Modulation du parc nucléaire : une véritable expertise française - L'EnerGeek

Modulation du parc nucléaire : une véritable expertise française

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Si les énergies solaire et éolienne représentent incontestablement le futur d’une production énergétique plus respectueuse de l’environnement et du climat, la transition engagée par le gouvernement français ne pourra se concrétiser sans le maintien d’une énergie de complément capable d’accompagner la maturation technologique et économique de ces ressources renouvelables. L’énergie nucléaire, énergie à la fois bon marché, stable et décarbonée, dispose dans ce cadre de capacités de modulation qui lui permettent de s’ajuster à ces nouvelles productions intermittentes, et lui garantissent de fait, un rôle de premier ordre dans le renouvellement du mix électrique national. 

Un parc nucléaire flexible et manoeuvrable

Représentant plus des trois quarts de la production électrique nationale, les centrales nucléaires françaises jouent depuis le début des années 1980 le rôle de tampon et de stabilisateur en garantissant l’équilibre entre l’offre et la demande sur le réseau électrique. A la fois réactives, flexibles et facilement manœuvrables, elles offrent la possibilité de réguler leur puissance en fonction des variations de la demande d’électricité.

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Les réacteurs nucléaires peuvent ainsi faire varier à la hausse ou à la baisse, jusqu’à 80 % de leur puissance en moins de 30 minutes et ce, deux fois par jours, ce qui représente plus de 1000 MW sur un réacteur de 1300 MW et 700 MW sur un réacteur de 900 MW. Ce fonctionnement en mode « suivi de charge », spécifique au parc nucléaire français, permet de compenser les variabilités sur le réseau, de garantir la stabilité de sa fréquence (normalement à 50 Hz), et de compléter dans des délais très court l’éventuelle défaillance d’une autre source de production.

Une modulation indispensable au développement des énergies renouvelables

Ces capacités d’adaptabilité et de variabilité, déterminantes pour la transition énergétique en cours, permettent en effet aux centrales nucléaires de remplacer les centrales de production thermique au fioul et au charbon, longtemps utilisées comme moyens pour passer les pics de consommation (mais vouées à disparaître ou à se transformer dans les prochaines années compte tenu des nouvelles normes européennes en matière d’émissions industrielles), et surtout de mieux intégrer la production des énergies renouvelables sur le réseau.

Lire aussi : EDF et le CEA : collaboration renforcée pour la numérisation du nucléaire et la transition énergétique

Si les progrès techniques en matière d’énergies vertes sont prometteurs, la question du stockage à grande échelle de l’énergie électrique n’est pas résolue. Ces énergies (solaire et éolienne principalement) sont encore trop dépendantes des aléas climatiques, et ne peuvent se substituer à elles-seules aux combustibles fossiles et garantir une production d’électricité suffisante, stable et bon marché. Face à leur intégration croissante et à la fluctuation dans la production qu’elles impliquent, les moyens de production « stables » que sont les énergies nucléaire et hydroélectrique doivent donc s’adapter et varier davantage. Pour cela, les équipes du groupe EDF ont travaillé ces dernières années sur le renforcement de la modularité du parc nucléaire via la mise en œuvre d’un programme d’optimisation du pilotage national comprenant une meilleure coordination des essais hebdomadaires et mensuels auxquels chaque réacteur est soumis. « Le parc nucléaire a toujours su faire de la modulation, mais ce qui change avec l’intermittence des énergies solaire et éolienne, c’est que nous avons besoin de faire varier davantage de réacteurs en même temps », explique dans les Echos Stéphane Feutry, délégué à l’état-major à la Direction de la production nucléaire d’EDF.

Les résultats de cette nouvelle politique de gestion coordonnée ne se sont pas fait attendre et permettent dès à présent de moduler la puissance de deux réacteurs sur trois de manière simultanée (contre un sur deux auparavant), et de compenser ainsi en cas de besoin l’ensemble de la production renouvelable nationale. Des études de la R&D et de la DOAAT (Direction Optimisation Amont/Aval & Trading) simulant le système électrique jusqu’en 2030, affirment même que les capacités de variation du parc nucléaire seront suffisantes pour adapter la puissance à celle des renouvelables, et compenser un volume de production d’éolien et de solaire quatre fois plus important dès 2020.

Nucléaire et renouvelables : des énergies complémentaires

En fin de compte, si moduler la production nucléaire renforce effectivement les besoins en maintenance (les installations étant un peu plus sollicitées), la manœuvrabilité accrue du nucléaire facilite clairement l’intégration des énergies renouvelables intermittentes dans le réseau électrique, et rappelle une fois encore la nécessité de construire un mix électrique équilibré et décarboné à coût raisonnable en s’appuyant sur des technologies complémentaires.

Lire aussi : Le parc nucléaire français adapté à la transition énergétique selon Jean-Bernard Lévy

Le tout renouvelable, bien que séduisant, semble en effet peu réaliste pour le moment tant les défis à relever en matière de stockage sont immenses, et l’ensemble des filière bas-carbone (éolien, solaire, biomasse, hydraulique, nucléaire, etc.) doivent être encouragées si l’on veut parvenir à décarboner notre système d’approvisionnement énergétique à moyen terme.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • En France 40 réacteurs ont entre 31 et 40 ans (âge moyen du parc de 58 réacteurs 32,4 ans au 01.07.17). Les coûts sont en hausse, les sollicitations plus fortes et « en même temps » (!) les prix des renouvelables battent chaque année des records à la baisse chez nos voisins européens notamment et les solutions de stockage se développent dans le monde avec des prix en baisse et entre autres approches de l’énergie (décentralisation, blockchain etc).

    On peut rapidement citer les divers contrats décrochés par McPhy Energy et notamment avec RAG pour le stockage souterrain PtG pour lequel RAG développe plusieurs projets (y compris hydro) en Europe et dans le monde et bien sûr son actionnaire Air Liquide et ses différents projets en France lancés dès 2018, tout comme Engie.

    Ces formes de stockage sont essentielles vues notre dépendance aux fossiles (49% fin 2016) sans progrès depuis environ 25 ans !

    https://www.worldnuclearreport.org/IMG/png/2017-report-02-age-french-fleet.png

    On voit donc les réalités s’imposer et le paysage se dessiner avec plus de renouvelables, d’efficacité énergétique, de plus en plus de solutions de décentralisation et moins de nucléaire.

    Ce n’est pas anodin si on relève régulièrement des constats comme :

    « It is renewables and services activities, which are key growth drivers”, according to EDF’s CEO Jean-Bernard Lévy.

    « Nuclear power is in irreversible decline in the U.S., due to rising costs and failing economics of new and existing reactors, alike, » said Tim Judson, executive director of the Nuclear Information and Resource Service. « Last month’s cancellation of half the new reactors under construction in the U.S. means that gap is going to be wider than projected, and accelerating. »

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  • … surtout si l’on considère certains pays dont la part de production nucléaire est importante et l’âge moyen des réacteurs élevé (notamment Ukraine etc)

    https://www.worldnuclearreport.org/IMG/png/2017-report-04-NukeGenCountry.png

    Les conséquences d’un accident quelque part plane tout le temps sur ce secteur ce qui en rend la visibilité d’autant plus difficile et justifie de ne pas trop prendre de retard dans les renouvelables et l’efficacité énergétique.

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    • Je suis toujours surpris par votre besoin d’écrire des commentaires-fleuve pour vanter les mérites des ENR sur tout article un tant soit peu positif pour le nucléaire.

      Pour quelqu’un qui prédit autant la fin du nucléaire et l’émergence des ENR, vous réagissez bizarrement comme quelqu’un qui se sent menacé…

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      • C’est votre imaginaire qui vous égare. Le sujet n’est aucunement « personnel ».

        Simplement le « marketing » nucléaire fréquemment utilisé en France à l’inverse d’autres pays qui abordent franchement le sujet et tous les aspects comme par exemple la Suisse l’a plutôt bien fait il a quelques mois, n’est pas à la hauteur des réalités dans le monde et de la transition qui ne s’est pas effectuée à notre avantage en France.

        Le secteur automobile et des transports, entre autres, a notamment aussi ce problème, où l’on vous assomme à longueur de temps de publicités de véhicules alors que d’importantes évolutions et des réalités beaucoup plus rudes au plan mondial sont en cours. L’impact est important à anticiper vus les emplois concernés en France.

        Je n’observe pas dans vos écrits une vision de fond et d’avenir, ni d’apport d’informations technologiques, nouveautés ou autres, simplement des contestations de chiffres ponctuels et de détails comme s’il s’agissait d’une polémique ou une approche binaire et une évocation nucléaire du passé comme si vous étiez un ancien membre du personnel d’EDF qui regrette le bon vieux temps, qui n’était en réalité pas si bon et qui ne voit pas les évolutions et stratégies en cours et encore moins l’avenir.

        Le nucléaire et la filière uranium en particulier étaient présentés avant comme « incontournables » maintenant le nucléaire se positionne comme « complémentaire » et au fur à mesure des avancées mondiales des renouvelables et de son recul comparatif on tente de lui trouver des justifications au lieu de regarder les paramètres de fond de ses problèmes non résolus depuis des décennies.

        Vous avez vu les difficultés d’Areva, vous voyez celles d’Edf, les alertes permanentes de l’Asn en France, après les falsifications du secteur nucléaire en Allemagne notamment en 2015 etc. avec accord de limitation et désengagement complet des risques dans le temps, qui ont joué un rôle dans leur transition, tout comme les falsifications de VW etc ont scandalisé à juste titre les allemands.

        L’ensemble des données du secteur nucléaire dans le monde que vous semblez suivre insuffisamment devraient vous alerter.

        Le World Nuclear Industry Status Report 2017 est objectif et intègre énormément de données, son constat est lui aussi plutôt alarmant, je m’étonne qu’il ne soit pas publié et qu’on lui préfère des publi-reportages réguliers.

        Areva se présentait comme numéro 1 mondial du nucléaire il y a encore peu.

        Il serait bien plus intelligent de présenter les réalités. Si le nucléaire était fondamentalement « complémentaire » aux renouvelables on se demande pourquoi sur les quelques 195 pays qui font des renouvelables, une majorité d’entre-eux ne cherche pas à développer une filière nucléaire et pourquoi par ailleurs les opérateurs du nucléaire eux-mêmes investissent massivement dans le stockage, Engie, Edf etc inclus, partenaires de différents programmes européens et plus, d’entreprises du secteur etc

        La part de production nucléaire a baissé de 90 à 2016 et ne devrait pas notoirement évoluer:

        https://www.worldnuclearreport.org/IMG/png/2017-report-04-prod-world.png

        Je ne peux donc que souhaiter qu’EDF se diversifie suffisamment vite et bien et sache anticiper plutôt que de faire des publi-reportages et des opérations marketing avec bonbons et ballons !

        L’ASN, comme d’autres autorités de sûreté nucléaire ailleurs, semble lassée des tromperies, falsifications etc du secteur nucléaire et on les comprend quand on suit ce qui est devenu un feuilleton depuis des années. Si l’on y ajoute toutes les affaires de corruption révélées régulièrement dans le monde (Scana et d’autres encore récemment), çà fait quand même beaucoup si vous suivez l’actualité du secteur et malheureusement le nucléaire est à risque et en sous-jacent il y a dissémination, plusieurs pouvoirs ne s’intéressent pas qu’au nucléaire civil et d’autres n’ont pas de raison de se priver de transférer leur technologies de missiles balistiques et plus comme la Corée du Nord qui a été notoirement sous estimée dans les discours habituels.

        Le nucléaire n’est pas du tout une énergie comme une autre, a été majoritairement développé pour des raisons stratégiques et la carte des développements actuels va majoritairement de pair avec des aspects stratégiques et géopolitiques qui sont aussi à anticiper et qui n’ont rien d’anodin.

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        • Votre approche est évidemment partisane car vous vivez de l’industrie des « renouvelables », probablement.

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          • @ Dan : absolument pas, je suis scientifique et complètement indépendant de toute énergie. Et si vous faisiez attention vous verriez que je suis également critique envers les renouvelables quand c’est nécessaire mais le monopole nucléaire ayant tellement abusé et menti de part sa position, il est logique qu’il soit plus ciblé à force de prendre les gens pour des imbéciles.

          • Tout dépend des contrats que nous avons mais çà m’est arrivé de travailler pour des opérateurs du nucléaire si dans votre question sous-jacente vous pensez que j’appartiens à (ou dépend de) tel ou tel secteur, ce qui n’est évidemment pas le cas, je me dois de garder mon indépendance de jugement sinon je ne serais pas scientifique, mes résultats seraient erronés et en plus nous ne décrocherions certainement pas des contrats importants.

            Quand je fais référence à des abus du nucléaire c’est par exemple dans les sous estimations de risques, de coûts, de bilans etc. et quand je l’ai évoqué ici j’ai la plupart du temps apporté des liens d’études etc.

            Je ne suis d’ailleurs par le seul d’une façon plus générale et pas seulement en France.

            Vous pouvez bel et bien constater qu’il y a un changement d’attitude de la part des dirigeants notamment d’Edf à l’égard du coût du nucléaire actuel, il a fallu le temps car pour ma part çà fait facilement une dizaine d’année que je soulignais le problème.

            Il y a des solutions meilleures que d’autres au fil des avancées technologiques, économiques etc et mon objectif est d’anticiper et de les souligner.

            Cà concerne aussi bien les renouvelables comme par exemple la centrale bois de Gardanne, où malgré la nécessité de devoir exploiter un bois peu exploitable à moindre coût qui partait chaque année en bonne part en fumée dans des incendies et en générait, les choix qui ont été fait on été très centralisés pour notamment des questions de coûts mais le résultat n’est pas optimal si l’on intègre tous les paramètres possibles et on pouvait faire mieux.

            Enfin vous constaterez que je ne vous ai pas accusé ni même soupçonné de travailler pour le secteur nucléaire ne vous connaissant pas donc ce serait bien quand vous ne connaissez pas les gens d’éviter des jugements hâtifs et de vous en tenir au sujet et arguments, c’est plus intéressant et en plus, pour mémoire, les renouvelables ce sont de nombreux secteurs (éolien, solaire, biomasse, biogaz, géothermie etc) de plus en plus souvent en concurrence et nécessitant des spécialités très différentes donc accuser quelqu’un de travailler pour « les renouvelables » n’est en plus pas très pertinent !

      • Et alors ! On ne lit plus les rapports de l’ASN ? Pourquoi leur attribuer des propos aussi fantaisistes ?

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        • @ Dan : je lis quasiment tous les rapports de l’ASN et de l’IRSN etc depuis plusieurs années et suis également la plupart des péripéties.

          Par exemple ces jours-ci :

          28.09.17 Les quatre réacteurs de la centrale du Tricastin (Drôme) vont être mis provisoirement à l’arrêt à la demande de l’ASN pour renforcer une digue jugée trop fragile au nord de l’installation.

          Il existe « un risque de rupture d’une partie de la digue du canal Donzère-Mondragon pour les séismes les plus importants étudiés » pour évaluer la sûreté d’une telle installation.

          Répondre
  • Après lecture de l’article de la rédaction, je suis sidérée du pessimisme des propos !

    Oui, il faut avoir le courage de sortir du coûteux et dangereux nucléaire, générateur de volumes de déchets radioactifs toujours plus importants, légués aux générations futures.

    Oui, il faut avoir la volonté de développer les énergies renouvelables et les programmes de réduction des consommations, jusqu’à pouvoir fermer tous nos damnés réacteurs nucléaires.

    Suivons l’exemple de notre voisin d’Outre-Rhin engagé à sortir du nucléaire, à sortir des fossiles et à réduire les consommations d’énergie, au lieu de nous fourvoyer ainsi dans cette impasse nucléaire !

    Il y a un mouvement international inexorable de développement des énergies renouvelables. Les coûts de production d’électricité renouvelable baissent jusqu’à devenir inférieurs aux coûts de production d’électricité fossile ou nucléaire. En 2016, les énergies renouvelables, c’est près de 10 millions d’emplois. Et les capacités installées des renouvelables s’ajoutent d’année en année. Inexorablement.

    Répondre
        • La part du charbon dans la production électrique allemande a diminué de 57% en 1990 à 40% en 2016.
          Dans la même période, la part des énergies renouvelables allemandes a augmenté de 3% à plus de 30%.
          Et la France reste bêtement engluée dans le nucléaire.

          Répondre
          • C’est vrai, mais le tableau est incomplet. Voici la production électrique absolue à partir de charbon et de lignite en Allemagne :

            1990 : 312 TWh
            2010 : 262 TWh
            2016 : 261 TWh

            La grande réduction a eu lieu plutôt au début, quand l’Allemagne a modernisé à moindre coût les vieilles installations de la RDA qu’elle venait juste de récupérer en 1990. D’autre part malgré l’installation massive de moyens de production éolien et solaire ces 10 dernières années la part absolue du charbon n’a pratiquement pas varié, ce qui prouve bien que le renouvelable est venu remplacer les centrales nucléaires fermées et non les centrales à charbon.

          • @ Benjamin : grâce aux renouvelables, la part totale de charbon + lignite de 2007 à 2016 a quand même baissé d’environ 14% en Allemagne (en plus de celle de nucléaire de 40%) et ce alors que le prix du charbon est particulièrement bas et que sa consommation a de ce fait bien plus augmenté en France, Grande-Bretagne et Espagne en raison de ce prix bas (+ 5% en Allemagne de 2011 à 2014 par exemple contre + 37% en France)

            https://1-stromvergleich.com/medien/strommix-entwicklung-deutschland.png

    • Notre production électrique beaucoup trop centralisé sur le nucléaire est en effet lamentable. C’est mettre tous les oeufs dans le même panier.

      Répondre
      • Vous avez raison. En Allemagne, ils ont encore un gros parc de thermique fossile. Cela vous conviendrait probablement .

        Répondre
        • A Dan : nous avons une production nucléaire bien plus importante (75%) que les Allemands ont de part de fossiles dans la production électrique. La grande différence entre nous et eux, c’est qu’ils ont conscience de la nocivité tant des fossiles que du nucléaire et ils prennent des mesures pour en sortir. Les courbes montrent bien déclin du charbon, déclin du nucléaire et forte hausse des renouvelables. Tandis qu’en France, nous nous ancrons dans le nucléaire, en n’attachant aucune importance, ou guère, aux déchets radioactifs, aux dangers majeurs et aux coût exorbitants.

          Répondre
        • Cela vous dérange sans doute, car vous devez être pleinement pour le nucléaire… mais oui, les Allemands sont sur la voie de la sortie des fossiles. Il ne reste plus que 3 sites miniers, contre 173 en 1957. Et ces 3 sites fermeront en 2018. En 1957, le charbon allemand employait 750000 personnes. Aujourd’hui, seulement 33000. Entre 2011 et 2015, l’Allemagne a fermé 34 centrales à charbon. La ministre de l’Environnement Barbara Hendricks a déclaré : « L’abandon du charbon pour la production d’électricité est inexorable (…) Il s’agit d’organiser une sortie progressive du charbon ». Ce sera possible, progressivement, avec les énergies renouvelables. Et la France reste lamentablement engluée dans le nucléaire, qui plus est, fière de l’être.

          Répondre
          • Précision : il ne reste plus que 3 sites miniers de houille, et 11 mines de lignite en activité.

          • @ Dan : notre dépendance aux énergie fossiles ne baisse pas non plus depuis 25 ans (on est à 49% d’importations à fin 2016 et çà coûte près de 50 milliards d’euros par an)

            C’est contre-productif de toujours critiquer les allemands et ne pas voir ce qu’ils ont fait de positif qui pourrait nous être utile, notamment en efficacité énergétique et dans la gestion des forêts où ils sont été très bons, parmi d’autres technologies énergétiques et autres, ou encore en énergie « citoyenne » (environ 50% des allemands touchent des revenus des énergies renouvelables, l’impact économique est important au plan local.

            Il a lieu de coopérer largement en Europe où beaucoup de technologies méritent d’être reprises d’un pays à l’autre.

            Je regarde la plupart des pays dans le monde et il y a des solutions beaucoup plus efficientes que nos concepts habituels qui arrivent. Donc les débats binaires n’ont pas d’intérêt.

            En outre sur la baisse d’utilisation de charbon/lignite je me permets de vous faire la même réponse qu’à Benjamin :

            Grâce aux renouvelables, la part totale de charbon + lignite de 2007 à 2016 a quand même baissé d’environ 14% en Allemagne (en plus de celle de nucléaire de 40%) et ce alors que le prix du charbon est particulièrement bas et que sa consommation a de ce fait bien plus augmenté en France, Grande-Bretagne et Espagne en raison de ce prix bas (+ 5% en Allemagne de 2011 à 2014 par exemple contre + 37% en France)

            https://1-stromvergleich.com/medien/strommix-entwicklung-deutschland.png

  • Curieux comme les commentaires dérapent. Le sujet est celui de la modularité du parc nucléaire. Il faut rappeler que les énergies intermittentes (en plus d’un coût exorbitant pour le consommateur via la CSPE, (contrats de 20 ou 25 ans) et ce malgré une baisse notable du coût de construction) ont un inconvénient majeur: la variabilité instantanée de leur production face à une demande quasi stable à l’instant « t »; donc il faut une puissance pilotable et fiable pour assurer la stabilité du réseau.Cette puissance peut être produite par 3 type d’installations : Centrales thermiques à flamme, centrales nucléaires, usines hydrauliques, l’idéal étant la STEP. On peut déplorer cet état de fait, mais sauf à généraliser le stockage chimique avec des milliers de batteries difficilement recyclables, il faut en passer par là. Après, savoir s’ il est plus dommageable d’avoir des déchets nucléaires ou bien des émissions de CO2, je laisserai les partisans de tout bord s’affronter. Une dernière observation toutefois. je suis très étonné que la mouvance « bien-pensante » s’oppose systématiquement à la construction de Stations de Transfert d’Energie par Pompage (STEP) alors que ces installations proposent une modularité « propre ». Mais l’hydraulique c’est du mauvais renouvelable, car peu subventionné.

    Répondre
    • OK pour les STEP, mais notre pays s’y prête moins que la Norvège ou l’Autriche, plus montagneux.

      Sont souvent pointées du doigt les intermittences des renouvelables. Mais en 2016, en France, 21 réacteurs nucléaires ont été à l’arrêt sans que nous manquions d’électricité. Le RTE (Réseau de transport de l’électricité) dispose de divers moyens pour de gérer les fluctuations.

      Les interconnexions permettent d’une part la compensation de la production à partir d’une source défaillante par celle d’une autre source. En 2016, la production éolienne a baissé de – 1,8% (année peu venteuse) par rapport à 2015, la production hydroélectrique a augmenté de + 8,2% (importantes précipitations annuelles) et la production photovoltaïque a augmenté de + 22%. D’autre part, la compensation peut se faire d’un pays à l’autre. La France dispose de 341 interconnexions avec 19 pays.

      Le RTE dispose en outre de plus en plus de « capacités d’effacement ». L’effacement de consommation représente une solution pour écrêter les pics de consommation et optimiser la consommation d’électricité. L’effacement consiste à ne pas consommer d’électricité pendant une certaine durée, ou bien à reporter sa consommation. Il permet, par exemple, de faire baisser les prix des marchés de l’électricité en soulageant les tensions sur la demande aux heures de pointe et d’écrêter ainsi les pics de consommation sans avoir recours à des sources de production supplémentaires.

      Répondre
      • De plus, diverses technologies de stockage existent et progressent, tels les stockages d’énergie par air comprimé ou sous forme d’hydrogène.

        Répondre
      • @ Bouscasse :

        En plus :
        – de la baisse des prix qui rendent les énergies renouvelables intermittentes moins chères que le nucléaire récent en MWh produit comme EDF le reconnaît désormais,
        – du financement essentiellement privé,
        – des retombées économiques locales et à l’export
        etc

        « Le développement de l’éolien a eu des bénéfices environnementaux et sanitaires importants qui, si on les monétarise, représentent un gain estimé pour la collectivité de l’ordre de 3,1 à 8,8 Mds€. Ces gains dépassent largement le coût de la politique de soutien », estime l’Ademe, contrant ainsi l’un des principaux arguments des anti-éoliens, qui dénoncent régulièrement le coût du soutien à la filière:

        https://www.actu-environnement.com/ae/news/benefices-environnementaux-economiques-emploi-eolienne-ademe-29677.php4

        Répondre
      • Vous n’avez peut-être pas qu’en fin 2016, le réseau a été à le limite du black-out. Nous n’avons pas, depuis longtemps autant sollicité tout le parc, thermique compris aves des émissions de CO2 massives, et autant importé l’électricité à un cout et un contenu carbone très élevé car nos voisins sollicitaient eux-aussi leur parc thermique au maximum.

        Répondre
        • @ Dan: cette sollicitation du parc était notamment liée à la carence du secteur nucléaire dont le taux de disponibilité est descendu très bas.

          Mais bon le problème de fond n’est pas là mais dans la nécessite d’évoluer plus rapidement car on utilise encore très peu les meilleures technologies disponibles et on a un parc trop centralisé.

          Répondre
      • Excusez pour les quelques fautes car j’ai été un peu vite.
        De plus, les capacités d’effacement sont limitées à 3000 Mw au maximum, bien insuffisantes pour les heures de pointes. Je précise que je ne suis pas que pour le nucléaire.

        Répondre
    • @ Bouscasse :

      En plus :

      – de la baisse des prix qui rendent les énergies renouvelables intermittentes moins chères que le nucléaire récent en MWh produit comme EDF le reconnaît désormais,
      – du financement essentiellement privé,
      – des retombées économiques locales et à l’export

      etc

      « Le développement de l’éolien a eu des bénéfices environnementaux et sanitaires importants qui, si on les monétarise, représentent un gain estimé pour la collectivité de l’ordre de 3,1 à 8,8 Mds€. Ces gains dépassent largement le coût de la politique de soutien », estime l’Ademe, contrant ainsi l’un des principaux arguments des anti-éoliens, qui dénoncent régulièrement le coût du soutien à la filière:

      Voir :

      https://www.actu-environnement.com/ae/news/benefices-environnementaux-economiques-emploi-eolienne-ademe-29677.php4

      Répondre
    • @ Bouscasse (suite)

      Pour faire court car le sujet est vaste, le seul stockage hydrogène (cavernes salines, anciens stockages souterrains gaziers etc) devient désormais la plupart du temps moins cher que les Step grâce aux progrès réalisés ces dernières années (rendements, coûts etc) via les multiples alliances et programmes : Hydrogen Europe, (une centaine d’entreprises), Hydrogen council etc et permet de stocker les excédents d’été pour l’hiver. L’Allemagne en a la capacité et nous plus encore.

      On attend sa compétitivité désormais dans les 5 ans à venir environ (voir la dizaine de projets lancés dès 2018 en France)

      Dans tous les cas avant 40% d’Enr intermittentes dans le réseau actuel (on en est encore loin) nous n’avons pas de problèmes particuliers.

      Pas besoin de centrales thermiques fossiles qui coûtent, polluent, ont des pertes de rendement et nous rendent dépendants.

      Différentes gamme de stockage répondent nettement mieux et de plus en plus souvent à meilleur coûts.

      Quasiment tous les pays s’en préoccupent dans le monde et çà avance vite.

      Il est lassant de toujours voir évoqués ces aspects intermittences qui sont intégrés et pris en compte depuis longtemps alors que tout le secteur de l’énergie se transforme et la décentralisation change la donne et offre d’autres forme de distribution, c’est çà le véritable challenge actuel avec des entreprises à soutenir et développer avant que d’autres nous dépassent.

      Vous avez des entreprises qui vont disparaître (comme malheureusement Alstom qui s’est fait plumer, voir émissions sur le sujet sur LCP) et d’autres qui sont des leaders de demain.

      Par exemple et parmi bien d’autres Drift aux Etats-Unis recensé par différents processus de sélection comme un des acteurs prometteurs malgré qu’il débute encore et il existe des listes complètes mise à jours chaque année.

      Drift permet par exemple aux entreprises d’accéder à l’énergie au meilleur coût et je peux vous assurer que çà attire économiquement vus les avantages procurés !

      Mais ce n’est qu’un très rapide exemple.

      https://www.joindrift.com/how-it-works

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