Baraque à Huile : ne jetez plus votre huile alimentaire, elle se recycle !

Baraque à Huile : ne jetez plus votre huile alimentaire, elle se recycle !

baraque-a-huile-recyclage-huile-usagee

Alors que la demande mondiale en énergie ne cesse d’augmenter, le développement des énergies renouvelables en général, et des biocarburants en particulier, semble une piste prometteuse. En effet, au moment où la transition énergétique laisse place à la transition écologique et solidaire, de plus en plus de citoyens comme Sylvain Denat imaginent de nouvelles solutions pour produire de l’énergie. L’Energeek a rencontré cet entrepreneur savoyard qui ambitionne d’implanter sa « Baraque à Huile » un peu partout, avec l’objectif de produire des biocarburants à partir de nos déchets alimentaires…

  • Comment avez-vous eu l’idée de mettre en place la Baraque à Huile et l’olibox ? Que pensez-vous du développement de l’économie circulaire en France ?

Nous avons développé par le passé des corbeilles de tri éco design de la marque Selectibox. En faisant la promotion des ces corbeilles, nous avons été amenés à rencontrer des collecteurs de déchets. Donc TRIALP, collecteur de déchets basé à Chambéry en Savoie, qui intervient sur les départements 73 / 74 / 38 et 01, nous a exprimé son besoin de collecter plus d’huile ménagère usagée. Il assure la collecte auprès des professionnels de la restauration de manière assez efficace. Il collecte également l’huile ménagère usagée en déchetterie, mais les volumes sont faibles et la qualité d’huile n’est pas toujours au rendez-vous.

Nous nous sommes penchés sur la problématique, avec l’agence de design C+B Lefebvre. Nous nous sommes aperçus que seuls 5% des huiles usagées des particuliers étaient collectées et revalorisées en biocarburant. Nous nous sommes également rendu compte que les usagers ne savaient pas qu’il fallait apporter son huile en déchetterie, qu’il est très compliqué et coûteux de traiter cette huile pour les services des eaux, que l’huile peut boucher les canalisations et polluer la nappe phréatique. Un gros manque d’information que nous avons voulu combler.

Nous avons donc développé notre système selon 2 axes :

– Proposer un système de proximité, communicant, La Baraque à Huile que l’on place dans les déchetteries.

– Favoriser l’apport volontaire de l’huile en déchetterie grâce à l’Olibox, ce seau de 3 litres aux couleurs de la Baraque à Huile. Hermétique, avec une anse, il propose une large ouverture pour verser facilement et proprement sa friteuse. Il rappelle que toutes les huiles usagées sont acceptables, fonds de poêle, huile rance, etc.

baraque-a-huile-biocarburantLe principe est simple :

– Le particulier récupère gratuitement une Olibox en déchetterie.

– Une fois pleine, il la rapporte en déchetterie.

– Pour finir, il la dépose sur La Baraque à huile et repart avec une Olibox vide et propre.

L’économie circulaire peut être simple, lorsque nous prenons en considération, dès la conception, les attentes de toutes les parties prenantes et des usagers.

Lire aussi : « Nous ne sommes pas très bons pour recycler nos déchets en France ! »

  • Votre initiative va-t-elle s’adresser également aux professionnels de la restauration ou uniquement au secteur résidentiel et aux particuliers ? Aujourd’hui, il existe peu de déchetteries partenaires en France pour collecter les baraques à Huile ? Pourquoi ?

Pour le moment, nous nous occupons pas des professionnels. La collecte est déjà bien organisée même s’il y a certainement des choses à améliorer et à optimiser.

Notre mission était de plus et mieux collecter l’huile en déchetterie. Nous travaillons actuellement sur une collecte hors déchetterie, dans les villes, centres commerciaux, etc. pour encore plus collecter et s’adresser aux usagers qui ne se rendent pas régulièrement en déchetterie. Nous travaillons aussi sur une optimisation de la collecte lors de manifestations (festivals, foires, etc.) pendant lesquelles beaucoup d’huile est consommée.

7 déchetteries sont actuellement équipées de la Baraque à Huile. Nous commençons seulement la commercialisation et nous devons démarcher les collecteurs de déchets afin de mettre cette action en place dans le plus de secteurs géographiques possibles.

  • Quel volume peut-on attendre après la généralisation de votre système à l’échelle nationale ? Quelle quantité de biocarburants en Tonne d’équivalent pétrole (Tep) cela représente-t-il ?

Sur un gisement estimé de 66 millions de litres par an en France, seuls 5% étaient collectés. Nous savons que nous pouvons collecter et revaloriser au moins 4,5 fois plus d’huile. A nous d’équiper un maximum de déchetteries pour limiter la présence d’huile usagée dans les réseaux d’eau et dans la nature.

Je n’ai pas l’équivalent pétrole exact, mais je sais qu’il n’y a que très peu de perte lors de la transformation de l’huile en bio-carburant.

  • Pouvez-vous nous donner votre point de vue sur le marché des biocarburants ?

Même si l’électrique, l’hydrogène, se développent, le biocarburant sera toujours utilisé pour les véhicules agricoles et les systèmes de chauffage des habitations.
Il est surtout plus intéressant de transformer un déchet en ressource plutôt que de créer une nouvelle ressource.

Rédigé par : Sylvain Denat

Sylvain Denat
Sylvain Denat est le concepteur et distributeur de la Baraque à Huile, une solution innovante pour la collecte des huiles alimentaires usagées.
lun 18 Mar 2013
Dimanche 18 mars, la centrale Shams 1 a été inaugurée à Abu Dhabi aux Émirats Arabes Unis (EAU). Cette installation, d’une puissance installée de 100 mégawatts, fournira de l’électricité à 20 000 foyers de la région. Il s'agit de la plus…
lun 5 Juin 2017
Le géant mondial de l'acier ArcelorMittal et le spécialiste de la gestion de l'énergie Schneider Electric ont annoncé, mardi 30 mai 2017, le lancement d'un nouveau programme de récupération et de valorisation de la chaleur industrielle, issue des fours du…
mer 23 Nov 2016
Freinés par plusieurs recours administratifs déposés par des opposants à l'énergie éolienne, les trois projets de parcs éoliens offshore menés par l'énergéticien au large des côtes françaises ne pourront être mis en service avant 2021. Un retard qui devrait logiquement…
lun 5 Sep 2016
Dans le classement de la société américaine Compass pubié en août dernier, la capitale française occupe la 11ème place mondiale des meilleurs écosystèmes destinés à la croissance et à l’innovation. Alors que la France a déjà réalisé un investissement de 4,5…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *