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Les territoires d’outre-mer : une transition énergétique à deux vitesses

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Tandis que l’hexagone tente de négocier au mieux les changements de stratégie énergétique, les DROM (Départements et régions d’outre-mer) sont déjà lancés dans la course à l’autonomie énergétique. Leur insularité est une motivation supplémentaire, et pourtant le défi n’est pas évident pour tous les territoires : si certaines îles font figure d’exemples, d’autres peinent à exploiter leur potentiel et à mettre en place les solutions de leur autonomie. D’une île à l’autre, les disparités sont importantes et les modèles très différents. Pourtant une chose est sûre : en 2030, les îles françaises doivent toutes atteindre le 100% d’énergies renouvelables.

DROM : une ambition commune mais de grandes disparités

L’ambition des DROM est d’atteindre 50% d’énergies renouvelables d’ici 2020 pour ensuite atteindre l’autonomie énergétique à l’horizon 2030. En théorie, le pari semble bien parti pour être gagné. Dans une étude publiée en janvier 2016, EDF soulignait une bonne progression globale des énergies renouvelables sur les îles françaises : la Corse, la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et La Réunion affichent un score de 27,3% d’énergie verte en moyenne dans leur mix électrique. C’est beaucoup mieux que l’hexagone qui se trouve à 18,7%. Mais cette statistique cache de profondes disparités entre les îles françaises. Si la Guyane fait par exemple figure de bon élève avec ses 62% d’énergie renouvelable, la Martinique arrive bon dernier du classement avec seulement 7%. En matière de transition énergétique, il semble impossible d’appliquer une stratégie globale pour les îles françaises : chaque territoire est différent et les freins au développement des énergies vertes ne sont pas les mêmes selon les territoires.

La Guyane et la Martinique : deux réalités énergétiques très différentes

La Guyane compte aujourd’hui 166 mégawatts de puissance installée dans son parc d’énergie verte. Le territoire a principalement investi sur des ressources naturelles, l’eau et le soleil, abondamment disponibles sur ce grand territoire. Dans le détail, l’hydraulique pèse 54,1% de la consommation énergétique du territoire, le photovoltaïque 6,2 et la biomasse participe à hauteur de 1,3%. Grâce à ce dynamisme dans le secteur de l’énergie verte, la Guyane parvient à couvrir 62% de ses besoins électriques grâce aux énergies renouvelables.

Avec seulement 69 mégawatts de puissance installée, la Martinique offre un contraste saisissant avec la Guyane ou La Réunion. L’île s’est pourtant lancée dans la transition énergétique en investissant dans plusieurs types de production : le photovoltaïque, l’incinération des déchets, l’éolien et le biogaz. Pourtant les résultats ne sont pas au rendez-vous et l’île peine à couvrir 7% de ses besoins électriques grâce aux énergies renouvelables. Malgré sa superficie assez modeste (1 128 km2), l’île de la Martinique est aussi un territoire qui enregistre l’une des densités de population les plus importantes au monde (354 habitants au km2). Les besoins en énergie sont importants, et pour l’instant l’énergie fossile semble la seule solution pour couvrir les besoins.

Une question de potentiel énergétique

Pourquoi les énergies renouvelables ne sont-elles pas plus développées en Martinique, à l’image de ce qui a été fait dans d’autres îles françaises ? Contrairement aux autres DROM, la Martinique souffre d’un potentiel renouvelable assez faible. Les forages exploratoires réalisés n’ont révélé que deux sites possibles pour de la géothermie. La production de bagasse est trop faible pour envisager l’exploitation de la biomasse. Le développement de l’éolien est rendu très compliqué du fait du fort taux d’habitation sur l’île. Seul le photovoltaïque offre un gros potentiel et il représente d’ailleurs 62,8 mégawatts.

Pour EDF et sa direction des Services énergétiques insulaires (EDF-SEI) qui est responsable de la production d’énergie sur le territoire, le premier objectif n’est pas tant l’augmentation de la production d’énergies renouvelables que la maîtrise des dépenses énergétiques. L’électricien préconise une diminution de 15% de l’énergie consommée sur l’île, pour les particuliers comme pour les industriels. Pour y parvenir, il faudra inciter les propriétaires à rénover leurs logements pour limiter la déperdition d’énergie et investir dans des équipements basse consommation. De quoi dégager une économie potentielle de 40 mégawatts. Mais pour couvrir les besoins électriques de l’île qui doivent encore augmenter dans les années à venir (EDF prévoit + 75% d’ici 2025), il faudra aussi continuer l’effort au niveau de la production d’énergie locale. Pour cela, le photovoltaïque s’impose comme la meilleure option : la Martinique dispose d’une moyenne de 5 kWh/m2/jour, ce qui en fait son meilleur atout.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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