Combustible nucléaire MOX : New Areva renforce son partenariat avec le Japon - L'EnerGeek

Combustible nucléaire MOX : New Areva renforce son partenariat avec le Japon

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New Areva, la nouvelle entité du groupe nucléaire Areva recentrée sur le cycle du combustible, a annoncé mardi 1er août 2017, avoir signé un contrat pour fournir 32 assemblages de combustible MOX supplémentaires à la centrale japonaise de Takahama, sur la côte sud-ouest du Japon. Basé sur le retraitement et le recyclage des déchets nucléaires, les MOX connaissent un développement croissant depuis la fin des années 1990. Utilisés comme combustibles, ils offrent la possibilité de limiter la consommation d’uranium naturel en recyclant le plutonium extrait des combustibles usés. Explications.

Le MOX, la fabrication de combustible recyclé

Exploité depuis 1987, le combustible nucléaire dit MOX (pour Mélange d’OXyde de plutonium et d’OXyde d’uranium) permet de recycler une partie des matières nucléaires issues du traitement des combustibles à Uranium Naturel Enrichi (UNE) à l’issue de leur utilisation dans les réacteurs électronucléaires.

Le retraitement du combustible usé offre en effet la possibilité de séparer les matières valorisables (plutonium, uranium) des déchets ultimes (produits de fission) et présente un triple intérêt : le recyclage des matières énergétiques (uranium, plutonium) encore contenues dans le combustible usé, dont 96% sont valorisables sous forme de combustible MOX, la simplification de l’entreposage (provisoire) ou du stockage (définitif) des déchets non valorisables, et la réduction par dix de la toxicité à long terme des déchets ultimes et par cinq de leur volume. Ces derniers sont conditionnés comme des produits industriels suivant des spécifications techniques précises et approuvées à l’international.

Une technologie reconnue au niveau international

En France, 22 réacteurs sont autorisés à charger du combustible MOX et plus de 10% de l’électricité nucléaire est aujourd’hui produite grâce à ce combustible. Le groupe Areva s’est imposé au fur et à mesure comme un leader mondial dans la technologie du recyclage des matières nucléaires et dispose désormais d’une plateforme industrielle unique au monde avec les sites de la Hague et Melox.

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Les assemblages de MOX sont en effet produits par l’usine d’Areva Melox depuis 1996, et les livraisons pour EDF représentent au total plus de 13.000 tonnes de combustibles usés traitées à l’usine Areva la Hague et plus de 130 tonnes de plutonium recyclées à Melox. Outre les 22 réacteurs français, plusieurs réacteurs nucléaires dans le monde fonctionnent également à base de combustibles recyclés. La filière du recyclage ne constitue d’ailleurs pas une exception française, puisque certains grands pays acteurs du nucléaire, comme la Chine, la Russie, l’Inde, les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou le Japon disposent eux-aussi d’infrastructures de recyclage ou ont exprimé leur souhait d’en posséder.

Le Japon, un partenaire de longue date

Le Japon par exemple, qui vient de relancer au mois de juin dernier l’unité 3 de la centrale de Takahama (soit son cinquième réacteur nucléaire à l’échelle nationale), collabore depuis de nombreuses années avec le groupe français Areva dans le but de construire dans l’archipel, une première usine de recyclage de combustibles nucléaires usés sur le site de Rokkasho-Mura. Des contrats ont été signés en 2014 sur la transmission de retour d’expérience de l’usine en exploitation, ainsi que sur la fourniture de composants pour le procédé J-MOX, et l’assistance technique d’Areva s’est poursuivie en 2016 par la formation sur Melox de quatre ingénieurs de la société JNFL (Japan Nuclear Fuel Limited). Cette usine proposera à terme, une capacité de recyclage d’environ 800 tonnes par an.

En attendant, le Japon qui exploite du MOX dans ses quatre unités de Takahama, continue d’importer ce combustible depuis la France. Le groupe Areva a en effet annoncé cette semaine avoir signé « avec le japonais NFI (Nuclear Fuel Industries) un contrat pour la fabrication de 32 assemblages MOX destinés aux réacteurs Takahama 3 et 4 exploités par la compagnie Kansaï Electric », sachant qu’un assemblage MOX permet d’alimenter en moyenne en électricité une ville de 100.000 habitants pendant un an.

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« La fourniture d’assemblages MOX pour Kansaï s’inscrit dans la continuité des accords signés avec les électriciens japonais à partir de 1975 pour le traitement de près de 3000 tonnes de combustibles usés sur le site de la Hague », a précisé Areva. Un chargement de MOX destiné à cette centrale avait déjà quitté le port de Cherbourg par la mer pour le Japon au début du mois de juillet. Il s’agissait alors du sixième transport de MOX de la France vers le Japon, le premier datant de 1999 et le précédent de 2013.

Crédits photo : Areva

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Le Mox est loin d’être la panacée !
    Contenant du plutonium, il est plus cher et plus dangereux que le combustible classique.
    Le Mox n’est pas retraité, il permet juste de stocker à l’état pur un peu moins de plutonium. Pour sa fabrication, en plus du plutonium, est utilisé de l’uranium appauvri, mais une centaine de tonnes seulement, sur les 7000 T produites chaque année.
    Le Mox, c’est une centaine de tonnes de déchets de plus chaque année. Ces combustibles usés contiennent encore de 3 à 5% de plutonium, ils sont encore beaucoup plus dangereux que les combustibles classiques. Et comme tout déchet hautement radioactif, aucune solution satisfaisante…

    Répondre
    • Le plutonium est un matériaux fissile valorisable énergétiquement. Le Mox permet donc de réduire très significativement les volumes de déchets nucléaires en consommant cette matière au lieu de la stocker.

      L’exploitation du Mox est parfaitement possible avec une conception d’installation et des parades appropriées, elle est donc acceptée par les autorités de sûreté nucléaire de nombreux pays dont le nôtre.

      Quant aux déchets nucléaires, l’industrie prend ses responsabilités en développant à ses frais Cigéo. Alors que d’autres déchets dangereux, non nucléaires, rencontrent plus de difficultés pour trouver une filière pérenne : déchets mercuriels, amiantés… Voir les difficultés autour du centre Stockamine en Alsace.

      Répondre
      • Le plutonium est le déchet nucléaire hautement problématique, létale au millionième de gramme. Le Mox sert à en produire un peu moins. Au final, il reste encore les déchets de Mox. Nos réacteurs produisent encore et encore des déchets nucléaires. C’est inadmissible.
        Cigéo ? Ce n’est pas une solution. Et c’est l’établissement de l’Andra qui le gère, donc in fine, les contribuables !

        Répondre
        • L’ANDRA est financée entièrement par les industriels producteurs de déchets, selon le principe du pollueur payeur. Contrairement aux autres industries.

          Aux dernières nouvelles, les déchets nucléaires français ne fuitaient pas dans l’environnement et ne provoquaient pas le moindre dégât sanitaire. Contrairement aux autres types de déchets dangereux (mercure, arcenic, amiante, etc), dont la dangerosité ne décroit jamais avec le temps.

          Les déchets nucléaires ne sont, dans la réalité, tellement pas un problème que les militants antinucléaires se payent le luxe de bloquer toute décision les concernant…

          Répondre
          • Vous dites que l’Andra est financé par les exploitants du nucléaire. Donc financé par EDF, dont le capital est majoritairement détenu par l’État. Finalement, ce sont bien les contribuables qui paient pour ces déchets. Ces déchets sont si dangereux qu’on veut les enfouir à 500 mètres sous terre. Les militants font bien de s’opposer à cet enfouissement, ce n’est pas ainsi qu’on traite les problèmes. Tôt ou tard, ils pollueront l’environnement. On veut les enfouir pour mieux faire accepter le nucléaire, c’est bien connu.

            En Allemagne, dans les années 70, on a commencé à enfouir des déchets nucléaires dans la mine d’Asse (on prétendait « sûre » cette solution). Depuis 2004, des fissures apparaissent et il faut injecter du béton en permanence.

          • L’Andra est financée par les producteurs de déchets nucléaires. Càd par EDF, Areva, le CEA partie civile comme militaire. Donc est payé grâce aux factures et aux clients, et non pas par le contribuable.

            Je vous rappelle d’ailleurs que les installations nucléaires de base sont soumises à une taxe, de l’ordre d’un milliards d’euros par an dans le cas d’EDF.

            « Tôt ou tard, ils pollueront l’environnement. »

            C’est une affirmation gratuite.

            Quant au cas allemand, là encore nos voisins nous ont donné l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire.

            Je constate néanmoins que ce type de solution est privilégié partout dans le monde : Suède, Finlande, Japon, USA, etc.

          • Je précise : L’ANDRA est financée directement par le contribuable pour la partie qui incombe à la Direction des Applications Militaires du CEA. Ce qui est aisément compréhensible.

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