La filière nucléaire a-t-elle de la suite dans les idées ? - L'EnerGeek

La filière nucléaire a-t-elle de la suite dans les idées ?

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« On n’a pas de pétrole mais on a des idées »… Après le choc pétrolier de 1973, la France cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP), se souvient Olivier Appert en évoquant l’origine de la filière nucléaire. Aujourd’hui, cette alternative aux hydrocarbures reste plus que jamais stratégique au moment où le pays tente de réduire son empreinte carbone !

Le nucléaire français démontre sa compétitivité avec l’EPR nouveau modèle :

Le 10 août 2017, la secrétaire d’Etat à la transition énergétique, Brune Poirson, expliquait : « en France nous avons des idées qui peuvent remplacer le pétrole. » Cette allusion à peine voilée à la formule employée par l’Agence des Économies d’Energie, en 1974, doit-elle seulement être interprétée comme la volonté des pouvoirs publics à lutter contre notre dépendance à l’or noir ? A l’époque, l’objectif était plus de juguler l’inflation importée suite à la crise énergétique, que de limiter les émissions de gaz à effet de serre. Mais ainsi a vu le jour la filière nucléaire française, « à raison de six tranches par an ». Depuis, le nucléaire n’est « ni de droite, ni de gauche », et l’atome apparaît toujours comme une alternative crédible aux fossiles ; peut-être la seule à long terme mais n’anticipons pas !

Et cependant, quelques « spécialistes » des marchés de l’énergie ne cessent de le brocarder en expliquant que la chute des coûts des énergies renouvelables (ENR) doit changer le panorama énergétique et le mix-électrique français. Symbole d’excellence, la filière nucléaire semble donc désormais naturellement résolue à gagner la course à la compétitivité, et d’abord en proposant un EPR nouveau modèle. En effet, le directeur exécutif chargé de l’ingénierie et du nouveau nucléaire à EDF, Xavier Ursat, confirme au journaliste du Monde, Jean-Michel Bezat, son intention de « réduire les coûts de l’EPR nouveau modèle pour qu’il soit plus compétitif », et dont le nouveau basic design devrait être terminé en 2018. L’industrie française entend notamment simplifier les unités de production ; car comme le souligne le directeur général adjoint de l’IRSN, Thierry Charles, « la conception de l’EPR a été longue et a permis des avancées majeures de sûreté, mais son caractère binational a impliqué des choix technologiques qui n’étaient pas utilisés en France ». C’est pourquoi, Xavier Ursat poursuit : « nous ne sommes plus dans les années 1970, le monde est plus complexe (…) qui pourrait dire aujourd’hui quelle sera la part du nucléaire et des ENR en 2050 » ?

Le nucléaire : une technologie au service du pouvoir d’achat et des finances publiques ?

Nos ingénieurs préparent-ils une petite révolution sur le marché de l’énergie ? Si le professeur d’économie à Mines ParisTech, François Lévêque indique que « trop d’incertitudes marquent encore le nucléaire pour qu’il soit permis de se prononcer à l’aune de l’intérêt général économique », la Cour des comptes évalue à 49,5 euros le prix du mégawattheure généré par le parc nucléaire [NDLR : l’Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique (ARENH) est actuellement fixé à 42€/MWh], là où l’éolien terrestre tournerait entre 50 €/MWh et 94 €/MWh, tandis que l’énergie solaire oscillerait entre 74€/MWh et 326€/MWh selon l’ADEME. La vraie concurrence pour le nucléaire français à l’avenir, est plutôt à chercher du côté des réacteurs russes VVER, qui proposent des prix encore inférieurs et qui feront peut-être office d’indicateur pour le nouvel EPR ! Pour conclure, on peut enfin rappeler que les Français payent une facture bien inférieure à leurs voisins allemands qui continuent d’exploiter des centrales à charbon, dans des proportions qui sont loin de faire l’unanimité…

Lire aussi – Innovation : les renouvelables montent en puissance

Mais pourtant, après la recapitalisation d’Areva, certains insinuent plus ou moins habilement que l’atome représente un gouffre pour les finances publiques. Et on pourrait le croire, notamment en lisant le tweet du député En Marche, Matthieu Orphelin : « Rapport @Courdescomptes : 40% dérapage budgétaire FR est dû à la recapitalisation d’Areva. 2,3 Mds€ ! Le #nucléaire, cette énergie pas chère! »… D’autres, à l’instar du journaliste Dominique de Montvalon, s’interrogent naïvement : « Macron a 100% raison. La vraie question est : pourquoi en est-on arrivé là ? A qui imputer un tel « fiasco » ? ». Et le Palmipède de surenchérir dans son édition du 23 août 2017 : « au fait, comment en est-on arrivé à cette catastrophe ? » Pour les curieux, la réponse se trouve dans le livre Une affaire atomique, de Vincent Crouzet. L’Ecrivain revient sur l’origine des déboires d’Areva,  les errements de l’opération Uramin, qui aura coûté à l’ex champion national, la bagatelle de 2,5 milliards d’euros d’argent public. L’auteur mentionne plus particulièrement un rapport réalisé par GoldmanSachs, daté du 27 avril 2007, mais finalement ignoré par l’Agence des Participations de l’Etat, sur les conseils de la banque Rothschild. En somme, Bercy aurait pu s’éviter de mettre la main au portefeuille ; mais cela Le Canard Enchaîné l’ignore, et pour cause : « Versini, l’avocat d’Anne Lauvergeon, est l’un des correspondants régulier du Canard au Palais de justice (…) [et l’hebdomadaire] plus enchaîné qu’on ne le pense (…) a toujours fort peu cancané sur ce scandale », « alors que c’est pourtant son cœur de cible : un dossier politico-industriel aux vilains relents ».

La production d’électricité confrontée au manque de matières premières ?

A l’origine de l’affaire UraMin, il y a aussi l’enjeu du contrôle du marché de l’uranium dans le monde. Pour le spécialiste de la transition énergétique mais aussi anti-nucléaire notoire, Denis Baupin, l’uranium serait justement le talon d’Achille de la filière.  Selon lui, « plus personne ne croit qu’il puisse exister demain une 4ème génération (encore moins qu’elle puisse un jour être rentable) ». Pas sûr néanmoins que Nicolas Devictor, du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), partage son opinion ; idem pour les [autres] membres du Forum international génération IV de l’OCDE, qui travaillent avec acharnement, entre autres à élaborer un réacteur « mangeur de déchet ». Et même, leurs recherchent génèrent beaucoup d’espoirs, notamment chez les climatologues, les écologistes et les scientifiques. En effet, dans une tribune du journal Ouest France, la déléguée générale de la Société Française d’Energie Nucléaire, Valérie Faudon, rappelle que « les experts internationaux du climat (GIEC) indiquent qu’il faudra multiplier par trois, voire par quatre l’utilisation des technologies propres » ! Dans cette éventualité on comprend effectivement le besoin « d’optimiser la gestion des matières » premières pour l’ensemble des solutions énergétiques.

Lire aussi – L’énergie nucléaire, de Manhattan à Astrid

D’ailleurs, la Banque Mondiale pointait récemment « les besoins colossaux [en métaux] de la transition énergétique », mettant ainsi en doute la contribution des ENR aux objectifs de l’Accord de Paris. A en croire le rapport de l’institution internationale, « la composition des technologies supposées alimenter le passage à une énergie propre – éolien, solaire, hydrogène et systèmes électriques – nécessite en fait significativement PLUS [sic] de ressources que les ­systèmes d’alimentation en énergie traditionnels ». Étonnant donc, de voir les mêmes qui ne cessent de répéter que nous vivons sur une « planète finie », opter pour un mix énergétique 100% renouvelables, comme le préconise par exemple la député de la France Insoumise Mathilde Panot. Pourtant, la demande en énergie va continuer de croître mécaniquement sous l’effet de la démographie.

Alors que nous serons bientôt plus de 10 milliards d’êtres humains sur Terre, faut-il rappeler qu’une importante partie de la population ne dispose toujours pas d’accès à l’énergie aujourd’hui ? Dans cette optique, le nucléaire a donc de solides arguments à défendre. D’abord avec la quatrième génération qui permettra d’économiser l’uranium, puis avec la fusion nucléaire qui permettra de produire de l’énergie autant que nécessaire, et sans générer « aucun déchet radioactif de haute activité à vie longue ».

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Le plus efficient en termes de coûts, d’émissions, d’indépendance énergétique etc et souvent d’utilisation de matières premières sont par exemple des systèmes de chauffage solaires communs au niveau d’un quartier comme à Drake Landing au Canada et autres pays où la chaleur d’été est stockée en forages pour l’hiver avec des taux de couverture minima de 97% et le plus souvent de 100% chaque année et qui peuvent s’appliquer dans de très nombreux endroits au monde :

    https://www.youtube.com/watch?v=puTKaE15W14

    La chaleur étant généralement la part la plus importante de la consommation, l’électrique est apporté par le solaire à désormais très faible coût (dont le prix continue de baisser plus il se développe) et qui se décline sous toutes formes pour les toitures dont hybride avec thermique (ou autres au plan local éolien, biogaz, biomasse, hydro etc)

    Le stockage électrique est sans doute plus efficient au niveau d’un quartier et plus mais entres autres les batteries de type Na-ion donc sel-eau sont une solution au plan immobilier (aucun risque).

    Comparé à ce type d’approche, le modèle nucléaire centralisé qui demande comme on le voit clairement un appui total de l’Etat (et des publi-reportages réguliers !) pour survivre comme dans le cas de Rosatom et Gazprom qui sont des instruments d’influence géopolitiques et de pouvoir d’Etat complets (comme le rappelle le lien sur Rosatom: avances de financement de 11 milliards d’euros pour la Hongrie, conditions de prix sur le gaz, absence totale de transparence sur les prix, les démantèlements, les cycles des déchets nucléaire, dépendance durable importante etc)

    C’est à ce titre également une source importante de conflits (Ukraine, Moyen-Orient etc)

    En bref le nucléaire devient un instrument d’influence et n’a cessé de se chercher un modèle nous rendant dépendants comme les opérateurs télécoms etc et freinant ou bloquant l’émergence des technologies concurrentes et pourtant plus efficientes en matière de réduction d’émissions, de coûts, de risques, de déchets etc.

    Les plus récentes avancées dans le nucléaire évitent d’aborder tous les aspects dans beaucoup de pays dont Inde, Chine, Russie, France notamment.

    On a plus de débats contradictoires abordant tous les aspects aux Etats-Unis, Suisse, Grande-Bretagne, Allemagne, Suède etc c’est mieux pour permettre de confronter les technologies et leurs évolutions.

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  • A noter que le prix de l’électricité nucléaire cité dans le rapport déjà vieux de la cour des comptes est sous-évalué comme le rappelle l’opérateur qui ne cesse de réclamer des hausses.

    Il lui faudrait actuellement un prix autour de 60 euros le MWh alors qu’il est installé depuis la fin des années 50 (tous frais non encore inclus)

    Le solaire est attendu entre 17 et 25 euros le MWh en Europe avant 2030 (méta-études). Le pérovskite est sur le point d’arriver et va encore faire baisser ce prix.

    L’éolien terrestre est au plus bas à 42 euros le MWh en Allemagne et tend vers ce prix et en deçà avant 2030

    L’éolien offshore est au plus bas à 49 euros le MWh au Danemark. Le flottant dispose d’un potentiel de ressource et de baisse très important.

    Si l’industrie des renouvelables et quelques Etats européens ou plus se groupent pour proposer des avances aux pays de l’Est et des renouvelables comme le font Gazprom/Poutine/Rosatom, la situation du marché peut changer plus rapidement avec de meilleurs résultats sur le climat !

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    • Vous confondez avec obstination coût courant (de l’année en court, qui permet de calculer les tarifs, et qui va évoluer à la hausse comme à la baisse en fonction des dépenses et des investissements de l’année) et coût complet (calculé sur l’ensemble du cycle de vie du moyen de production, et qui permet d’évaluer sa pertinence économique ou non).

      Par ailleurs, il n’est pas pertinent de comparer des coûts dans des pays différents, où le contexte économique, climatique et surtout réglementaire est différent.

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    • Vous faites, comme d’habitude, l’impasse sur le coût de l’intermittence du solaire et de l’éolien. C’est une manie!

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      • @ Dan : personne ne fait l’impasse sur les coûts du stockage. Depuis plusieurs années ce secteur décolle car les professionnels du secteur anticipent bien le potentiel et la baisse des coûts que l’on constate depuis plusieurs années et qui sont même dans certains cas plus rapides que pour le solaire, c’est dire.

        Par exemple le stockage via air liquide est sur des tendances de +178%.

        Les procédés de méthanation ont bien évolué avec des rendements désormais élevés et ce n’est pas pour rien que 10 importantes unités vont être ouvertes en France de 2018 à 2022 (le délai est dû au fait que ce sont des site Seveso dont il y a des attentes administratives).

        Pensez vous qu’Air Liquide, Engie, et les différents opérateurs se sont lancés sans calculer la rentabilité de ces unités ?

        Par ailleurs vous oubliez également que le nucléaire a besoin de stockage mais bien plus localisé et plus massif avec donc des contraintes de coûts, ce qui n’offre pas du tout les multiples choix des renouvelables.

        Quand vous avez du solaire attendu entre 17 et 25 euros le MWh en Europe avant 2030 et de l’éolien à moins de 40 euros le MWh sous peu, çà vous laisse de la marge comparé à un EPR tous frais inclus.

        Beaucoup ont fait l’erreur de mal appréhender la forte baisse du prix des renouvelables, il ne faudrait pas réitérer la même erreur avec le stockage, qui en outre offre de multiples formes pour les renouvelables et à échelon du réseau européen ne demande pas des % tellement élevés.

        Pour mémoire le réseau Entso-e pour les 28 c’est déjà 26% de renouvelables hors hydro, 20% d’hydro et 12% de nucléaire.

        La part des énergies renouvelables au Danemark (principalement éolien) est de 53%, l’Irlande a 25% d’éolien, le Portugal 24%.

        Vous pouvez vérifier que les énergies intermittentes à un niveau déjà élevé en Europe des 28 fonctionnent bien.

        Que le danois vont supprimer les subventions, sont meilleurs que nous en efficacité énergétique et disposent d’une meilleure sécurité de fourniture d’énergie que nous grâce à leur approche de l’énergie et de son financement (taxe pour l’efficacité énergétique qui rend leur prix pour les particuliers un peu plus élevés que chez nous, pour le moment).

        Ils sont également meilleurs que nous en gestion de l’eau et ont proposé à l’Europe de mettre en place des comparatifs afin que les pays améliorent leur gestion de l’eau qui est fortement consommatrice d’énergie. Je crois qu’ils sont n°1 en Europe en matière d’efficacité énergétique dans la gestion de l’eau ce qui n’est pas anodin non plus en terme d’énergie. au plan européen et mondial.

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          • Merci pour l’article mais il date de 2015 et fait référence au rapport de l’été 2014 d’Entso-e, çà change quelque peu d’année en année.

            Le rôle de ces rapports émis pour les périodes hivernales et estivales (donc 2 fois pas an) et relevant les données depuis 34 ans, est de pointer les améliorations à effectuer chez tous les nombreux pays concernés et çà concerne tous les pays quel que soit leur mix énergétique d’une année à l’autre, ce n’est en rien une condamnation des renouvelables comme vous le faîtes !

            Je note au passage que fournir au Danemark n’est pas aussi simple que Bachoubouzouc l’estimait comme je m’en doutais et c’est l’Entso-e qui le confirme.

            Dans le dernier rapport 2017 vous avez par exemple en P71 la France est ses problèmes et le Danemark en page 64. Vous pouvez analyser chaque pays et vous verrez que quel que soit le mix il y a des intégrations et corrections encore à effectuer et chaque pays a des améliorations à apporter.

            L’Italie du Sud par exemple du solaire à exporter et la géographie ne lui facilite pas la tâche, la France à des problèmes notamment lors des vagues de chaleur ou lors des périodes de maintenance (qui en plus ont souvent lieu l’été) etc.

            La Norvège cherche à fournir plus de ses capacités de stockage à bas prix et exporter plus et le Danemark a régulièrement des excédents même si plusieurs semaines par an elle doit pour le moment importer ayant fermé des centrales thermiques mais il n’est pas le plus intéressant ni le plus efficient d’avoir une vision nationale dans ce cas mais européenne et au moins régionale pour ce qui concerne le Danemark.

            C’est pareil pour nous avec notamment la Suisse.

            En cas de problème climatique sur une zone c’est en outre comme toujours une autre qui intervient en appui comme ce fut le cas en janvier 2017 en France, Suisse, Bulgarie, etc

            C’est plus efficient et économique que d’avoir des surcapacités inutilisées la plupart du temps.

            https://www.entsoe.eu/publications/system-development-reports/outlook-reports/Pages/default.aspx

  • Ben voyons, on a forcément surestimé le prix de départ, c’est plus vendeur et attractif !…

    – Jean-Michel Bezat : intention de « réduire les coûts de l’EPR nouveau modèle pour qu’il soit plus compétitif »

    – François Lévêque : « trop d’incertitudes marquent encore le nucléaire pour qu’il soit permis de se prononcer à l’aune de l’intérêt général économique »

    – En Grande-Gretagne, cour des comptes (NAO) pour un prix plus élevé que Flamanville :

    « Today’s report finds that the Department has not sufficiently considered the costs and risks of its deal for consumers. It only considered the impact on bills up to 2030, which does not take account of the fact that consumers are locked into paying for Hinkley Point C long afterwards.

    Delays have pushed back the nuclear power plant’s construction, and the expected cost of top-up payments under the Hinkley Point C’s contract for difference has increased from £6 billion to £30 billion. The private sector bears the risk that construction costs overrun. The NAO’s analysis suggests alternative approaches could have reduced the total project cost.

    There remains the risk that NNB Generation Company Limited (NNBG) will seek further financial support from the government, notwithstanding the contractual terms of the deal. The reactor design for HPC is unproven and other projects that incorporate it are experiencing difficulties. Furthermore, EDF’s financial position has weakened since 2013. The Department plans to develop and maintain alternative ways of ensuring energy security to mitigate the risk of needing to provide additional support for Hinkley Point C.

    It will not be known for decades whether Hinkley Point C will be value for money »…

    – Conclusions d’une récente étude de l’université de Lappeenranta (Finlande) à propos du nucléaire en France:

    High dependence on domestic nuclear power exposes the nation to environmental, financial and social risk.

    Very good solar and wind potential are found throughout the country that can result in lower cost and risk.

    Current status:

    • High cost nuclear industry plagued by high subsidies due to chronic safety and financial
    problems leading to an increase in cost of the electricity system.

    • Role of solar PV and wind power is growing too slowly in comparison to other progressive
    G20 countries, partly due to energy law blocking renewables due to fixed nuclear capacity

    Key results of analysis:

    • Excellent opportunities for low cost wind energy production

    • Utility-scale and prosumer solar PV will be competitive to traditional electricity production
    around 2020 in some parts of France.

    • Nuclear energy is high cost, uncompetitive technology in LCOE terms now and in 2030

    • Expensive refurbishment investments for nuclear lifetime prolongations may not pay off

    https://www.nao.org.uk/report/hinkley-point-c/

    Etc.

    « Par ailleurs, il n’est pas pertinent de comparer des coûts dans des pays différents, où le contexte économique, climatique et surtout réglementaire est différent. »

    Cà ne vous dérange pourtant pas de comparer les prix de l’énergie en Allemagne et en France sans intégrer tous les paramètres !

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    • « Cà ne vous dérange pourtant pas de comparer les prix de l’énergie en Allemagne et en France sans intégrer tous les paramètres ! »

      Encore une fois vous mélangez tout :

      Vous prenez le prix de l’EPR britannique d’HK, parce qu’il vous arrange, au lieu de prendre celui de FLA3 en France, nettement plus bas.

      Ensuite vous prenez le prix de l’éolien au Danemark au lieu de prendre celui en France, nettement plus haut.

      Moi je compare des systèmes énergétiques globaux, celui de pays, pour laquelle la différence est de prix est du simple au double. Evidemment que les facteurs réglementaires et environnementaux rentrent en compte là dedans, mais ils ne peuvent pas expliquer seuls un tel écart, qui tient principalement du choix de mix énergétique.

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      • Le prix du MWh de Flamanville a déjà été revu à la hausse à la suite des délais et problèmes importants récents.

        Les prix en France suivent la tendance à la baisse en Europe et les rattrapent, on l’a vu dans le biogaz etc

        Les acteurs du nucléaire confirment ce problème de manque de compétitivité. Il se révèle partout dans le monde.

        De multiples études vont dans le même sens et font des analyses globales encore plus approfondies que les vôtres.

        Il est très difficile de faire baisser les coûts du nucléaire qui par nature remontent fortement en fin de période notamment car une centrale n’est pas recyclable.

        Quand vous faîtes de l’éolien, le repowering (amélioration d’une éolienne) ne coûte en pratique que 15 à 20% du prix initial car on ne change que des éléments de turbines et principalement les pales.

        L’installation, le mât, l’infrastructure etc sont conservés.

        Dans le solaire les prix ont encore un fort potentiel de baisse et remplacent des toitures souvent plus coûteuses.

        Pourquoi croyez vous que tous les acteurs du nucléaire dans le monde cherchent depuis des années comment faire baisser les prix avec différents types et tailles de réacteurs.

        Si c’était si simple il remporteraient d’importants marchés et on constate que ce sont les renouvelables y compris sans subventions qui remportent les marchés.

        Et le temps que vous construisiez un Epr, les renouvelables ont largement baissé entre-temps.

        C’est un des aspect abordé par le cour des comptes britannique, par les australiens, suédois etc.

        Les modèles du CEA qui intègrent la plupart des paramètres allaient en faveur du nucléaire il y a quelques année mais ont changé avec la forte baisse des prix des renouvelables.

        Je pense que vous sous-estimez les avancées tant en terme d’améliorations techniques et potentiel, que de baisse des prix de ces dernières qui ont d’ailleurs surpris plusieurs opérateurs comme EON etc d’où leurs erreurs qui coûtent cher à leur entreprises.

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  • La transparence nucléaire !

    « Le contrat Rosatom est classé secret pendant 30 ans. Quand on fait des affaires avec le régime de Poutine, certains transferts financiers se font en coulisses. L’opposition soupçonne aussi Orban de bénéficier de fonds occultes pour financer son parti. »

    « Les députés écologistes hongrois ont aussi révélé que le consulat hongrois de Moscou avait vendu des visas Schengen à des citoyens russes comme des petits pains. 400 000 visas ont ainsi été délivrés entre 2008 et 2013, notamment à des proxénètes et des prostituées qui ont pu s’installer en Europe. L’opposition accuse le gouvernement Orban d’être le cheval de Troie de Poutine dans l’Union européenne. Les médias publics et privés détenus par Orban reprennent toujours la propagande du Kremlin. »

    http://www.rfi.fr/emission/20170828-hongrie-rapprochement-controverse-russie-poutine-orban

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  • Il est dommage que l’article élude complètement les travaux extrêmement prometteurs du CNRS (et d’autres groupes de recherche européens, chinois, indiens, nord-américains …) sur les réacteurs à sels fondus en spectre rapide. Il s’agit pourtant de la technologie la plus prometteuse à moyen terme sur de nombreux aspects – sûreté, économie des ressources fissiles, minimisation des déchets, simplicité du design (laissant ainsi espérer à terme des réacteurs économiquement très compétitifs) … Pourquoi un tel silence systématique sur les sels fondus et le MSFR, reconnu au plan international par le GIF Génération IV ?

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