Gaz vert : la France toujours en retard sur ses voisins européens - L'EnerGeek

Gaz vert : la France toujours en retard sur ses voisins européens

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Si la production de gaz vert continue d’augmenter en France, grâce notamment à des mécanismes de soutien public réguliers, la filière ne compte actuellement que 36 sites de production de biométhane en service et le pays est encore très en retard sur ses voisins européens, selon les résultats du troisième observatoire de France Biométhane. Le gouvernement entend pourtant encourager cette filière renouvelable et s’est fixé pour objectif d’atteindre plus de 10% de gaz vert dans les réseaux d’ici 2030, soit une production de 30.000 GWh/an.

Avec 36 unités de production de biométhane, du gaz issu de la méthanisation de déchets verts et purifié pour pouvoir être injecté dans les réseaux, contre 20 unités en 2015, la France progresse indéniablement mais affiche encore un retard conséquent sur les autres pays européens. Fin 2016, les 29 unités qui étaient en fonctionnement (7 ont été installées cette année) ont permis d’injecter dans le réseau 215 gigawattheures (GWh), ce qui place la France loin derrière l’Allemagne (9.400 GWh), le Royaume-Uni (3.600 GWh) ou les Pays-Bas (900 GWh), souligne l’étude réalisée par le cabinet Sia Partners pour le think tank France Biométhane.

Lire aussi : La production de biométhane reste toujours insuffisante en France

L’Allemagne et le Royaume-Uni sont aujourd’hui particulièrement avancés dans la filière du gaz vert du fait de véritables politiques incitatives et de l’orientation des cultures vers un objectif de production. L’Allemagne par exemple, produit des cultures dédiées à la production de biogaz ce qui lui permet d’industrialiser ses processus de production. Au Royaume-Uni, « le gouvernement britannique a introduit un tarif de rachat garanti pour le biométhane en 2011, tout comme en France », explique dans les Echos Cédric de Saint-Jouan, président de France Biométhane. Mais « le succès du biométhane dans ce pays s’explique par un tarif légèrement supérieur au tarif français, et surtout par l’autorisation, là aussi, des cultures énergétiques », ajoute-t-il.

En France, le gouvernement mène également une politique favorable au développement de la filière via l’instauration d’un tarif d’achat depuis 2011 et l’octroi de subventions par l’Ademe. Pourtant, le secteur de la méthanisation progresse lentement et souffre encore d’une limitation trop stricte à la seule exploitation des déchets, et de vraies difficultés de financement. Pour France Biométhane, il faudrait donc par exemple, prolonger le contrat d’achat de l’énergie de 15 à 20 ans pour donner une « réelle visibilité sur les revenus » et permettre de mieux financer les projets qui continuent de rebuter les banques « échaudées par quelques déconvenues » passées.

Crédits photo : Dirk Schmidt

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Il faut également souligner que :

    – les prix des fabricants français, un peu trop diversifiés, sont souvent encore supérieurs à ceux des allemands, danois et autres,
    – le Financement participatif est insuffisamment exploité et mériterait un léger coup de pouce fiscal dans le domaine de la transition énergétique bénéficiant du label « croissance verte » vus les enjeux et alors qu’il s’est largement développé en Grande-Bretagne, Etats-Unis et Asie notamment,
    – le prix du CO2 est de quelques 145 euros la tonne en Suède et d’environ 30 euros en France ce qui n’aide ni le biogaz et biométhane, ni les réseaux de chaleur, ni le solaire thermique notamment malgré leur très bons bilans et avantages.

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