Iles d’Yeu et de Noirmoutier : cas d’école pour les éoliennes offshore - L'EnerGeek

Iles d’Yeu et de Noirmoutier : cas d’école pour les éoliennes offshore

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A en croire le World Economic Forum, la France serait à l’avant garde de la lutte contre le réchauffement climatique. Pourtant, malgré son littoral très étendu et son gigantesque potentiel pour les éoliennes offshore, la transition énergétique à la française ne bénéficie toujours pas de cette technologie. Une situation qui serait néanmoins sur le point de changer, notamment grâce au parc éolien au large des îles d’Yeu et Noirmoutier !

Les éoliennes offshore : une énergie au potentiel encore bridé ?

La Programmation Pluriannuelle de l’Energie actuellement en vigueur prévoit que l’éolien en mer dispose d’une puissance installée de 3 000 MW à l’horizon 2023, et espère jusqu’à 6 000 MW de projets attribués. Avec ces arbitrages, le Syndicat des Energies Renouvelables souligne que la France ne pourra pas tenir son engagement européen, à savoir atteindre 6 000 MW en 2020. C’est pourquoi, la commission éolienne du SER a élaboré une nouvelle feuille de route, et propose de viser 15 000 MW pour 2030. Parallèlement, France Energie Eolienne rappelle que l’Allemagne a fixé un objectif de 25 GW en 2030, alors que les Britanniques visent 33 GW à la même échéance.

Au total, 6 zones ont été pour l’instant retenues afin de construire des parcs éoliens en mer ; les quatre premiers : Courseulles-sur-Mer, Fécamp, Saint-Brieuc, Saint-Nazaire, doivent être mis en service avant 2019. Par ailleurs, le site du Tréport ainsi que celui situé entre les îles d’Yeu et de Noirmoutier, seront en exploitation d’ici 2023. Avec l’ensemble de ces installations, la France atteindra tout juste l’objectif de 3 000 MW sur les 80 GW potentiels dont dispose son littoral. Et pour ce qui concerne les projets attribués, la situation semble plus complexe encore…

Récemment, le ministre de l’énergie, Nicolas Hulot, a ainsi décidé de suspendre la consultation dédiée au projet de parc éolien dans la zone de Bassure de Baas, au grand dam de l’ancien ministre de la Mer, Frédéric Cuvillier. Une décision d’autant plus dommageable que selon Wind Europe, »dans l’éolien offshore, le niveau de l’activité financière est préoccupant [et] l’industrie a besoin de clarté sur ses volumes pour la période post-2020, afin de maintenir la tendance baissière actuelle des coûts ».

Lire aussi : France Energie Eolienne : « Nous sommes sur la bonne trajectoire »

Iles d’Yeu et de Noirmoutier : un parc éolien pour approvisionner toute la Vendée

Dans une série de reportages diffusée sur Arte et intitulée : Les îles du futur – Pionnières de la transition énergétique, on découvre que les territoires insulaires sont souvent très en pointe sur la question environnementale. En s’impliquant dans le développement des énergies propres, ils deviennent des vitrines de la transition énergétique ; un constat qui s’applique entre autres aux îles d’Yeu et de Noirmoutier. En effet, le futur parc de 62 éoliennes permettra de produire en moyenne 1900 GWh par an, soit l’équivalent de la consommation électrique annuelle d’environ 790 000 personnes (plus de la totalité de la population vendéenne).

Pour mener à bien ce projet, la société Eoliennes en Mer – Iles d’Yeu et de Noirmoutier (EMYN), pourra compter sur trois actionnaires (Engie, EDP Renewables et la Caisse des Dépots), ainsi que sur son partenaire industriel, Adwen, le fournisseur d’éoliennes, filiale du groupe Siemens Gamesa. De son côté, le Réseau de Transport d’Electricité (RTE) est chargé d’assurer, le raccordement au poste électrique de Soullans. Dans cette optique, une double liaison à 225 000 volts sous-marine d’environ 27km sera tracée jusqu’au point d’atterrage, puis une double liaison entièrement souterraine de 29km rejoindra le poste de Soullans.

EMYN vs NENY : la transition énergétique rime-t-elle avec transition écologique ?

Seulement ces installations génèrent aussi du mécontentement parmi les habitants qui ont disposé des banderoles après le passage du Gois et distribuent des tracts aux vacanciers. Parallèlement, l’association Non aux Eoliennes entre Noirmoutier et Yeu – NENY a créé un groupe Facebook qui rassemble 647 personnes, tandis que le collectif a également lancé une pétition en ligne pour interpeller Nicolas Hulot, cette dernière rassemble à l’heure où nous écrivons 3 957 signatures. Les opposants au projet veulent notamment limiter l’impact environnemental sur les zones protégées Natura 2000, mais aussi défendre l’activité des pêcheurs.

En ce moment, « la future base de maintenance provoque la grogne des pêcheurs » prévient le Courrier Vendéen, qui interroge le représentant des pêcheurs, Yannick Michaud : « nous nous étions unanimement et clairement positionnés contre ce projet lors des réunions d’information ». Dans le Ouest France du 27 août 2017, le maire de Noirmoutier, Noël Faucher, se veut toutefois rassurant : « la zone de maintenance doit contribuer à créer, et non pas à substituer, des emplois ». En ce qui concerne l’impact sur l’environnement, reste à savoir si le ministre de l’écologie solidaire adressera aux Noirmoutrins la même réponse qu’aux députées Anne-France Brunet et Bérengère Poletti : « réconcilier économie et écologie c’est un voeux que j’aimerais que nous réalisions ensemble (…) mais on ne peut pas être contre tout, contre le nucléaire, contre les éoliennes et contre le charbon » avait-il simplement déclaré…

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

    • Cette utilisation de turbines offshore nous parait très intéressante et serait à notre avis bien plus productive que ces éoliennes offshore qui ne seront que nuisance ! Attendons plutôt que ces turbines soient opérationnelles , au lieu de nous implanter ces éoliennes offshores , complètement ridicules . Nous sommes complètement contre ce parc éolien offshore entre l’Ile Yeu et Noirmoutier , pour les raisons suivantes ::
      Les éoliennes ne produirons jamais la demande croissante de l’électricité fournie actuellement par les centrales nucléaires .
      Ces dernières n’ont qu’une durée de vie moyenne de seulement 15 ans et sa production n’est actuellement pas stockable .
      Elles modifieront inévitablement la remontée du Gulf Stream le long de nos côtes et de ce fait modifieront considérablement la faune , la flore et bien évidemment le climat .
      Elles sont bruyantes , dénatures le paysage , sans parler de son coût et la détérioration systématique de notre écologie .
      Puisque le nucléaire ( à cause ) de l’utilisation de l’Uranium fait peur , pourquoi ne pas remplacer ce dernier par le Sel de Thorium qui ne présente pas ce danger et dont notre sol regorge ? Les Chinois ne sont pas aussi idiots que nous et ont bien compris que l’utilisation du Thorium était l’avenir . C’est bien pour cette raison qu’ils l’utilise déjà !
      De plus , l’implantation de ces éoliennes ne profitent uniquement qu’à certaines entreprises étrangère et non à nos entreprises Françaises . Par contre , les inconvénient seront complètement à la charge du consommateurs et des contribuables .

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