop contraignants par l’industrie des hydrocarbures. Un coup de pouce qui n’est pas passé inaperçu auprès des pétroliers qui ont vu là l’opportunité de relancer leur activité. D’autant qu’ils ont bénéficié pour cela d’un autre cadeau du nouveau gouvernement : la diminution du taux fédéral d’impôt sur les entreprises qui est passé de 35% à 20% début 2017. Autant d’arguments qui ont permis à l’industrie pétrolière américaine de regagner en compétitivité.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Quand on parle d’énergies vertes, de quoi parle-t-on précisément ? De plus, si la Chine et l’Inde investissent massivement dans ce domaine, leur endettement atteint des records, ce qui ne présage rien de bon pour la situation économique mondiale au bord d’une crise majeure pire que celle de 2007.

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  • Trump préfère le pétrole et autres fossiles, vous c’est le nucléaire… Tout faux.
    L’avenir, ce sont les énergies non polluantes (dites vertes en ce sens), les énergies renouvelables, de flux, et non de stock comme hydrocarbures et uranium.

    Répondre

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